mercredi 26 février 2020

COLS ENTRE CARTAGENA ET “MAR MENOR” (PROVINCE DE MURCIA, ESPAGNE)

En février 2020, quelques jours après avoir découvert la Sierra Espuña (voir l'article : CHASSE AUX COLS AUTOUR DE LA SIERRA ESPUÑA), Marie-Ange et moi avons exploré un autre secteur de la Province de Murcia, près du “Mar Menor”, à l'est de la ville portuaire de Cartagena.

Los Alcázares

Le principal but de cette sortie était de franchir deux nouveaux cols :
  • Collado de los Mosquitos, 239 m (ancien col routier, devenu muletier R1)
  • Collado de las Tinajas, 122 m

Ces deux cols étant situés à proximité du Mar Menor, nous en avons profité pour découvrir une partie de la rive sud-ouest de cette étonnante mer intérieure. Il s'agit d'une vaste lagune d'eau salée (la plus grande d'Europe) séparée de la Mer Méditerranée par un cordon littoral long de 21 km et appelé La Manga (en français : « la Manche »).

Espaces naturels de la plaine de Cartagena - Mar Menor (doc. Internet)

Pour découvrir cette "petite mer", nous avons démarré de Los Alcázares, pour un circuit de 52 km avec 285 m de D+.
Notre parcours : sens de rotation horaire

Au départ, lorsque nous rejoignons la côte, nous découvrons une plage "en obras", c'est-à-dire en travaux

Los Alcázares : plage en travaux

Très vite, la plage présente un aspect plus habituel et nous tombons sous le charme d'une côte très paisible en cette saison.

Los Alcázares : plage

A cette heure matinale, quelques joggers parcourent la promenade qui longe la côte, mais la plage est déserte.

Los Alcázares : plage

De nombreux secteurs de la côte nous semblent plus proches de la nature que les plages touristiques que nous connaissons dans la province d'Alicante.

Los Alcázares : bâtiments sur pilotis

Nous y rencontrons même quelques échassiers…

Mar Menor

A la sortie de Los Alcázares, la route s'éloigne provisoirement de la côte et nous empruntons peu après une large piste cyclable… qui se termine d'une façon tellement originale que nous ne pouvons nous empêcher de pouffer de rire!

Piste cyclable

Nous retrouvons le bord de mer à Los Urrutias. Nous suivons le paseo, promenade aménagée le long du littoral. Nous y sommes quasiment seuls…

Los Urrutias : la promenade

A cette heure et en cette saison, la plage n'est fréquentée que par quelques monstres marins vraisemblablement inoffensifs. Même pas peur!

Los Urrutias : plage

La balade se poursuit tranquillement.

Eglise de Los Urrutias

Nous quittons les rives du Mar Menor peu après le port de Los Nietos.

Los Nietos

C'est le début d'un long faux plat montant d'environ 8 km pour 130 m de D+. Sur le profil ci-dessous, ce tronçon se situe en gros entre les kilomètres 16 et 24.

Profil de notre parcours

La route, qui traverse entre autres des vergers de citronniers, doit nous mener au pied de notre premier col.

Marie-Ange et les citronniers

A priori, ce parcours n'aurait dû présenter aucune difficulté majeure. A priori! Le seul bémol, c'est que le Collado de los Mosquitos (239 m), répertorié au Club des Cent Cols comme routier, a cessé d'être asphalté. Comme la pente n'y est pas anodine et l'adhérence parfois incertaine en vélo de route, nous préférons monter à pied, ce qui n'était pas prévu…

Collado de los Mosquitos

Explication : le bitume de l'ancienne route goudronnée RM-F42 a été enlevé dans le secteur qui traverse le Parque Regional de Calblanque (zone entourée d'un trait noir sur la carte ci-dessous). Ce parc naturel comprend essentiellement la zone côtière, au sud-est, mais aussi le Monte de las Cenizas, et la Peña del Águila, à l'ouest.

Parque Regional Calblanque (doc. Internet)

C'est désormais une piste carrossable (cotée R1, c'est-à-dire "cyclable" pour les centcolistes). La zone non revêtue est longue d'un peu plus de trois kilomètres et se répartit de part et d'autre du Col des Moustiques : 2 km sur le versant sud par lequel nous sommes montés, 1 km sur le versant nord, du côté du village de Llano del Beal.

Sommet du Collado de los Mosquitos, 239 m

Dans la descente, nous découvrons des résidus miniers qui tranchent par rapport à l'environnement naturel. Quand les dernières exploitations minières ont été abandonnées dans la région, il y a une trentaine d'années, certains dépôts de résidus ont été recouverts de terre et reboisés en pinèdes. Mais d'autres restent aujourd'hui à ciel ouvert et les autorités locales ont à faire face à de sérieux problèmes environnementaux, dus notamment à la présence de métaux lourds…

Résidus miniers

Un peu plus loin, nous retrouvons l'asphalte, à l'endroit précis où nous quittons le parc naturel.

Retour sur l'asphalte

En approchant de Llano del Beal, nous traversons un vaste site minier, d'où l'on extrayait jadis, entre autres, du plomb et du zinc. Un décor un peu lunaire, dont la végétation a du mal à reprendre possession, bien qu'il ait été abandonné depuis de nombreuses années…

Anciennes mines

A la sortie de Llano del Beal, Marie-Ange a le plaisir de jouer les stars devant un mimosa en fleurs… C'est pour sa collection personnelle de photos prises devant des arbres en fleurs!!!

Marie-Ange et le mimosa

Un bref aller-retour nous conduit au second col du jour, le Collado de las Tinajas, sans aucune difficulté celui-là. Le seul intérêt de ce col est de venir s'ajouter à notre collection.

Collado de las Tinajas, 122 m

Après un retour à travers la campagne, en direction du Mar Menor, nous rallions Los Urrutias, ville que nous avons déjà traversée à l'aller.

Moulin à Los Urrutias

Sur le retour, nous retrouvons notre pittoresque piste cyclable, celle dont l'arrêt brutal nous avait fait rire à l'aller. Cette fois, ce qui nous fait sourire, c'est un étrange tronçon à quatre voies!… Marie-Ange et moi en avons LARGEMENT profité : chacun la sienne!!!

Double piste cyclable

Après ce parcours atypique par rapport à nos sorties habituelles, sensiblement plus vallonnées, et malgré nos trois kilomètres de marche à pied à côté du vélo, nous sommes prêts à affronter, dès demain, un parcours nettement plus exigent, à l'ouest de Cartagena. Un paquet de cols au programme et du dénivelé à revendre. A suivre!

➜ Voir COLS À L'OUEST DE CARTAGENA (EN PRÉPARATION)

Claude
Photos personnelles (sauf mention contraire)


samedi 22 février 2020

CHASSE AUX COLS AUTOUR DE LA SIERRA ESPUÑA (PROVINCE DE MURCIA, ESPAGNE)

En février 2020, Marie-Ange et moi avons exploré une belle région montagneuse de la province de Murcia, la Sierra Espuña, avec en point d'orgue le Collado Bermejo (1201 m).

Mirador Collado Bermejo (1201 m)

Sur les parcours de la “Vuelta a Murcia” (Tour de Murcie), ce col "vermillon" (c'est ce que signifie "bermejo"), qualifié également de “Cima Marco Pantani” (vainqueur de l'épreuve en 1999), sert régulièrement de "juge de paix".

Coureurs professionnels dans l'ascension du Collado Bermejo lors de la Vuelta a Murcia 2019 (photo Internet)

Alejandro Valverde, natif de la région de Murcia, y a souvent assuré sa domination. Il est d'ailleurs le recordman de victoires sur cette épreuve, avec cinq succès, auxquels il faut ajouter trois places de second et une place de troisième. Le champion espagnol était encore présent en février 2020, une semaine avant notre propre passage, et nous avons remarqué sur le bitume des traces d'encouragements laissées par ses supporters.

Encouragements pour Valverde dans la montée du Collado Bermejo

En intégrant les allers-retours pour atteindre trois cols légèrement hors circuit, notre parcours faisait 83 km, avec 1557 m de D+ cumulé.

Notre circuit (sens de rotation horaire)

Au total, Marie-Ange et moi avons franchi ensemble 9 cols routiers, auxquels j'ai ajouté seul un col muletier coté R1, que j'ai atteint en restant sur mon vélo de route.
  • Collado Ballesteros, 761 m
  • Collado del Pajarito, 735 m (muletier en A-R)
  • Collado de los Siete Hermanos, 853 m (en A-R)
  • Collado Bermejo, 1201 m
  • Collado Pilón (ou Collado de las Yeseras), 1051 m
  • Puerto de Mula, 741 m
  • El Puerto, 615 m
  • Collado de Espuña, 519 m
  • Collado Blanco, 508 m
  • Collado del Garrabico, 458 m (en A-R)

Profil du circuit avec situation des 10 cols (doc. obtenu avec Openrunner)

Récit de notre parcours

Nous avons pris le départ non loin d'Alhama de Murcia, au pied de la principale ascension, le Collado Bermejo, que nous avons abordé par son versant est, en zappant les trois premiers kilomètres indiqués sur le profil ci-dessous.

Collado Bermejo : profil (doc. Internet)

Pour nous, la grimpette commence donc dès le début. Partis d'une altitude de 257 m, nous atteindrons au Collado Bermejo les 1201 m. C'est parti pour environ 19 km d'ascension et un peu moins de 1000 m de D+.

Nous entrons rapidement dans le Parc Naturel Régional de Sierra Espuña.

Bienvenido al Parque Régional de Sierra Espuña

Le temps est radieux et le décor "precioso" comme disent les espagnols, c'est-à-dire magnifique.

Route superbe, entre pins, cyprès et rochers

Au début de l'ascension, les panoramas sur la vallée, nappée de brumes, sont une incitation permanente à faire des pauses, comme ici au Mirador de Alhama…

Mirador de Alhama

Après 8 km de montée, Marie-Ange atteint le premier col, el Collado Ballesteros, 761 m. Déjà plus de 500 m de dénivelé positif dans la musette!

Collado Ballesteros, 761 m

A partir de là, j'effectue un bref aller-retour d'un petit kilomètre, sur piste non revêtue mais très accessible même en vélo de route, pour engranger un col supplémentaire, le Collado del Pajarito (col du petit oiseau). A noter que l'aller est en faux plat descendant.

Collado del Pajarito, 735 m

Dorénavant, la vallée d'Alhama n'est plus visible, mais la route reste superbe, tant au niveau du revêtement que du décor.

Dans la pinède

Au prix d'un aller-retour d'à peine 800 m, nous rendons visite au “Collado de los Siete Hermanos” (Col des Sept Frères).

Collado de los Siete Hermanos, 853 m

Nous abordons ensuite la section que nous avons trouvée la plus séduisante du parcours, séduction due à un enchaînement de courts lacets, sur près de 2 km, au milieu des pins.

Lacets vers le Collado Bermejo

Sur la fin de cette ascension, nous apercevons au loin le Collado Bermejo. Vu d'ici, il est plus vert que vermillon…

Collado Bermejo à l'horizon

Nous gardons longtemps en point de mire le Morrón de Espuña, point culminant de la Sierra du même nom, du haut de ses 1583 m, un sommet situé juste au-dessus de notre col.

Morrón de Espuña en point de mire

Le Collado Bermejo s'avère être un rendez-vous réputé pour de nombreux cyclistes locaux.

Collado Bermejo, 1201 m

Certains ne s'arrêtent pas là et poursuivent l'ascension jusqu'au Morrón de Espuña, par une route revêtue qui mène à des installations militaires.

Collado Bermejo : début de la route du Morrón de Espuña

D'autres profitent des panoramas… Vers l'est, une table d'orientation nous renseigne : la montagne que l'on aperçoit au loin est la Sierra de Carrascoy (sommet à 1065 m)…

Collado Bermejo : panorama vers l'est

Vers l'ouest, depuis le panneau “Mirador Collado Bermejo”, la vue est ouverte sur une plaine et plusieurs sierras voisines, dont la Sierra de Cambrón (sommet à 1521 m).

Mirador Collado Bermejo

Après un pique-nique en haut du col, avec au menu évidemment du jambon “serrano”, nous entamons la descente, comprenant un "col cadeau", le Collado Pilón, doté lui aussi d'un mirador.

Mirador Collado Pilón, 1065 m

Le panorama y est différent de ceux qu'on observe depuis le Collado Bermajo puisqu'ici, il est orienté au sud, ce qui explique la photo un peu surexposée.

Panorama depuis le Collado Pilón

Vers la fin de la descente, nous faisons halte près de la maison forestière de Las Alquerías. Marie-Ange cherche à refaire le plein de son bidon, mais en cette saison la boutique est fermée et nous ne voyons ni fontaine ni robinet. Par chance, une aimable voisine invite Marie-Ange à venir chez elle et la dépanne. Pendant ce temps, je regarde les panneaux d'informations.

Área recreativa Las Alquerías

L'un d'eux présente les possibilités offertes aux vététistes, je traduis : « 146 km d'itinéraires VTT, répartis en 4 tronçons, pour profiter du Parc Régional de Sierra Espuña et de son environnement à bicyclette, à toute époque de l'année. »
➜ Plus d'infos : http://espubike.com/fr/

Parque Regional Sierra Espuña : espubike

A la fin de la belle descente d'un peu plus de 7 km, nous jetons un dernier coup d'œil au Morrón de Espuña avant de quitter le parc naturel et sa route au revêtement excellent.

Morrón de Espuña

Nous tournons à droite sur la RM-503 pour poursuivre notre boucle à la recherche de cinq autres cols. L'état de la route n'a plus rien à voir : rugueux, bosselé, avec des nids de poules… De plus, sur une dizaine de kilomètres, elle est souvent en faux plat montant. Le décor est aussi beaucoup plus ordinaire que dans le parc naturel. Bref, nous cherchons de bonnes raisons de garder la motivation car il nous reste plus de 55 km à parcourir… Il ne faut pas mollir… Le moindre décor un peu sympa servira de stimulant! Par exemple, des bassins d'irrigation…

Bassins d'irrigation

… une chapelle originale…

Ermita de Santa Leocadia

… et parfois rien de plus qu'un simple paysage champêtre sous le soleil!

Paysage champêtre

Nous atteignons ainsi, cahin-caha, le col suivant, “el Puerto de Mula” (741 m), situé aux confins des communes de Mula et de Lorca.

Puerto de Mula, 741 m

Par la suite, la route reste en mauvais état sur des kilomètres et des kilomètres. Nous nous consolons en constatant qu'un nouveau col est en vue…

El Puerto en vue

El Puerto est un col très facile dans le sens où nous l'abordons. De plus, il est au milieu des amandiers en fleurs et un panneau original le signale. Chouette pour la photo!

El Puerto, 615 m

Notre route se poursuit, en faux plat descendant, pendant une quinzaine de kilomètres. Des marnes rouges joliment ravinées retiennent l'attention du photographe.

Marnes rouges

En approchant de Pliego, la seule petite ville située sur notre parcours, nous apercevons un lac artificiel, “embalse” en espagnol.

Embalse de Pliego

Dans une station service à l'entrée de Pliego, nous refaisons le plein de boissons diverses. Une barre chocolatée bien connue… et ça repart! Dès la sortie du bourg, la route s'élève rapidement. Au gré des trouées entre les arbres, nous apercevons le lac en contrebas.

Pliego

Il nous faut remonter sur un peu plus de 2 km à 6% de pente moyenne pour atteindre le Collado de Espuña. Ce col est crédité d'une altitude de 519 m selon le Club des Cent Cols, mais de 465 m seulement si l'on en croit le panneau.

Collado de Espuña, 519 m officiels

Peu après, nous franchissons un nouveau col, dont l'emplacement ne nous a pas semblé totalement clair : le Collado Blanco (508 m). Mais comme il est situé sur la route que nous suivons, nous sommes sûrs de l'avoir franchi.

Près du Collado Blanco, 508 m

C'est en aller-retour (de 1,8 km) que nous allons chercher le neuvième et dernier col du jour (le dixième pour moi) : le Collado del Garrabico, 458 m. Sans difficulté.

Collado del Garrabico, 458 m

Le retour nous semble un peu long. Il faut dire que la route remonte sensiblement à plusieurs reprises alors que nous pensions en avoir fini avec les ascensions.

En approchant du terme de notre parcours, nous découvrons un paysage protégé très particulier, los Barrancos de Gebas, une curiosité géologique constituée de spectaculaires ravins abrupts à l'aspect désertique.

Barrancos de Gebas

Pour un mois de février, le kilométrage et le dénivelé cumulé étaient peut-être un peu élevés… Mais nous sommes arrivés au bout de ce joli défi, avec l'immense satisfaction d'avoir tenu le coup physiquement mais surtout d'avoir découvert plusieurs sites "muy preciosos"…

Claude
Photos personnelles (sauf mention contraire)