samedi 16 septembre 2017

LE PICO DEL VELETA, SIERRA NEVADA (ESPAGNE)

Cette sortie en vélo de route avait plusieurs objectifs… Pour Marie-Ange : franchir 3 cols à plus de 2000 m. Pour moi, outre les 3 cols à 2000 : explorer la plus haute route d'Europe, franchir mon premier col à plus de 3000 m d'altitude et tenter d'atteindre avec mon vélo le Pico del Veleta à près de 3400 m d'altitude.

La photo du jour

Au sommet du Pico del Veleta (3396 m), avec au fond le Pico Mulhacén (3482 m)

Les données de l'ascension
  • Départ : Cenes de la Vega (banlieue de Grenade)
Pour moi :
  • Distance aller-retour : 84 km
  • D+ : 2890 m (enregistrement GPS)
  • Température moyenne : 16°
  • 5 cols, dont 4 à plus de 2000 m
    • Collado de las Sabinillas, 2025 m (ES-GR-2035)
    • Collado de las Sabinas, 2178 m (ES-GR-2180)
    • Collado del Diablo, 2323 m (ES-GR-2330)
    • Collado de la Carihuela del Veleta, 3201 m (ES-GR-3201
    • Collado del Muerto (Alto del Purche), 1491 m (ES-GR-1491)
  • Point culminant : Pico del Veleta, 3396 m
Pour Marie-Ange : 54 km, un peu plus de 1600 m de D+ et 4 cols, dont 3 à plus de 2000 m.

Marie-Ange à 2000 m d'altitude
Comme on peut le voir sur le profil ci-dessous, les trois cols à plus de 2000 m d'altitude s'enchaînent sur notre itinéraire au cours de la même ascension. Jusqu'au Collado del Diablo (2323 m), cela représente tout de même 26 km de montée et 1585 m de D+ (données Openrunner). La pente moyenne avoisine les 6%.

Profil de l'ascension du Pico del Veleta depuis Cenes de la Vega
Après le Collado del Diablo, il reste 14 km d'ascension jusqu'au Pico del Veleta, avec un peu plus de 1000 m de dénivelé, soit un pourcentage moyen d'environ 7,5%.

Profil du final du Veleta, à partir du Collado del Diablo
Petit bonus : aux environs des 3200 m d'altitude, un aller-retour d'environ 2 km quasiment plats, sur piste non revêtue, permet d'atteindre le Collado de la Carihuela del Veleta (3201 m).

La Sierra Nevada et ses deux plus hauts sommets

La “Sierra Nevada” espagnole est une chaîne de montagne (enneigée!) qui appartient aux Cordillères Bétiques, vaste système montagneux s'étendant de Gibraltar au Cabo de la Nao dans la province d'Alicante, et même jusqu'aux îles Baléares, son ultime prolongement.

Sistema Bético (document Internet)
Le point culminant du Système Bétique se trouve dans la Sierra Nevada. C'est le Pico Mulhacén (3482 m), qui est également le plus haut sommet de la péninsule ibérique. Il dépasse en effet de 78 m le Pic d'Aneto (3404 m), point culminant des Pyrénées.

Pico Mulhacén (3482 m), vu depuis le Pico del Veleta
Le Pico del Veleta, du haut de ses 3396 m, prend la troisième place dans ce classement, mais il se trouve relégué au pied du podium si l'on prend on compte le seul sommet espagnol qui dépasse ces trois plus hauts sommets péninsulaires, le Pico del Teide (3715 m), cime volcanique dominant l'île de Tenerife, dans les Canaries.

Borne géodésique au sommet del Veleta, avec en fond le Mulhacén
En castillan, una veleta désigne une girouette. Cependant, en dépit de la fréquence et de la force des vents qui soufflent sur les hauteurs du Veleta (jusqu'à 140 km/h parfois!), le nom de ce sommet n'a rien à voir avec l'instrument servant à déterminer la direction du vent. Le mot vient de l'arabe “balata”, qui désigne un sommet entaillé, découpé, et fait allusion aux falaises tranchantes qu'on peut apercevoir sur trois de ses faces, la plus vertigineuse présentant un dénivelé d'environ 500 m.

Pico del Veleta (3396 m)

La plus haute route d'Europe

Ce titre est souvent attribué, à tort, à la route qui fait le tour de la Cime de la Bonette (2802 m). Une recherche rapide sur Google vous convaincra que l'erreur lui attribuant le leadership persiste dans bien des esprits et dans bien des écrits.

En réalité, la plus haute route d'Europe se trouve en Andalousie, dans la Sierra Nevada. Cette route est goudronnée jusqu'à une altitude avoisinant les 3300 m. Au-delà, le bitume est de plus en plus endommagé à mesure que la route s'élève, jusqu'à devenir inexistant sur les derniers hectomètres de la montée.

Route dégradée vers 3300 m d'altitude
Contrairement à la route de la Bonette qui est inter-vallées, la route d'accès au Pico del Veleta n'est pas une voie de communication automobile. À partir de Hoya de la Mora (alt. 2500 m), une barrière en limite l'accès. Seuls quelques véhicules de service sont autorisés à l'emprunter, notamment des navettes transportant des randonneurs à proximité du Veleta.

Barrière sur la route du Pico del Veleta (photo Internet)

Ascension commune jusqu'au Collado del Diablo

Marie-Ange et moi partons de bon matin de Cenes de la Vega, où est situé notre hébergement. “Vega” désigne en castillan une plaine fertile et se réfère ici à la Vega de Granada. En dépit de son nom, Cenes de la Vega est déjà à une altitude d'environ 750 m.

Cenes de la Vega : départ matinal
Pour Marie-Ange, c'est parti pour 26 km de montée. Bien que la pente moyenne totale soit de l'ordre de 6%, dans les premiers kilomètres, les pourcentages avoisinent plus souvent les 8 ou 9%. C'est ainsi que nous atteignons rapidement les 1000 m d'altitude.

'Altitud 1000 m'
Nous entrons bientôt dans le Parque Nacional de la Sierra Nevada, le parc national le plus étendu d'Espagne. C'est en 1986 qu'une grande partie du territoire de la Sierra Nevada a été reconnue par l'UNESCO “Réserve de la Biosphère”, puis en 1999, déclarée “Parque Nacional” pour ses valeurs botaniques, paysagères et naturelles.

Sierra Nevada, parque nacional, parque natural
Depuis la route que nous suivons, nous n'apercevons aucun sommet impressionnant. C'est à se demander où sont ces cimes qui dépassent largement les 3000 m. En revanche, ce qui nous impressionne, c'est la vue vers la vallée, notamment lorsque nous surplombons le lac artificiel (embalse) de Canales.

Embalse de Canales
Aux environs du 12e kilomètre (alt. 1440 m), nous repérons sur notre droite la route de Monachil. Certains cyclos empruntent cet accès pour monter à la station de la Sierra Nevada, une montée réputée plus difficile que celle que nous empruntons aujourd'hui.

Nous repérons cet embranchement car à un kilomètre de là se trouve un col, le Collado del Muerto (1491 m), auquel nous envisageons de rendre une petite visite au cours de la descente.

Collado del Muerto ou Alto del Purche (1491 m)
Dans ce secteur, sur une colline, nous reconnaissons une célèbre silhouette de taureau. De telles enseignes surgissaient déjà dans le décor lorsque j'étais enfant (mes souvenirs remontent aux années 60). C'était alors une publicité pour un brandy de la marque Osborne. Toute mention publicitaire a aujourd'hui disparu et le Taureau Osborne est devenu l'un des symboles de l'identité espagnole, apprécié dans la majeure partie du pays pour « son intérêt esthétique et culturel ». 

Le célèbre taureau Osborne
Pensant que nous n'aurions aucune possibilité de nous ravitailler au cours de cette balade, nous avions prévu boissons et nourriture. Mais la route des cols est loin d'être désertique. On y trouve des hôtels, des restaurants, comme ici près du lieu-dit Las Viboras (les vipères!)…

Las Viboras
… et même une station service tout à fait inattendue! Elle dispose d'une boutique, où l'on peut se fournir notamment en boissons fraîches.

Station service
Environ 600 m après la station, au lieu-dit El Dornajo, nous quittons la A-395 pour emprunter la A-7103. Les deux routes se rejoignent quelques kilomètres plus loin au Collado de las Sabinas. Notre option est plus courte (3 km de moins) et la pente est forcément plus prononcée que par la route principale. Sur ce tronçon de 7,6 km, nous allons avoir 6,9% de pente moyenne (contre 4,9% sur l'autre route). C'est au cours de cette variante que nous atteignons l'altitude symbolique des 2000 m.

'Altitud 2000 m'
Quelques dizaines de mètres plus loin, nous franchissons notre premier col du jour : el Collado de las Sabinillas (2025 m), que malheureusement aucun panneau ne matérialise.

Site du Collado de la Sabinillas
Peu après, je repère une curiosité au bord de la route : une borne… myriamétrique! Le myriamètre est une ancienne mesure tombée en désuétude en France. La borne ci-dessous, de facture récente, laisse supposer que son usage n'est pas devenu totalement obsolète en Espagne. Elle indique une mesure de 3 fois 10 000 m, soit 30 km, vraisemblablement la distance depuis Grenade.

MIRIAMETRO 3
Bien qu'il n'y ait pas de panneau sommital, je me fie au kilométrage de mon compteur (24 km) et à la topographie des lieux pour m'assurer que nous sommes arrivés au Collado de las Sabinas (2178 m). Nous saluons des cyclos venus de San Juan d'Alicante qui y font une pause.

Collado de la Sabinas
Il ne nous reste plus que 2 km à parcourir pour conquérir notre prochain "col à 2000"… Mais avant d'y parvenir, nous atteignons l'altitude 2250 m.

'Altitud 2250 m'
Sur la route du Collado del Diablo, ce n'est pas le diable que nous rencontrons, juste un troupeau de moutons…

Moutons d'altitude
Mais même s'ils n'ont rien de diabolique, pendant quelque temps, nous nous tenons à carreaux… Un chien de berger s'est approché de nous pour nous tenir en respect. Sans se montrer réellement menaçant, il nous fait comprendre néanmoins très clairement qu'il n'est pas question que nous allions plus loin tant que le troupeau n'aura pas fini de traverser!

Nous sommes surveillés!
Bien qu'il n'y ait toujours pas de panneau pour confirmer notre passage au col, le kilométrage GPS et l'aspect géographique me le confirment : nous sommes parvenus au Collado del Diablo, dont l'emplacement exact s'écarte de la route de quelques dizaines de mètres. La photo ci-dessous le montre bien.

Marie-Ange au Collado del Diablo (2323 m)
Après s'être ravitaillée et couverte, Marie-Ange fait demi-tour. Au cours de la descente, au prix de quelques hectomètres ascendants et d'un petit aller-retour de 2 km, elle ajoutera un col à sa collection : le Collado del Muerto (1491 m), déjà évoqué plus haut et dont je reparlerai…

Quant à moi, je continue…


Suite de l'ascension en solo : à l'assaut du Veleta

Quand on s'attaque au Pico del Veleta, c'est un peu comme au Ventoux : il faut que les conditions météorologiques soient favorables. Si le vent est violent, s'il fait trop chaud, ou trop froid, il est préférable de renoncer. Il faut savoir qu'au sommet du Veleta, les vents peuvent souffler jusqu'à 140 km/h et les températures varient de -20° en hiver à + 40° en été.

En outre, le sommet est à 3396 m d'altitude, soit près de 1500 m plus haut que le Ventoux (1912 m). Il en résulte un dénivelé de quelques 2700 m (soit environ 1000 m de plus qu'au Géant de Provence), ce qui induit une différence de température très importante entre la vega et le sommet. Bref, prévoyez de quoi bien vous couvrir pour la descente!

Bien couvert au sommet du Pico del Veleta
Aujourd'hui, la température est douce, le ciel est dégagé, le vent à peine perceptible… et les jambes tournent bien. Je peux donc me risquer à défier le Pico del Veleta.

Après avoir laissé Marie-Ange, je surplombe Pradollano et la station de ski de Sierra Nevada.

Pradollano et le Pico del Veleta
Mon selfie au panneau “altitud 2500 m” n'est pas des plus réussis…

Altitud 2500 m
J'atteins peu après Hoya de la Mora, au pied des Peñones de San Francisco (les rochers de Saint François) où, il y a moins de 15 jours, le 3 septembre, a été jugée l'arrivée d'une étape de la Vuelta a España 2017.

Hoya de la Mora y los Peñones de San Francisco
Lors de cette arrivée en altitude, c'est le jeune Colombien Miguel Ángel López qui avait remporté la victoire en solitaire.

Vuelta 2017 : López, vainqueur de la 15e étape
C'est aussi en solitaire que je poursuis mon ascension. Je passe devant le Refugio Militar Capitán Cobo (alt. 2550 m), désigné comme refuge ou auberge selon les sources. Au dessus de l'entrée sont écrits les mots : « Todo por la patria », devise de la Guardia Civil.

Refugio Militar Capitán Cobo”
C'est là que se termine la route ouverte à la circulation. Je franchis la barrière, qui est levée… Durant quelques minutes, j'ai l'impression d'être tout seul, puis je commence à voir de plus en plus de randonneurs, de vététistes et de cyclos… Je bavarde un moment avec un cycliste venu de San Juan d'Alicante, un de ceux que nous avons salués au Collado de las Sabinas.

Les cyclos qui redescendent portent tous un foulard pour protéger le cou, la bouche et le nez. Quant aux randonneurs, la plupart sont bien couverts… Il ne doit pas faire chaud là-haut!

Le décor est impressionnant… Sur la photo ci-dessous, on distingue sur la gauche un radiotélescope, dans le creux de la vallée les lacs de la Laguna de la Yegua, et au loin la Vega de Granada.

Laguna de la Yegua
Lorsque j'atteins les 3200 m d'altitude, je quitte la route pour m'engager sur une piste qui se dirige vers la droite. J'ai une petite idée derrière la tête…

Piste vers la Carihuela et los Tajos de la Virgen
Après quelques 1000 m sur une piste non revêtue quasiment plate, j'atteins mon premier col à plus de 3000 m d'altitude. Ce col muletier proche de la route s'appelle Collado de la Carihuela del Veleta (3201 m), dont le nom est parfois écrit "Carigüela". On trouve également ailleurs la forme "escarihuela". Le mot dériverait d'une racine pré-latine, "karr", signifiant pierre. Dans la région, le terme "caihuela", ou ses variantes, désignent  « des chemins ou des sentiers très étroits et pentus, construits en lacets sur des versants de montagnes escarpées, parfois en taillant la pierre » (extrait de Wikipedia Espagne, traduction personnelle).

Collado de la Carihuela (3201 m)
Lorsque je descends de mon vélo à l'approche du col, je ressens pour la première fois les effets de l'altitude et du manque d'oxygène. Le mal des montagnes se traduit pour moi par quelques vertiges, de légers déséquilibres que je ne ressens pas en pédalant mais seulement quand je marche à côté de mon vélo.

Mon vélo au Collado de la Carihuela
A proximité du col se trouve un refuge, d'où on aperçoit le Pico del Veleta.

Refugio-Vivac la Carihuela et le Pico del Veleta
Ce refuge est dit refugio-vivac, ce qui signifie qu'il ne propose aucun service en dehors de l'abri.

Refugio-Vivac la Carihuela (3205 m)
De retour à la route, je reprends l'ascension. Par endroits, le bitume s'interrompt pour reprendre un peu plus loin.

Arrivée des remontées mécaniques
L'endroit est spectaculaire et il est très fréquenté par les randonneurs.

Randonneurs au dessus des nuages
Dans certains virages, le bitume a totalement disparu. Comme la pente y est forte, ces passages ne sont pas faciles à franchir en vélo de route.

Plus de bitume dans le virage
Sur la fin, la piste n'est plus goudronnée, mais reste encore praticable sur quelques dizaines de mètres.

Piste finale
Puis ça devient de plus en plus compliqué, notamment à cause de la pente assez forte et du nombre important de gravillons et de cailloux. Là, pour passer, il faudrait un VTT… Alors je continue à pied.

Mes cuisses commencent à être très lourdes. Je ne pense pas que les 40 km d'ascension que j'ai dans les pattes soient seuls en cause. Le manque d'oxygène à cette altitude (plus de 3300 m!) y contribue certainement. D'ailleurs, depuis la Carihuela, je continue à ressentir de légers vertiges et de petites pertes d'équilibre. Bref, j'ai un peu de mal à marcher droit.

Tout cela m'amène à me demander si ça vaut vraiment le coup d'aller jusqu'au sommet.

Rampes finales vers le Pico del Veleta
C'est alors que je croise le cyclo de San Juan avec qui j'ai bavardé tout à l'heure. Je lui pose la question : « ¿Vale la pena subir hasta arriba? » Il me répond sans hésiter avec un sourire épanoui que « oui, ça vaut le coup de monter jusqu'en haut », et qu'il y a « une vue superbe sur le Mulhacén »… Merci de m'avoir re-motivé! Je n'hésite plus et je tiens compte de son avis : je continue!

Mon vélo au Pico del Veleta
Parvenu au sommet, je prends rapidement quelques photos, dont le selfie qui constitue la "photo du jour" en début d'article, et celle-ci montrant qu'il y a un monde fou là-haut!

Pico del Veleta aux heures d'affluence
Je ne manque pas de profiter du panorama vers le Mulhacén (voir photo en début d'article) ou, à l'opposé, en direction de Grenade.

Panorama depuis le Pico del Veleta
Ensuite, je me couvre rapidement. Mon GPS a beau enregistrer une température de 9°, je pense qu'avec le vent, la température ressentie est nettement inférieure.

Pico del Veleta : photographié par un jeune randonneur

La descente

Après avoir bu et mangé, j'attaque la descente. Je ne sais pas si c'est de la malchance ou si c'est dû à la vitesse dans les parties non goudronnées, mais j'enchaîne rapidement deux crevaisons sur la roue avant. Ayant bien vérifié le pneu à chaque fois, je suis à peu près sûr qu'il s'agissait de deux causes différentes… En compensation de ces petites misères, j'ai le plaisir de constater que les trois ou quatre cyclos qui passent pendant que je répare me demandent tous, soit en espagnol, soit en anglais, si j'ai besoin d'aide. C'est vraiment sympa.

Crevaison
J'ai utilisé mes deux chambres à air de secours, alors même si j'ai encore des rustines dans mon sac à dos, j'espère en avoir fini avec la poisse! Je m'en remets à la mansuétude de la Vierge des Neiges (Virgen de las Nieves), protectrice de la Sierra Nevada…

Virgen de las Nieves
Dans le même secteur, sur un promontoire nommé Mojón del Trigo, j'aperçois un ancien observatoire astronomique qui fut en service jusqu'à la fin des années '70'. Il est aujourd'hui abandonné.

Antiguo observatorio Mojón del Trigo
Depuis que je suis reparti après ma seconde crevaison, à chaque virage, je sens un peu de mou dans la roue avant. Pas très rassurant. Après Hoya de la Mora puis le Collado del Diablo, je me décide à faire une halte, au niveau d'une auberge militaire, pour remettre un peu de pression.

Albergue Militar de Montaña General Oñate
J'en profite pour appeler Marie-Ange et la prévenir que j'arriverai plus tard que prévu. Elle me raconte alors sa visite au Collado del Muerto, dont elle me fait la description.

J'hésitais à imposer à mes cuisses endolories ce kilomètre d'effort supplémentaire, mais puisque Marie-Ange y est allée, je ne vais pas me dérober. Je vais y faire un tour, histoire de prendre quelques photos…

Collado del Muerto
Et ça valait le coup d'y jeter un coup d'œil. Des encouragements pour Contador, bien visibles sur l'asphalte, m'amènent, à mon retour, à effectuer une petite recherche : c'est la Vuelta qui est passée par là il y a moins de 15 jours. Le profil officiel de cette étape désigne ce col sous le nom de Alto del Purche. Contador s'y était distingué en attaquant, en compagnie de López, le futur vainqueur de l'étape.

Contador à l'attaque avec López dans l'ascension de l'Alto del Purche
Après cette dernière et modeste difficulté du jour, j'effectue les 12 derniers kilomètres de la descente sans prendre d'autres photos. Le moment est venu de penser à la récupération en vue d'une nouvelle ascension à plus de 2000 m prévue pour demain, le Puerto de la Ragua (2039 m), toujours dans la Sierra Nevada…

A suivre : Puerto de la Ragua!

Claude
Photos personnelles (sauf mention contraire)

LIENS :

➜ Toutes les photos sur Flickr
➜ Présentation du séjour en Andalousie sur notre site : Andalousie 2017

➜ Histoire de la route de La Bonette, une des plus hautes routes d'Europe!
➜ En vélo à l'assaut de la plus haute route goudronnée des Alpes : la « Ötztaler Gletscherstraße“ (route des glaciers de l’Otztal)

➜ Enregistrement sur Strava


5 commentaires:

  1. Magnifique reportage !

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  2. magnifique reportage et que d'informations dans votre article, j'avais fait des recherches sur la route la plus haute d'Euope sachant que le titre de la Bonette était usurpée bien que repris souvent par des magazines vélo ou par les offices de Tourisme. Là on a en plus de l'info les images, le top. Je crois qu'il y a également une route à plus de 2800 en Autriche et peut être aux Canaries (si on considère les Canaries en Europe...)

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    1. Merci beaucoup pour ce commentaire.
      En effet, il existe en Autriche une route goudronnée à plus de 2800 m. Il s'agit de la « Ötztaler Gletscherstraße“ (Route des glaciers de l’Otztal) dans le Tyrol autrichien. Le point le plus élevé de cette route se trouve à 2830 m d'altitude. Je ne connais pas personnellement cette route, mais le descriptif impressionne : https://fr.tyrol.com/loisirs/sport/vtt/vue-densemble-vtt-velo/a-la-route-du-glacier-de-loetztal

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  3. Bonjour Claude,

    Je suis surpris par cette barrière qui barre la route aux automobiles, à partir de 2200 m d'altitude, si j'ai bonne mémoire. Mon expérience fut en l'an 1987. J'ai dû renoncer, avec ma compagne, à poursuivre la route... enneigée mais, nous sommes montés autour du 29 octobre. Peut-être ne sommes-nous pas allés suffisamment loin pour apercevoir cette fameuse barrière que je suppose permanente depuis de nombreuses années.
    Autre chose : je pensais que l'on apercevait la mer Méditerranée depuis le sommet. Finalement, quelque 30 ans plus tard, je ne regrette pas d'avoir atteint le bout de la route qui mène à 3396 m d'altitude.

    Cordialement.
    Jean-Luc

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