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lundi 29 septembre 2014

EURO PN 2014 : MONACO - BARCELONE

RANDONNÉE EUROPÉENNE POUR LA PAIX ENTRE LES NATIONS

Du 20 au 26 septembre, j'ai parcouru un peu plus de 1000 km en 7 étapes, entre Monaco et Barcelone. Sur mon site, j'ai publié une présentation de l'Euro PN 2014 que je ne reproduis pas ici. On y trouvera de nombreuses informations concernant cette organisation : données chiffrées, liste des cols et bien d'autres détails.

Nous étions trois de mon club, les Cyclotouristes Saint-Mauriens, à participer à cette Euro PN 2014 : Alain C., Gérard C. et moi.

Alain et Gérard, à Golfe-Juan

L'Euro PN, qu'est-ce que c'est?

Avant de s'engager sur une Euro PN, il est bon de savoir ce qu'on n'y trouvera pas. Tout d'abord, il n'est pas question de rouler en toute liberté. Les participants se déplacent en peloton (une cinquantaine de personnes cette année), au rythme imposé par les capitaines de route.

La formule s'inspire des brevets Audax, mais ce n'est pas un brevet Audax! Un "1000 km" Audax s'effectue en 3, voire 4 jours, avec des étapes quotidiennes allant de 200 à 400 km selon les organisations, ce qui nécessite d'être très entraîné et de savoir supporter la privation de sommeil. Rien de tel sur l'Euro PN. Cette année, par exemple, les 1000 km ont été parcourus en 7 jours, l'étape la plus longue n'atteignant pas les 200 km. Et on fait des nuits complètes, dans son lit!

L'Euro PN n'a pas pour objectif de nous faire visiter les régions traversées! Certains pourraient dire que ce n'est pas du “cyclotourisme”, ce qui est faux dans la mesure où il existe d'innombrables formes de cyclotourisme. La formule retenue est une forme de cyclotourisme qui privilégie les aspects sportifs et humains, plutôt que touristique.

Néanmoins, sur les deux éditions auxquelles j'ai participé, le tourisme était loin d'être oublié puisqu'une journée complète était consacrée à la visite de la ville d'arrivée : Turin en 2013, Barcelone en 2014.

En promenade à Barcelone

En bref, il ne faut pas venir sur l'Euro PN en pensant faire du tourisme à vélo sur le trajet, ce qui n'interdit pas d'apprécier les sites traversés et peut donner des idées ou des envies pour de futures expéditions personnelles à allure libre.

Sur le plan sportif, ce sont l'endurance et la régularité qui sont retenues et non la performance.

Sur le plan humain, cette organisation favorise les échanges au sein du peloton entre des participants d'origines diverses et de différentes nationalités. On peut ainsi côtoyer et apprécier des cyclos venus de toute la France et de quelques pays voisins. Cela permet de mieux se connaître, d'apprendre à mieux communiquer avec nos amis allemands, espagnols, portugais, anglais, etc.

La Paix entre les Nations, évidemment, ça commence par la complicité entre les hommes et les femmes qui composent ces nations, autour de quelque chose que nous avons en commun : le plaisir de faire du vélo ensemble!
Autre atout humain non négligeable : les rencontres avec des cyclos locaux qui nous accompagnent sur certains tronçons du parcours, ou avec des personnalités venues nous accueillir en diverses occasions, lors des pauses, des repas, ou dans les villes étapes.

Au cours de la semaine, des tensions ont cependant été perceptibles. Manifestations de mauvaise humeur, problèmes de communication, propos émis avec plus d'agressivité qu'il n'eut été nécessaire… Sans doute inévitables dans un groupe de plus de soixante personnes, ces difficultés prouvent qu'il n'est pas inutile que chacun poursuive, selon ses possibilités, le cheminement vers une meilleure compréhension mutuelle et toujours plus de respect entre les hommes.

Au départ de La Gaude, avec le maillot de l'Euro PN

Le parcours 2014

Samedi 20 septembre
1ère étape : La Gaude - Monaco - La Gaude, 72 km, 670 m de D+, 1 col.

Monaco est un endroit où il n'est pas facile de trouver un hébergement à prix abordable. Comme il n'est pas non plus facile d'y circuler à vélo, l'organisation avait choisi de nous faire prendre le départ réel depuis La Gaude, près de Vence (Alpes Maritimes).
La première étape avait pour but d'atteindre les portes de la Principauté de Monaco, à Cap d'Ail, en suivant la Basse Corniche à partir de Nice. Mais nous n'avons pas fait plus d'un demi-tour de roue en principauté…

Sur la route de Monaco, par la Basse Corniche
Détail amusant, sur la basse corniche, nous avons franchi le Col de Beaulieu, le col de France dont l'altitude est la plus faible : 17 m!

Les difficultés les plus notables de cette étape ont été la circulation aux abords de Nice, surtout au retour, puis la remontée sur La Gaude, longue de 8,5 km. Une ascension à allure libre, contrairement au reste du parcours de l'Euro PN, effectué à allure régulée.

La Gaude : les participants à l'Euro PN très bien accueillis par la municipalité

Dimanche 21 septembre
2e étape : La Gaude - Hyères, 157 km, 755 m de D+, 3 cols.

L'étape commençait par une longue descente à la fraîche, jusqu'à Cagnes-sur-Mer. Ensuite, nous avons longé la côte en direction d'Antibes, puis de Juan-les-Pins et de Golfe-Juan, où nous avons fait une première halte devant le Théâtre de la Mer.

Théâtre de la Mer, à Golfe-Juan

A Cannes, nous avons squeezé la Croisette, pourtant mentionnée sur la feuille de route, et nous avons filé sur Mandelieu-la-Napoule.

Nous avons rejoint Saint-Raphaël puis Fréjus en passant par la Corniche de l'Esterel. Le ciel voilé ne nous a pas permis d'apprécier à leur juste valeur les contrastes de couleurs de cette route superbe, un des plus beaux tronçons du parcours.

Corniche de l'Esterel
Après le repas pris à Sainte-Maxime, nous avons rallié Hyères, dans le Var, en passant par La Môle et le Col de Gratteloup (192 m d'altitude). La route choisie était beaucoup moins intéressante que la route côtière, entre La Croix-Valmer et Bormes-les-Mimosas, mais c'était la plus directe. Quand une étape est supérieure à 150 km, il n'est pas possible de musarder tout le long du parcours. L'emprunt de quelques grands axes est souvent inévitable.

Col de Gratteloup (192 m)

Lundi 22 septembre
3e étape : Hyères - Arles, 195 km, 1461 m de D+, 1 col.

Cette troisième étape nous a éloignés de la mer. L'objectif n'était pas de visiter l'arrière-pays, mais d'éviter les agglomérations de Toulon et de Marseille.

Arrêt ravitaillement dans la campagne provençale

Nous avons déjeuné près d'Aix-en-Provence, sans entrer dans la ville.

La difficulté de cette étape vallonnée a sans doute été sous-estimée. Les temps de passage, calculés sur la base d'une moyenne de 22,5 km/h, n'étaient pas tenables pour l'ensemble du peloton, ce qui nous a conduits à accumuler pas mal de retard sur l'horaire prévu. En fin de parcours, l'organisation a donc préféré renoncer à la montée aux Baux-de-Provence, et nous avons filé directement sur Arles, gênés par un vent latéral assez fort.


Mardi 23 septembre
4e étape : Arles - Béziers, 159 km, 280 m de D+.

Cette étape a commencé sur un rythme soutenu. Il paraît que nous sommes passés à 200 m des arènes d'Arles… Un léger détour nous ne nous aurait guère retardés, mais il n'était pas prévu au programme.

En revanche, la feuille de route annonçait un arrêt à Aigues-Mortes… qui n'a pas été observé. J'ai appris depuis que des gens nous y attendaient et ont été déçus de ne pas nous voir. J'ignore pourquoi ce rendez-vous a été manqué…

De passage à Aigues-Mortes

Peut-être parce que nous étions aussi attendus au Grau-du-Roi?
Outre une réception en mairie, une rencontre y était prévue avec des cyclos du MUC, le club de Montpellier, venus pour nous accompagner sur une partie de l'étape. Au fil des kilomètres, d'autres cyclos, membres des clubs environnants, se sont joints à notre peloton.

Au Grau-du-Roi, avec des cyclos de Montpellier

De Frontignan (repas de midi) à Béziers (ville-étape), nous avons roulé sous une petite pluie fine, peu violente mais très suffisante pour bien imprégner gants, chaussettes et chaussures. La nuit ne suffira pas pour faire sécher tout ça.
Le final de cette étape, sur des routes à forte circulation, avec des travaux et sous la pluie, restera le tronçon le plus désagréable de la semaine. Mais réjouissons-nous : c'est le seul jour où nous avons eu de la pluie!

Arrivée sur Béziers

Mercredi 24 septembre
5e étape : Béziers - Perpignan, 124 km, 502 m de D+.

La météo nous avait annoncé de la pluie pour toute la matinée, alors nous nous étions tous couverts et imperméabilisés au départ de cette étape. En fait, il n'est pas tombé une goutte. Malgré cette erreur flagrante, nous ne déposerons aucune réclamation auprès de Météo-France.

Une autre erreur (un aller-retour inutile en direction du massif de la Clape, à partir de Fleury d'Aude) sera également pardonnée, car sans elle, je n'aurais pas pu faire les photos que je souhaitais ramener à Marie-Ange. En effet, une partie de sa famille maternelle est originaire de Fleury. Or, lors de notre premier passage dans cette ville, je n'avais pas mon appareil photo à portée de main. Craignant la pluie, je l'avais mis à l'abri dans mon sac à dos.

Avant notre deuxième passage à Fleury, j'ai eu l'opportunité de ressortir mon appareil, et entre temps, le ciel avait commencé à se dégager!… Ça, c'est du bol!

Fleury d'Aude
 
Après Vinassan, nous avons rejoint la piste qui longe le canal de la Robine et l'Étang de l'Ayrolle. Cette piste en terre, longue de plusieurs kilomètres, n'était pas très appropriée pour nos vélos de route. Ceux qui prennent grand soin de leur vélo n'étaient pas à la fête, malgré le charme indéniable de l'endroit. Heureusement que, contrairement aux prévisions pessimistes de la veille, il ne pleuvait pas!

La feuille de route ne signalant pas que cette piste était “non revêtue”, beaucoup de cyclos ont été déroutés au moment de s'y engager. Comme je savais qu'il n'y avait pas d'autre option pour nous rendre à Port-la-Nouvelle, à moins de retourner à Narbonne et de faire un grand détour, j'ai pu convaincre mes compagnons du moment, carte à l'appui, qu'il ne fallait plus hésiter à s'y engager.

Le long du canal de la Robine

Après Port-la-Nouvelle, direction Port-Leucate, où nous avons été chaleureusement accueillis par les autorités locales, avec un petit encas sympathique, non loin du port.

Port-Leucate

Suite aux différents aléas du parcours, nous nous sommes de nouveau trouvés en retard sur l'horaire. En conséquence, le programme a dû être légèrement modifié, et l'allure imposée par les capitaines de route a sensiblement augmenté, se situant à ce moment-là autour de 30 km/h. Nous avons rejoint directement Sainte-Marie-la-Mer, non loin de Perpignan, où le déjeuner nous a été servi en terrasse, au bord de la plage.
Après le déjeuner, un "temps libre" a permis à certains de se baigner, à d'autres de prendre un peu de repos. Puis, à Villelongue-de-la-Salanque, un hommage a été rendu à un ancien responsable de l'UAF et de l'Euro PN, récemment décédé. Nous avons ensuite rejoint notre hôtel à Perpignan.


Jeudi 25 septembre
6e étape : Perpignan - Platja d'Aro, 173 km, 1390 m de D+, 5 cols.

Cette étape s'annonçait comme vallonnée et cela s'est vérifié. Les paysages de la Côte Vermeille, par ce temps magnifique, ont été à la hauteur de leur réputation : grandioses!

Collioure

A partir de ce tronçon sinueux, puis jusqu'à l'arrivée de cette étape, l'organisation a préféré nous répartir en deux groupes. Ce afin de faciliter la tâche des automobilistes, qui ont en effet plus de mal à doubler un peloton d'une cinquantaine de personnes.

Six petits cols étaient au programme, mais nous n'en avons franchi que cinq. A mon grand étonnement, d'ailleurs! En effet, un élu de Banyuls, lui-même cyclo expérimenté, était venu nous accueillir à notre passage dans sa ville. Il nous avait vivement recommandé d'emprunter le Coll del Frare plutôt que le tunnel entre Port Bou et Colera. Comme la feuille de route indiquait qu'on devait passer par ce col, ma surprise a été très grande quand j'ai vu que la voiture ouvreuse nous conduisait directement… au tunnel!

Parmi les cinq cols homologués que nous avons franchis figure le Col des Balistres (ou Coll dels Belitres, en catalan) qui marque la frontière entre la France et l'Espagne.

Montée vers le Col des Balistres

Après la frontière, la route en corniche offre encore de magnifiques vues, notamment sur Port Bou.

Port Bou, aperçu dans la descente du Col des Balistres

Après Llança, nous avons quitté le bord de mer car, à quelques exceptions près, il n'y a pas de route qui longe la Costa Brava dans ce secteur.

Entre Figueres, où nous avons pris le repas de midi, et Sant Antoni de Calonge, où nous devions retrouver la côte, nous avons fait à deux reprises quelques kilomètres superflus. Les informations figurant sur la feuille de route étaient incomplètes : il manquait les noms de plusieurs communes traversées et une des routes que nous devions emprunter n'était pas mentionnée. Cela a donné lieu à des interprétations diverses, qui se sont traduites par une trace GPS erronée et des malentendus sur l'itinéraire suivi, y compris avec les autorités espagnoles.

Pour ma part, j'avais soigneusement étudié ce tronçon avant le départ (comme l'ensemble du parcours) et j'avais surligné sur ma carte ce qui me semblait être le seul parcours “vraisemblable”. J'ai ainsi pu ramener le groupe dans lequel je me trouvais sur la bonne route, une belle petite route “collineuse”, passant par le Coll de la Ganga (210 m).

Panorama, depuis le Coll de la Ganga

Il ne restait plus que quelques kilomètres, dont une belle descente, pour rejoindre notre hébergement à Platja d'Aro.


Vendredi 26 septembre
7e étape : Platja d'Aro - Barcelona, 128 km, 1483 m de D+, 5 cols.

Les quarante premiers kilomètres de cette étape ont été parmi les plus beaux de l'Euro PN 2014. La corniche qui longe ici la Costa Brava permet de profiter sans modération des paysages de cette côte sauvage et vallonnée (pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol, “brava” signifie sauvage).

Costa Brava

Si j'avais pu, je me serais arrêté plus souvent pour prendre des photos… Et ce n'est pas Philippe qui vous dira le contraire, lui qui a semblé apprécier autant que moi le plaisir d'emporter avec soi le souvenir numérique de quelques beaux paysages…

Toujours la Costa Brava

La Costa del Maresme, qui fait suite à la Costa Brava, a moins de charme et les routes qui la longent, plus rectilignes et plus fréquentées par les automobiles, sont moins agréables.

Après Mataró, où nous avons déjeuné, nous avons quitté la côte pour franchir le Coll (ou Collada) de Parpers (293 m) et rejoindre Granollers.

Coll de Parpers (293 m)

Les organisateurs avaient envisagé un final au stade olympique de Barcelone, sur la colline de Montjuïc. Cela aurait nécessité un aller-retour en ville qui présentait d'énormes difficultés pour assurer la sécurité du peloton. C'est pourquoi cette dernière étape fut finalement amputée.

En revanche, le retour vers la côte pour rejoindre notre Auberge de Jeunesse, à Badalona (banlieue de Barcelone), nous a permis de franchir deux cols supplémentaires qui n'étaient pas prévus au programme : le modeste Coll d'Arquers (123 m) et le joli Coll de Font de Cera (272 m). Une aubaine pour les collectionneurs de cols!

Au cours de la semaine, nous avons ainsi franchi 15 cols, dont 9 étaient nouveaux pour moi.

Pour finir, nous avons profité de la belle journée du samedi pour visiter Barcelone… à allure et à itinéraire libres!

Claude
Photos personnelles

LIENS :

➜ Le site de l'Euro PN
 Présentation de l'Euro PN 2014 sur mon site.

 Pour mémoire : Présentation de l'Euro PN 2013 sur mon site

dimanche 22 septembre 2013

L'EURO PN 2013 : DE WEISSENHORN (ALLEMAGNE) À TURIN (ITALIE)

L'EURO RANDONNÉE POUR LA PAIX ENTRE LES NATIONS
DU 14 AU 22 SEPTEMBRE 2013

L'Euro PN, créée par Jean-Claude Massé (bien connu des cyclos qui fréquentent la Randonnée des Toques Blanches) est aujourd'hui gérée par Alain Challant, ex-président du CoDep 94.

Ayant participé à trois "Rand'Oh" (les randonnées itinérantes proposées par le CoDep 94 dans le cadre du "Festival de l'Oh!"), j'y ai retrouvé certaines similitudes, notamment au niveau de l'organisation générale : épreuve par étapes avec transport des bagages et des personnes, hébergements, restauration, certains accompagnateurs, etc.

Les principales différences:
  • Le thème: Les Rand'Oh s'intéressent aux fleuves et autres cours d'eau. L'Euro PN privilégie les relations entre cyclos originaires de différents pays (8 cette année) et l'action en faveur de l'amitié entre les nations à travers le sport et notamment la pratique du cyclotourisme.
  • Les parcours à vélo: à allure libre pour la Rand'Oh, à allure Audax pour l'Euro PN (à l'exception de la montée au Colle del Ghisallo, effectuée à allure libre).
Cette année, le parcours avait pour thème les Alpes Olympiques, autour des villes de Munich en Allemagne (JO d'été de 1972), Innsbruck en Autriche (JO d'hiver de 1964 et 1976), et Turin en Italie (JO d'hiver de 2006). Initialement, le parcours devait nous faire passer en vélo par Saint-Moritz en Suisse (JO d'hiver de 1928), mais un refus de dernière minute des autorités locales nous a obligés à effectuer ce tronçon en car.

Outre ce thème olympique, un autre vecteur important de cette édition de l'Euro PN s'articulait autour de la commune val-de-marnaise de Villecresnes et de ses villes jumelles de Weißenhorn (Allemagne), où a eu lieu le départ, et de Zibido San Giacomo (banlieue de Milan, Italie), terme de la 5e étape. Sauf erreur de ma part, le Vélo Sportif Villecresnois était d'ailleurs le club le plus représenté dans le peloton.

Il est très difficile de résumer en quelques lignes une semaine de vélo, de visites, de cérémonies protocolaires et de rencontres humaines diverses. Voici mes principales constatations:
  • J'ai fait la connaissance de gens extrêmement intéressants, tant sur le plan humain que sportif. Ne serait-ce que pour cela, ce séjour aura été exceptionnel.
  • La traversée des Alpes était moins dure que je ne l'avais imaginé. L'itinéraire suivait souvent des vallées, en évitant les ascensions à répétition. Ma semaine de préparation dans la vallée de l'Ubaye a été très profitable (et aussi beaucoup plus difficile!).

LE PARCOURS

Au total, nous avons parcouru environ 700 km en 6 étapes. Il est difficile de préciser le dénivelé positif total en raison des changements de parcours et des erreurs qui figurent sur les profils qui nous ont été remis. Entre 5000 et 6000 mètres me semble une estimation correcte.

Samedi 14 septembre 2013

Hippodrome de Vincennes - Weißenhorn (D)

Trajet en car. Premiers contacts et premières rencontres...

A l'arrivée à Weißenhorn, nous retrouvons quelques futurs compagnons de route allemands ainsi que ceux qui ont fait le trajet par leurs propres moyens.

Dimanche 15 septembre 2013

Première étape: Weißenhorn (D) - München (D), 145 km

Le départ a été très festif, les habitants de Weißenhorn ayant tenu à nous souhaiter bonne route en musique, malgré une petite pluie fine.

Weißenhorn : départ en musique!

Erreurs de parcours et difficultés d'orientation ont rendu la matinée plus longue que prévu. Avec le soleil revenu, le peloton a trouvé son allure de croisière, une allure qui offre de multiples occasions d'engager la conversation et de faire connaissance avec ses compagnons de route. En français avec les uns, en espagnol avec d'autres, avec gestes et sourires lorsqu'on n'a pas encore trouvé de langue commune pour échanger... Le peloton de l'Euro PN, c'est un peu la tour de Babel…

Sur la route de Munich

Et la journée s'est terminée en apothéose avec une arrivée prestigieuse à l'Olympic Stadion.

Coucher de soleil sur l'Olympic Stadion (Munich)

Lundi 16 septembre 2013

Deuxième étape : München (D) - Innsbruck (A), 162 km

Départ dans la circulation munichoise...

Le temps, acceptable au cours de la matinée, s'est gâté après le repas, au moment où nous abordions la montagne et l'ascension de l'Achenpaß (col culminant à 941 m). Après le passage de la frontière germano-autrichienne, la descente s'est faite sous pluie intense. La prudence était de rigueur! Les patins de freins ont souffert! C'est après cinq heures très très humides que nous sommes enfin arrivés à Innsbruck... et que la pluie s'est enfin arrêtée!

Nous nous serions bien passés de le petite réception au théâtre de la ville d'Innsbruck. Nous n'avions qu'une envie à ce moment-là : nous changer!

Arrivée à Innsbruck

Entre les bosses du final, l'allure jugée un peu trop rapide pour certains, la pluie soutenue et cette contrainte protocolaire ultime, inutile de dire que ça a beaucoup râlé dans le peloton! Sauf aux petits ravitos de Louis et Annie Ruez qui étaient toujours les bienvenus! Un grand merci à tous les deux.

Au ravito avec Gégé, Cyclotouriste Saint-Maurien (photo Alain C.)

Mardi 17 septembre 2013

Troisième étape : Innsbruck (A) - Skuol (CH), 142 km

Il avait neigé pendant la nuit et les sommets autour d'Innsbruck en gardaient la trace! Partir au petit matin, sur une route mouillée, par une température fraîche, surtout après avoir longtemps roulé sous la pluie la veille (la toux de certains en perpétuait le souvenir), voilà qui nécessite un bon mental. Certains ont donc préféré faire l'impasse sur cette matinée et l'ont peut-être regretté par la suite... car il n'a pas plu!

Route mouillée, sommets environnants enneigés, température au-dessous des 10°…
Le Tyrol ne s'est pas montré très accueillant!

Un nouvelle fois le parcours était vallonné, mais sans pentes terribles. Le profil Openrunner annonçait près de 2000 m de D+, ce qui en faisait l'étape la plus montagneuse. Cela explique que le peloton ait perdu encore quelques unités supplémentaires en cours de route, au profit du car.

Sur le tronçon final, qui traversait le Canton des Grisons, la police suisse est intervenue... Interdiction pour les voitures et motos d'escorter le peloton! Et interdiction pour l'organisation de rouler le lendemain sur le territoire du Canton! La demande d'autorisation ayant été effectuée dans les délais et sous la forme requise, on se demande encore pourquoi...

En Suisse aussi, le ciel était menaçant

Mercredi 18 septembre 2013

Quatrième étape : transfert en car de Skuol (CH) à Chiavenna (I), puis Chiavenna (I) - Abbadia-Lariana (I), 64 km

Pas grand chose à dire sur cette étape amputée, si ce n'est le retour de l'été, juste après le passage de la frontière. La police suisse avait jeté un froid sur le peloton, le soleil italien nous a fait oublier l'incident. Après une centaine de kilomètres en car, puis le repas à Chiavenna, ce fut un grand plaisir d'enfourcher de nouveau nos vélos en profitant pleinement du beau temps.

Départ de Chiavenna sous le soleil

La plus grande partie de cette étape s'est donc finalement déroulée sur les bords du Lac de Côme. Un décor enchanteur pour un peloton de nouveau au complet.

Lac de Côme

A Abbadia-Lariana, réception, photo souvenir, dîner et dodo…

Abbadia-Lariana, au bord du Lac de Côme (photo de l'organisation)

Jeudi 19 septembre 2013

Cinquième étape : Abbadia-Lariana (I) - Madonna del Ghisallo, commune de Magreglio (I), 36 km, puis transfert en car jusqu'à Zibido San Giacomo (I)

Cette étape était attendue par certains, redoutée par d'autres, malgré la faible distance. Le responsable : le Colle del Ghisallo (alt.: 754 m, avec un peu plus de 500 m de dénivelé en une dizaine de kilomètres). Le col commence par 1,5 km à 3%. Suivent 4 km à 9%, dont un passage à 14%. On a ensuite 3 km pratiquement plats pour souffler. La route redescend même un petit peu. Puis on termine par 1,5 km autour de 9% de moyenne. Nous avons gravi ce col dans des conditions météorologiques idéales. L'allure libre a permis aux purs grimpeurs d'exprimer tout leur talent, et à ceux qui peinent dans les montées de l'escalader à leur rythme…

Pause au bord du Lac de Côme, avant la montée vers le Colle del Ghisallo: le soleil est avec nous!

Le sommet marque la fin de l'étape du jour. Chargement des vélos dans la remorque, puis ceux qui le désirent peuvent se changer. Et c'est la visite de la chapelle de la Madonna del Ghisallo. Comme il y a beaucoup à dire au sujet de cette chapelle, j'ai préféré lui consacré un article spécifique.

Vue du Lac de Côme pendant la montée au Colle del Ghisallo

Après le repas, pris sur place, à Magreglio, c'est un nouveau transfert en car jusqu'à Zibido San Giacomo, dans la banlieue de Milan, où une petite réception est prévue.

Zibido San Giacomo

Vendredi 20 septembre 2013

Sixième étape: Zibido San Giacomo (I) - Torino (I), 154 km

On a coutume de dire que la "moyenne Audax", c'est 22,5 km/h. En fait, c'est faux. La moyenne dépend du profil de l'étape, de la météo, bref des conditions de l'épreuve. Par ailleurs, la moyenne n'est pas nécessairement fixée pour l'étape entière et peut varier selon les tronçons. Par exemple, pour l'étape de montagne qui a été amputée, le premier secteur, en montée douce, était prévu à 18 km/h, la descente qui suivait à 30 km/h et le final au bord du Lac de Côme à 22,5. Si le profil s'y prête, ou si le vent est favorable, et si le groupe suit de manière homogène, il n'est pas exclu de pousser jusqu'à 24 ou 25 de moyenne sur le plat.

C'est ainsi que les 150 km de la dernière étape, dont l'intégralité avait était programmée à 22,5 km/h, ont été parcourus à la moyenne de 25 km/h. Le paysage un peu monotone d'une grande partie de l'étape n'incitait pas à musarder.

Quelques poussettes ont permis de conserver l'homogénéité du groupe sur les bosses du final.

A part cela, pas grand chose à signaler…

Sur la route de Torino

Samedi 21 septembre 2013

Visite de Turin

Quartier libre pour cette journée... Pour ma part, je me suis associé à trois joyeux compagnons, Alain, Gérard C. et Gérard M. avec qui nous avons partagé de bons moments...

Nous serons assez nombreux à opter pour la visite du Musée National de l'Automobile. En voyant des véhicules de marque Renault, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une petite pensée pour notre ami Jean-Pierre B., ancien vendeur chez Renault…

Turin, Musée National de l'automobile : Renault AG-Fiacre Paris (France 1910)

L'après-midi, nous avons fait un petit tour au Palazzo Madama, dans lequel est installé le Museo Civico d'Arte Antica. Particularité architecturale étonnante de cet édifice : la façade principale est de style baroque, tandis que la façade arrière est médiévale.

Turin : Palazzo Madama, façade médiévale (arrière du bâtiment)

Dimanche 22 septembre 2013

Retour à l'hippodrome de Vincennes, après un voyage de nuit sans histoires

En me relisant, je constate que j'ai raconté fort peu de choses, par rapport à toutes les péripéties de ce voyage... Rien sur les hébergements, rien sur les repas, rien sur les cérémonies organisées à l'occasion de notre passage, rien sur les exploits sportifs de mes compagnons de route...

A ce propos, quelques exemples tout de même: un Pékin-Paris-Londres, de multiples Paris-Brest-Paris, des Tours de France et même un Tour d'Europe à vélo... On pourrait citer bien d'autres exploits, et pas seulement dans le domaine du vélo. L'un de mes compagnons du samedi a été 20 fois champion de France en kayak de vitesse, un autre a remporté des Aigles d'Or Audax dans toutes les disciplines, à savoir: vélo, natation, marche, kayak et ski de fond. Et j'en passe!

A côté de tous ces exploits et malgré le temps médiocre des premiers jours, cette Euro PN 2013 fut une véritable promenade de santé! Et partager cette promenade avec des sportifs de ce calibre fut un grand privilège...

Claude
Photos personnelles, sauf mentions contraires