lundi 6 août 2018

LE COL DU PORTET, NOUVEAU GÉANT DES PYRÉNÉES

Jusqu'en juin dernier, seule la première moitié de ce col, haut de 2215 m, était revêtue. Mais l'ancienne piste carrossable a été goudronnée jusqu'au sommet pour les besoins du Tour de France 2018. Le Col du Portet est rapidement devenu une destination incontournable pour les cyclistes sur route aimant grimper. Je vous invite à découvrir avec moi cette ascension…

La photo du jour

Les lacets du Portet

Le Col du Portet

Ce col se situe au dessus de Saint-Lary-Soulan, commune des Hautes-Pyrénées dont la mascotte est le chien patou.

Saint-Lary-Soulan
Les gens du coin le nomment seulement “Portet”, d'un diminutif du mot “port” ayant le sens de “col”. “Col du Portet” est donc un pléonasme. Le Portet constitue l'arrivée de plusieurs remontées mécaniques et le départ de plusieurs pistes de ski l'hiver, ainsi que de chemins de randonnée l'été.

Remontées mécaniques du Portet
La montée du Portet, longue de 16 km, peut se diviser en deux tronçons de longueur équivalente, d'environ 8 km chacun. De Vignec, où débute la montée, jusqu'à Espiaube, le col emprunte la route d'accès à la station du Pla d'Adet. Ensuite les deux routes se séparent.

En rouge : de Saint-Lary au Col du Portet
C'est dans le secteur commun au Pla d'Adet et au Portet qu'on trouve les pourcentages les plus élevés avec certains passages entre 11 et 13%.

Profil de la montée au Pla d'Adet
Les huit kilomètres du second tronçon, à partir d'Espiaube, ont été goudronnés en juin 2018, pour pouvoir accueillir l'arrivée de la 17e étape du Tour de France. Dès lors, le Col du Portet (2215 m) est devenu le plus haut col routier des Pyrénées françaises, devant le Col de Tentes (2208 m) et le Tourmalet (2115 m). Malgré ce que dit la plaquette publicitaire ci-dessous, le “sommet” routier des Pyrénées reste cependant le Port d'Envalira (Andorre), avec ses 2408 m.

Plaquette du Tour de France au Col du Portet, 25 juillet 2018
Selon le profil officiel du Tour de France 2018, la montée complète affiche 16 km à 8,7% de pente moyenne, ce qui en fait l'une des plus grandes et des plus difficiles ascensions abordées sur le Tour de France.

Profil du Col du Portet depuis Vignec (document Tour de France 2018)
Voici quelques comparaisons pour s'en convaincre…
  • L'Alpe d'Huez, c'est 13,8 km à 8,1%, soit une montée moins longue et une pente moyenne moins forte.
  • Le Tourmalet depuis Sainte-Marie-de-Campan, c'est environ 17 km mais les cinq premiers sont relativement  faciles. Les 12 km suivants sont à 8,5%. La partie comparable en pourcentage au Col du Portet dure donc moins longtemps.
  • La montée qui se rapproche le plus du Portet, c'est le Ventoux gravi depuis Bédoin. Le tronçon réellement difficile commence à Saint-Estèphe, après 5 km d'ascension. À partir de là, c'est 15,8 km à 8,8%, des chiffres très proches de ceux du Portet

Profil du Ventoux depuis Bédoin
Au sommet du Portet était donc jugée la 17e étape du Tour 2018. C'était l'étape en ligne la plus courte de cette édition et l'une des plus courtes de l'histoire du Tour, avec 65 km seulement, mais trois ascensions sévères. Elle a été remportée par Nairo Quintana, membre de l'équipe Movistar.

Victoire de Nairo Quintana au Col du Portet (photo Internet)
Par la même occasion le grimpeur colombien a empoché les 5000 € du “Souvenir Henri Desgrange”, décerné au coureur parvenu en tête au plus haut sommet du Tour, règle qui s'applique chaque fois que le Galibier n'est pas au programme (plus d'info sur Wikipedia : Souvenir Henri Desgrange).

Souvenir Henri Desgrange, au Galibier (photo Internet)
Pour plus d'informations sur le Col du Portet ainsi que quelques cols voisins, voir le site dédié : https://www.colduportet.fr/


Mon ascension du Portet

Période de canicule oblige, j'attaque dès 7h45. A la sortie de Vignec (alt. 806 m), un panneau matérialise le pied du col. C'est parti pour 16 km.

Portet : pied du col
Les informations concernant les conditions de circulation des spectateurs lors de l'étape du Tour du 25 juillet dernier sont encore en place. Sur l'affiche, on reconnaît le chien patou, mascotte de Saint-Lary-Soulan, qui fait du vélo en portant le maillot du meilleur grimpeur. Pour les petits curieux, précisons que “patou” vient de l'occitan “pastor” qui signifie tout simplement “berger”.

Tour de France
A partir de là, je décide de ne plus m'arrêter jusqu'au sommet : défi en cours! Je prendrai des photos en redescendant. C'est notamment le cas pour cette plaque que je découvre dans le premier virage. Elle rend hommage à Raymond Poulidor, vainqueur d'étape au Pla d'Adet en 1974.

Hommage à Raymond Poulidor
Les quatre premiers kilomètres sont difficiles. La pente moyenne se maintient autour des 10% mais mon GPS affiche souvent un peu plus! Les panneaux “Pla d'Adet” indiquent à chaque kilomètre la pente moyenne du kilomètre suivant, et c'est du lourd!… Prudent, j'ai mis tout à gauche, soit 30 x 28. Quand j'arrive à Soulan, je suis content d'avoir déjà engrangé 5 km. Presque un tiers de la montée!

Soulan
Avant Espiaube, la route redescend un peu. Il faut en profiter pour souffler : ça ne se reproduira pas! La photo ci-dessous, prise de beaucoup plus haut, montre l'embranchement. Vers la gauche : Pla d'Adet; vers la droite : Col du Portet.

Espiaube vu depuis les hauteurs du Portet
J'abandonne alors la route du Pla d'Adet et je tourne à droite, direction “Col du Portet”. Peu après, je passe devant le Chalet de l'Ours.

Espiaube : Chalet de l'Ours
La route tourne bientôt sèchement à droite. C'est le début d'une section à circulation réglementée. En principe, elle est interdite à tout véhicule à moteur entre 10h et 16h dans les deux sens. Le site colduportet.fr précise que c'est en août seulement.

Espiaube : début de la route à accès réglementé
A partir de là, le revêtement est de moins bonne qualité que sur la première partie, mais reste très correct. Par endroits, il faut juste slalomer pour éviter des animaux (vaches, veaux, moutons…), ou à défaut quelques traces de leur passage sur la route… Nous sommes dans une zone pastorale!

Zone pastorale
Le passage le plus spectaculaire est sans doute l'enchaînement de lacets (voir ma photo du jour en tête d'article) qui a d'ailleurs été retenu pour illustrer la plaquette ainsi que la page d'accueil du site Internet.

Photo des lacets du Portet sur le site officiel
Je poursuis ma montée, toujours sans m'arrêter. Quelques cyclos me doublent car je ne vais pas vite. J'en profite pour apprécier le décor et en particulier la Crête de Hêche-Barrade.

Au fond : la Crête de Hêche-Barrade
Le soleil commence à se faire lourd, mais je me sens plutôt bien. Je ne comprends pas pourquoi un rapace semble me surveiller. Me prendrait-il pour une proie potentielle?

Le soleil tape, les rapaces sont à l'affût…
Quand j'arrive au panneau “Sommet à 5 km”, je me dis avec satisfaction qu'il me reste moins d'un tiers d'ascension. C'est bon pour le moral! La pente du kilomètre suivant est cependant annoncée à 9,1%. Ce n'est pas le moment de se relâcher…

Sommet à 5 km
Bientôt, le col est en vue. Ça aussi, c'est bon pour le moral!

Col en vue!
Depuis un moment en revanche, une pensée me contrarie. Je sais qu'à l'approche du sommet, il va y avoir un petit tunnel, court mais sombre. Or, j'ai oublié mon éclairage. Par chance, une idée lumineuse jaillit soudain! Pour la traversée du tunnel, j'allumerai la fonction “lampe torche” de mon smartphone! La réjouissance est de courte durée car un cyclo que je croise m'alerte : « Attention! Il y a des moutons dans le tunnel! » Pour corser l'affaire, deux voitures s'engagent dans le tunnel juste devant moi et pilent à cause des moutons. Je suis à deux doigts d'être obligé de poser pied à terre quand la voie se dégage… Ouf!

Sortie du tunnel, côté amont
L'ultime kilomètre, après le tunnel, n'est pas une formalité : le profil l'annonce à plus de 10%. Mais mon attention est détournée vers des cantonniers qui sont en train de balayer la route, jonchée de cailloux provenant de petits éboulements, et finalement, j'arrive au col sans avoir vu passer ce dernier kilomètre.

Sommet du Portet
Le Col du Portet est dans la poche! Parmi les nombreux cols routiers à plus de 2000 m que j'ai déjà escaladés, c'est sans doute un des plus durs. Le terme de “Nouveau Géant des Pyrénées” n'est pas usurpé!

Col du Portet (2215 m)
Avant de redescendre, je prends quelques clichés du col, dont ces traces du passage du Tour…

Col du Portet : arrivée d'étape sur le Tour de France 2018
En été, l'endroit sert de vaste parking pour de nombreux randonneurs. Le GR 10, qui permet d'effectuer à pied la Grande Traversée des Pyrénées, passe notamment par là.

Col du Portet : départ de randonnées pédestres
J'aborde la descente bien décidé à prendre de nombreuses photos pour illustrer cet article, à commencer par les abords du tunnel, surmonté par une piste de ski, avec au fond l'Arbizon (2831 m).

L'Arbizon vu depuis les abords du Portet
Comme il est largement plus de dix heures, je m'attends à rouler au calme jusqu'à Espiaube. Pourtant, je croise pas mal de véhicules qui ne respectent pas l'interdiction de circulation entre 10h et 16h. Le cadre reste cependant paisible.

Remontées mécaniques
Arrivées à Espiaube, mes jambes acceptent de pousser jusqu'au Pla d'Adet, soit un petit rab de montée de 2,5 km pour me permettre de voir à quoi ressemble “Saint-Lary 1700”. En dehors du panorama sur la vallée d'Aure, je ne trouve pas la station d'un charme éblouissant.

Le Pla d'Adet : panorama sur la vallée d'Aure
Il me reste 10 km de descente pour retrouver la vallée et 2 km de plus pour rentrer à Saint-Lary, non sans prendre quelques photos en cours de route : mission accomplie!

Le Pla d'Adet, avec au centre de l'image un aperçu des lacets du Portet
Pour les chasseurs de cols à plus de 2000 m, le Portet n'est pas des plus faciles, loin de là. En revanche, pour les amateurs de défis à vélo, c'est un super terrain de jeu!

Alors? A qui le tour?…

Claude
Photos personnelles, sauf mention contraire


samedi 23 juin 2018

BORMIO JOUR 2/2 : GAVIA ET MORTIROLO

Stelvio, Gavia et Mortirolo sont trois des cols les plus mythiques du Giro d'Italia. Ils sont d'ailleurs associés sur de nombreux maillots de vélo en vente à Bormio. Après le Stelvio gravi hier (voir l'article), Jacques, notre accompagnateur, nous propose pour notre dernière journée dans les Alpes italiennes d'aller découvrir le Gavia et/ou le Mortirolo.

L'image du jour

Au début de la descente du Gavia, côté Ponte di Legno

Passo di Gavia depuis Bormio

Beaucoup ont opté aujourd'hui pour l'ascension en aller-retour du Passo di Gavia (2621 m), faisant l'impasse sur le Mortirolo. C'est notamment le cas de Marie-Ange, Françoise, Marie-Thérèse, Maïthé et Brigitte (de gauche à droite sur la photo).

Quelques-unes de filles du groupe au sommet du Gavia
Pour ma part, je me propose de commencer par monter le Gavia et, si mes sensations sont bonnes en arrivant au sommet, j'enchaînerai avec le Passo del Mortirolo (1855 m). C'est dans cet état d'esprit que je démarre de Bormio.

Bormio
Le Passo di Gavia depuis Bormio, c'est 25,6 km de montée à 5,5% de pente moyenne. Au départ, on est à une altitude de 1197 m. L'altitude officielle au sommet étant de 2621 m, ça représente une dénivellation de 1424 m.

Profil du Passo di Gavia depuis Bormio
Les “5,5%” de pente moyenne sont cependant trompeurs car l'ascension n'est pas régulière. Par exemple, la pente moyenne des 12 premiers kilomètres, jusqu'à Santa Catarina di Valfurva, avoisine les 4,4% mais ce tronçon comprend 1,5 km à 9%.

Santa Catarina di Valfurva
La pente moyenne des 10 km suivants s'établit autour des 7,4%, avec toutefois des passages à 11-12%, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier les paysages, tel ce point de vue sur le Monte Confinale (3370 m)…

Monte Confinale (3370 m)
… ou un peu plus loin sur la vallée du Torrente Frodolfo.

Vallée du Frodolfo
Le décor est varié et agréable, avec des torrents…

Torrente dell'Alpe
… de petites chutes d'eau…

Cascata
 … des névés au bord d'une route aux pentes encore assez sévères.

Route du Gavia
Enfin, les trois ou quatre dernières kilomètres sont beaucoup moins raides. Quand on atteint le refuge Berni, du nom d'un capitaine des “Alpini” (équivalent italien des chasseurs alpins ), tombé lors de la première Guerre Mondiale, il ne reste plus que 2 km jusqu'au sommet. On tient le bon bout!

Rifugio Berni
On laisse la chapelle, voisine du refuge…

Cappella
… et peu après, on découvre le chatoyant Lago Bianco (Lac Blanc), ainsi nommé pour le distinguer du Lago Negro (Lac Noir), qui se trouve lui aussi proche du col, mais sur l'autre versant du Gavia.

Lago Bianco
Depuis le Lac Blanc, le final est une formalité jusqu'au Passo di Gavia, maintenant tout proche.

Lago Bianco e Passo di Gavia
L'ambiance y est animée, mais rien à voir avec le Stelvio. Non loin du Rifugio Bonetta, et juste à côté du joli panneau “Passo Gavia”, on peut remarquer un autre panonceau qui rend hommage à un champion cycliste américain, Andy Hampsten. L'affiche est récente puisqu'elle célèbre, en 2018, le 30e anniversaire d'un mémorable passage du Giro au sommet du Gavia, en 1988.

Passo di Gavia : hommage à Andy Hampsten
Seul Américain à ce jour à avoir remporté le Giro d'Italia, Hampsten avait endossé la “maglia rosa” en terminant second, derrière le Néerlandais Erik Breukink, d'une étape dantesque s'achevant à Bormio.

Andy Hampsten, Giro 1988 devant celui qui va perdre son maillot rose : Franco Chioccioli
Ce jour-là, le Gavia avait été franchi dans des conditions climatiques épouvantables.

Andy Hampsten dans le Gavia en 1988

Du Passo di Gavia à Incudine

En revanche, pour nous aujourd'hui, le temps est superbe. Je me sens bien. J'ai envie d'aller voir à quoi ressemble le Mortirolo. Alors je continue. Vous allez donc découvrir avec moi l'autre versant du Gavia : « Benvenuti in Valcamonica »!

Benvenuti in Valcamonica
Je n'ai parcouru que quelques dizaines de mètres quand je m'arrête une première fois, pour une envie pressante… de prendre une photo!

Panorama
Je ne me doute pas alors que quelques dizaines de mètres plus loin, je vais de nouveau m'arrêter, en admiration devant le Lago Negro (lac noir). J'en suis tellement ébloui que je ne cesse de me réjouir d'avoir choisi de continuer. J'ai une pensée pour tous ceux qui ont fait demi-tour au sommet du Gavia et qui ont raté ça! (voir aussi la photo du jour).

Lago Negro
La descente est impressionnante et je l'aborde avec beaucoup de prudence.

Descente du Gavia, côté Ponte di Legno
Au fil des kilomètres, mon impression visuelle confirme ce que j'ai constaté en consultant les profils : la montée depuis Ponte di Legno est à l'évidence plus difficile que celle de Bormio. Et la pente étant souvent forte (7,9% de moyenne sur 17 km avec des passages à 16%), il vaut mieux que les freins soient efficaces. 

Faible largeur et forte pente
Certains passages sont extrêmement étroits, à peine la largeur d'une voiture. Quand j'en rencontre une, je suis parfois obligé de raser le bas-côté. Les véhicules profitent de quelques passages légèrement élargis pour se croiser. Ça bouchonne!

Bouchon
Un peu tendu dans toute la descente, je suis content d'arriver dans la vallée de l'Oglio Frigidolfo. Je peux relâcher un peu ma vigilance et laisser aller le vélo.

L'Oglio Frigidolfo
J'atteins enfin le village de Ponte di Legno.

Ponte di Legno
L'endroit est charmant, notamment aux abords de l'Oglio.

L'Oglio à Ponte di Legno
Je m'y attarde quelques minutes, le temps de manger un morceau et de boire un coup tranquillement. Pendant la descente, je ne me suis pas risqué à lâcher le guidon pour sortir le bidon!…

Je reprends bientôt ma route pour 350 m de dénivelé négatif en 14 km. Certains en profiteraient pour faire une partie de manivelles… Moi, je préfère tourner tranquillement les jambes pour arriver sans effort au pied du Mortirolo.

Vione, sur la route entre Ponte di Legno et Incudine
Et me voilà au pied de ma seconde ascension.

Début de la montée du Mortirolo

Le Mortirolo

Ce col, qui porte aussi le nom de Passo della Foppa (1852 m), est un point de passage entre la Valcamonica (ou Valle Camonica) et la Valtellina. Il est réputé pour être l'un des plus durs d'Europe. La montée mythique, celle où Marco Pantani s'est révélé au grand public en 1994, démarre à Mazzo di Valtellina : 12,4 km à 10,5% de pente moyenne, dont 3 km à 13%!

La montée depuis Grosio est également difficile, avec 14,8 km à 8,3% de moyenne.

Début du Mortirolo depuis Grosio
En ce qui me concerne, ayant précédemment franchi le Gavia, j'aborde ce col par Monno, c'est-à-dire par son versant le moins exigeant. Mais la montée qui m'attend représente tout de même 12,5 km à 8% de pente moyenne, avec de nombreux tronçons à plus de 10% et des passages de longueur non négligeable à 13-14%.

Profil du Passo del Mortirolo par Monno
Venant de Ponte di Legno, j'aborde donc cette montée un peu après Incudine. La bifurcation est bien signalée. L'altitude est de 898 m au départ et de 1852 m au sommet, soit une dénivellation de 954 m.

Traversée de Monno
Après la sortie du village de Monno, je remarque un petit édifice religieux. Je n'ai pas trouvé le sens des mots inscrits sur la pancarte : “Santèla del Santèl”.

Santèla del Santèl
Je trouve la montée agréable. Je sens que je gère bien mon effort. Je croise beaucoup de cyclos qui descendent par ce versant, mais contrairement à la plupart des autres cols que j'ai montés récemment, je n'y vois pratiquement pas de véhicules à moteur. J'apprécie ce calme.

Montée du Mortirolo
Bien avant le sommet, il me semble judicieux de m'alimenter à nouveau. Je m'arrête dans un bel endroit ombragé. Comme pour “Santèla del Santèl”, j'ignore ce que signifie l'inscription sur la pancarte : “Le ÒLTE”. En revanche, je vois que l'altitude est de 1480 m. Il me reste donc un peu moins de 400 m de dénivelé à gravir.

Le Òlte, 1480 m
J'arrive bientôt au lieu-dit Ponte Palu…

Ponte Palu
… puis peu après dans le secteur de la Chiesa (église) di San Giacomo, où on trouve des pourcentages conséquents, autour des 13%.

Chiesa di San Giacomo
A l'approche du sommet, je remarque à plusieurs reprises cette inscription sur la route : “MORTIROLO, CIAO MICHELE”, un Adieu Michele qui rend hommage au champion italien Michele Scarponi, décédé accidentellement à l'entraînement en avril 2017.

Hommage à Michele Scarponi
Au sommet de certains cols, on regrette l'absence de panneau sommital. Ce n'est pas le cas du Passo Mortirolo, où j'en ai dénombré pas moins de trois! Voici le premier, de style rustique…

Passo Mortirolo (Passo della Foppa)
… le second, beaucoup plus moderne…

Passo del Mortirolo
… et le troisième, façon “menhir” ou “montagnes rocheuses” selon les interprétations!

Passo del Mortirolo
Quel plaisir d'être au sommet d'un grand col sans subir la foule! Quelques cyclos, quelques promeneurs, des petites fleurs… et c'est tout! Pierre, un des participants au séjour qui est monté là hier, nous a dit à son retour : « Paradisiaque! ». Il n'a pas exagéré!

Panorama depuis le Mortirolo

Retour sur Bormio

Mon passage au sommet du Mortirolo ne marque pas la fin de mes efforts. En effet, après 15 km d'une descente aux fortes pentes, aux virages serrés et à la route étroite qui, comme pour le Gavia, ne permet pas de se lâcher, il me restera une longue remontée de plus de 20 km pour rejoindre Bormio. Je prends donc la précaution de refaire le plein de mon bidon.

Fontaine - abreuvoir
Chaque fois que l'occasion se présente, je profite du paysage…

Etangs
… et des beaux points de vue sur la vallée de Tirano.

Vallée de Tirano
A la fin de la descente, je rejoins la route de la vallée. Un panneau indique que le 24 juin (c'est demain), la route sera fermée à la circulation à l'occasion d'une “gara ciclistica” (course cycliste), le Gran Fondo “Gavia & Mortirolo”.

Route du Mortirolo et Gran Fondo
Dans le sens de rotation que j'ai choisi pour enchaîner Gavia et Mortirolo, les ascensions sont moins rudes que dans l'autre sens. Mais le principal inconvénient, c'est l'obligation de remonter depuis Tiolo, commune de Grosio (716 m d'altitude) jusqu'à Bormio (1200 m). Sur 23 km, ça fait environ 500 m de D+, en tenant compte des endroits où la route redescend un peu.

Tiolo
Dès Sondalo, je quitte la route principale pour emprunter une très agréable piste cyclable qui longe le Fiume Adda (fiume = rivière).

Piste cyclable le long du Fiume Adda
Les tronçons sur piste cyclable alternent avec des passages sur la route. Après Graile (commune de Sondalo), aux abords d'une série de chutes d'eau sur le Fiume Adda, la route s'élève brusquement avec une pente qui avoisine les 10% sur quelques centaines de mètres.

Cascades sur le Fiume Adda
Puis on retrouve la piste qui, de temps en temps, traverse la rivière.

Fiume Adda
Un peu avant d'arriver à Bormio, on aperçoit le village de Piatta, sur la route de la station de ski “Bormio 2000”…

Piatta
 … puis le village de Oga, sur la rive opposée du Fiume Adda. Ce sera ma dernière photo du jour.

Oga
J'ai bouclé la boucle avec 108 km au compteur. Pour le dénivelé positif, on peut l'estimer entre 3000 m (selon Openrunner) et 3400 m (selon les calculs de Garmin ou de Strava).

J'ai bien mérité la bouteille d'acqua frizzante que Marie-Ange me tend à mon arrivée. En ce qui la concerne, elle est très heureuse de son ascension du Gavia, même si des paparazzi indélicats l'ont photographiée à l'insu de son plein gré en pleine récupération. Des mauvaises langues ont même osé dire que la “fraise tagada” (voir l'article sur le Stelvio) était devenu une “fraise flagada”!

Fraise flagada
A l'arrivée, j'ai appris par ailleurs que deux de nos petits camarades, Eric et Jean-Luc, ont fait la même boucle moi, mais dans le sens où les ascensions du Mortirolo et du Gavia sont les plus dures. Ça mérite bien un petit hommage! Chapeau les gars!

Pour conclure ce dernier article sur notre séjour en Italie, je tiens à remercier une nouvelle fois nos accompagnateurs, Françoise et Jacques Fau, grâce à qui nous avons passé une semaine extraordinaire, en excellente compagnie. Au plaisir de partager de nouvelles aventures…

Claude
Photos personnelles

LIENS:

➜ Toutes les photos sur Flickr
 Récit de notre première journée à Bormio : Stelvio et Umbrail
➜ La page Dolomites 2018 sur mon site, avec les liens vers les articles parus sur ce thème
➜ Description du Mortirolo par Monno : Mortirolo Pass (from Monno) sur “Cycling Locations”