jeudi 14 juin 2018

SUR LES TRACES DE LA MARMOTTE D'OLT, EN AUBRAC

De passage à Saint-Géniez-d'Olt-et-d'Aubrac, nous en avons profité pour gravir quelques cols entre Aveyron et Lozère, sur les traces de la marmotte d'Olt…


La marmotte d'Olt

Ce nom désigne une organisation qui, pendant 20 ans, a été une cyclosportive. Depuis le début du mois de juin 2018, à l'occasion de la 22e édition, c'est désormais une randonnée pour cyclotouristes.

Flyer "La marmotte d'Olt" 2018 (document Internet)

Le nom de cette organisation mérite d'être éclairci. Le mot “Olt” n'est autre que le nom local de la rivière, beaucoup plus connue par ailleurs sous le nom de “Lot”. Ce nom, venu du celte “ollo” (= grand), aurait subi diverses déformations : oldo puis olto sous l'influence du latin, et plus tard de l'occitan languedocien Olt au français Lot

Le Lot = Olt

Quant à la “marmotte”, le nom évoque forcément pour l'amateur de vélo en montagne la célèbre cyclosportive des Alpes. Même si le rapprochement des noms n'est pas à exclure, du moins symboliquement, la véritable origine de la “marmotte” d'Olt n'a rien à voir avec l'épreuve alpestre.
Elle se réfère à une belle histoire qui mérite d'être racontée.


La marmotte et les marmots

Au XVe siècle, deux enfants de Saint-Geniez avaient apprivoisé une petite marmotte, recueillie en montagne. Selon certaines sources, cette montagne serait l'Aubrac. J'ignore cependant si des marmottes ont réellement vécu jadis dans cette région à des altitudes aussi faibles (1300-1400 m).

La marmotte et les marmots sur le vieux pont de Saint-Géniez

L'histoire raconte que la marmotte, prise d'une grande frayeur à l'approche d'un orage, s'enfuit vers les pentes boisées toutes proches. L'ayant rattrapée sous un véritable déluge, les deux enfants s'abritent pour la nuit dans une cabane. Quand ils regagnent le village le lendemain, ils retrouvent leur quartier dévasté par la montée des eaux du Lot. Leurs parents sont morts noyés. La marmotte, en percevant le danger et en prenant la fuite, leur avait sauvé la vie. A la suite de cette histoire, les deux enfants ont été surnommés les “marmots”, nom qui par la suite a été attribué aux habitants du quartier, puis de tout le village.

L'histoire des Marmots

Sur la route du Tour de France 2017

Pour notre balade vers l'Aubrac, nous avions choisi d'affronter une montée exigeante, empruntée par le peloton du Tour de France le 16 juillet 2017, la Côte de Naves.

Souvenir du Tour de France 2017, sur le vieux pont de St-Geniez

Curieusement, sur les panneaux situés un peu plus loin, cette côte ne s'appelle plus “Côte de Naves” mais “Côte de Verlac”.

Côte de Verlac

Cette Côte de Naves (ou Col de Verlac) est située dans l'Aveyron, sur la commune d'Aurelle-Verlac, tout près de la Lozère. L'altitude à Saint-Géniez-d'Olt est de 440 m, et au sommet de la montée de 1058 m.
La montée proprement dite est longue de 8,9 km à 6,4 % de pente moyenne.

Cette côte classée en 1ère catégorie a été escaladée pour la première fois dans le Tour de France en 2017, lors de la 15e étape entre Laissac-Sévérac-l'Eglise et Le Puy-en-Velay.

Tour de France 2017 - profil de la 15e étape (document Internet)

C'est le français Warren Barguil, porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur, qui était passé en tête au sommet.

Warren Barguil lors de la 15e étape du Tour 2017 (photo Internet)

Notre parcours

Nous avons tracé un parcours permettant de franchir trois cols homologués par le Club des Cent Cols.
  • Col de Verlac, 1063 m (l'altitude varie selon les sources)
  • Col d'Aubrac, 1339 m ("1340" sur le panneau)
  • Trescol, 711 m (franchi en descente)
Profil de notre parcours

L'essentiel du parcours forme une boucle, à laquelle nous avons ajouté un aller-retour jusqu'au col d'Aubrac, aux confins de la Lozère.
  • Distance : 61, 6 km
  • D+ : 1180 m
Le parcours

Nous démarrons donc de Saint-Géniez-d'Olt, où nous prenons le temps d'admirer la rivière depuis la terrasse Marie Talabot.

Saint-Géniez-d'Olt : pont sur le Lot vu depuis la terrasse Marie Talabot

Nous quittons bientôt "l'Olt" pour nous lancer à l'assaut des Monts d'Aubrac.

Saint-Géniez-d'Olt : le Lot

Peu après le début de la montée, je m'arrête auprès de la chapelle Notre Dame des Buis, une chapelle consacrée à une statue de la vierge aux vertus bienfaisantes.

Chapelle Notre Dame des Buis

La montée est jalonnée de panneaux qui nous renseignent sur notre progression.

Côte de Verlac : sommet à 9 km

Nous prenons rapidement de l'altitude, ce qui nous donne l'occasion de profiter du panorama.

Panorama depuis Verlac

Quelques courts passages à plus de 10% rendent éprouvante cette première partie de la montée. L'arrivée au Col de Verlac permet de souffler avant d'attaquer la seconde partie de la montée.

Col de Verlac, 1063 m

Un peu de replat permet de se refaire la cerise, mais à partir de Vieurals, la route s'élève à nouveau pendant près de 5 km.

Vieurals

Nous arrivons enfin sur le plateau de l'Aubrac, qu'on peut qualifier de "désert verdoyant", selon l'expression trouvée dans un article sur Internet. Une signalisation de randonnée pédestre nous indique le nom du sentier qui passe là : la "Boucle des Grandes solitudes". Heureusement qu'il y a quelques troupeaux pour nous sentir moins seuls.

Monts d'Aubrac

Nous traversons une zone humide, parsemée de tourbières. Nous sommes ici dans la "Réserve des Tourbières de l'Aubrac".

Tourbière près de la Croix de la Rode (alt. 1376 m)

Quand nous rejoignons la D219, un aller-retour d'environ 7 km en forme de montagnes russes nous permet de rendre visite au Col d'Aubrac.

Col d'Aubrac, 1340 m

Nous sommes alors aux portes de la Lozère, mais nous n'irons pas plus loin.

Aveyron - Lozère

Nous quittons le col et le lac des Moines, tout proche. Ce lac artificiel est une réserve d'eau potable.

Lac des Moines

Le plateau de l'Aubrac offre toujours ce décor typique avec ses barrières arborées servant de coupe-vent.

Monts de l'Aubrac

Peu après le début de la longue descente du retour, je suis un peu surpris de découvrir une station de ski. La station de Brameloup, sur les pentes du Suc de Born (1385 m), propose pour l'hiver quelques pistes de ski alpin et de nombreuses pistes de ski de fond, accessibles aussi avec des raquettes. D'avril à octobre, elle donne accès à quelques circuits VTT de l'espace VVT-FFC de l'Aubrac.

Station de ski de Brameloup

Il faut compter 10 km de descente avant d'arriver à Prades-d'Aubrac.

Prades-d'Aubrac

Et près de 5 km supplémentaires pour atteindre le Trescol, un col "cadeau" franchi en descente.

Le Trescol, 711 m

Nous rejoignons enfin la vallée du Lot que nous allons suivre durant quelques kilomètres.

Le Lot

Peu avant l'arrivée, nous jetons un coup d'œil au village pittoresque de Sainte-Eulalie-d'Olt…

Sainte-Eulalie-d'Olt

… et c'est le retour à Saint-Géniez-d'Olt.

Le Lot à Saint-Géniez-d'Olt

Notre dernière photo est pour le vieux pont qui rend hommage à ces "marmots" dont j'ai résumé la légende en début d'article.

Saint-Géniez-d'Olt : pont sur le Lot

Nous sommes très contents de ce parcours qui nous a permis d'engranger trois nouveaux cols, mais surtout de découvrir une belle région qui mérite qu'on s'y intéresse.

Claude
Photos personnelles, sauf mention contraire

LIENS :

➜ Toutes les photos sur Google photos

lundi 21 mai 2018

CONCENTRATION DES TROIS PROVINCES AU MOULIN DE GIGNAC (LOT)

En ce lundi de Pentecôte 2018, les Cyclos Randonneurs du Quercy avaient convié les cyclotouristes de Corrèze, de Dordogne et du Lot à converger vers le Moulin de Gignac.

Concentration cyclotouriste au moulin de Gignac (photo Michel Ponchet)
Pourquoi l'avoir appelée “concentration des trois provinces”?
Tout simplement parce que Gignac, commune du Lot, se trouve aux confins des trois anciennes provinces : le Quercy, le Périgord et le Limousin.

Sur la commune de Gignac se trouve d'ailleurs un mégalithe appelé “pierre des trois évêques”. Les initiés racontent qu'en 1317, trois évêques ont déjeuné là ensemble, en restant chacun dans leur diocèse. Histoire authentique ou légende? Mystère!

La pierre visible aujourd'hui n'est pas le mégalithe originel, disparu depuis longtemps, mais les noms des trois provinces demeurent.
☛ voir l'article de La Montagne

Photo extraite de l'article de La Montagne © Photos Frédéric lherpiniere
En dépit de la volonté révolutionnaire de faire disparaître ces anciennes appellations connotées “ancien régime” en les remplaçant par des noms de rivières, Corrèze, Dordogne et Lot, ces noms perdurent en effet. Même si aujourd'hui, la restructuration régionale n'a conservé que deux entités administratives, la Nouvelle Aquitaine et l'Occitanie, les “trois provinces” d'antan gardent toute leur place dans les cœurs… et dans l'identité touristique.

Participation de l'ECBP

Nous étions 11 membres du club à participer, dont sept routiers et quatre vététistes. Deux féminines étaient présentes : Marie-Ange et Monique.

L'ECBP à Gignac
Les sept routiers étaient venus pour découvrir le parcours concocté par Michel Ponchet, l'organisateur de cette concentration. Au programme : 62 km pour environ 850 m de dénivelé positif.

Dès le départ, nous franchissons une première frontière pour rejoindre Estivals, en Corrèze et donc en Limousin.

Eglise d'Estivals
 Par de jolies routes tranquilles et vallonnées, nous arrivons en vue de Turenne.

Turenne
Peu avant d'arriver à Nespouls, Ronnie me signale qu'il a aperçu des montgolfières dans le ciel. Je répercute l'info… que Marie-Ange reprend en précisant qu'il y en a une blanche et une rouge. Et soudain, grand éclat de rire! Ce ne sont pas du tout des montgolfières… mais des balises sur des fils à haute tension!… Gag! Ou plutôt “joke”, n'est-ce pas Ronnie!

Haute tension!
La photo suivante est peut-être prise à Chasteaux… Je ne suis pas sur du nom du village, mais certain en revanche que le décor m'a plu…

Vignes
Au hameau du Soulier, une hésitation. Un panneau indique le Lac du Causse à gauche (indiqué sur la feuille de route), mais le GPS dit d'aller à droite. Nous allons donc à droite mais certains se posent des questions car la route nous éloigne du lac. Allons-nous apercevoir ce lac un peu plus loin? C'est au bout d'une belle grimpette que se trouve la réponse… en image!

Lac du Causse et église de Lissac sont en vue
Nous allons même le voir pendant un bon moment. Après Lissac, depuis la route en corniche qui surplombe le lac, le panorama est superbe.

Lac du Causse
En chemin, Thierry nous pose une question : le lac est-il naturel ou artificiel? L'évacuateur de trop-plein que nous apercevons à l'extrémité du lac lui apporte la réponse.

Lac du Causse : l'évacuateur de trop-plein
La réponse est confirmée par la présence d'un modeste barrage en remblais que nous empruntons pour traverser la vallée de la Couze, l'affluent de la Vézère dont les eaux alimentent le lac.

Barrage du Lac du Causse
Nous arrivons bientôt à Saint-Cernin-de-Larche.

Eglise de Saint-Cernin-de-Larche
C'est là que Michel, via la trace GPS, nous propose une des surprises dont il a le secret : l'ascension d'un “ranquettou”! Dans d'autres régions, on dirait un “rampaillou”… Bref, un raidard!!! Pas plus de 400 m, mais à 14% de pente moyenne, dont 100 m à 17% et de courts passages au-dessus des 20%.

Jacky et Ronnie dans le ranquettou de Saint-Cernin-de-Larche…
Comme dans une étape récente du Giro arrivant au Zoncolan, notre petit peloton est vite éparpillé… Les fortes pentes ont fait la sélection!

… suivis de Marcel
La récompense de ces efforts intenses, c'est une vue étendue sur la large vallée de la Vézère.

Encore un panorama!
C'est un peu avant d'arriver à Chavagnac que nous changeons à nouveau de province : fini le Limousin, nous voilà en Périgord!

Chavagnac
Monument historique, la Tour de Chavagnac est la tour de guet d'un ancien château féodal, détruit par un incendie avant la Révolution Française.

Tour de Chavagnac
Sur le retour, nous ne nous attardons pas à Nadaillac, dont Michel nous a pourtant recommandé la visite… Certains semblent pressés de retrouver le Quercy, tout proche, puis le moulin de Gignac. L'appel de l'apéro?

L'appel de l'apéro!
Tandis que nous visitions les trois provinces, nos amis vététistes se sont régalés sur le circuit élaboré par Bernard B. Peut-être nous raconteront-ils prochainement leur périple…

Le retour des vététistes (photo Michel Ponchet)

Pique-nique

Les retrouvailles entre routiers et vététistes ont donné l'occasion d'une photo commune devant le moulin de Gignac (merci à Lou Bob pour la prise de vue!).

Moulin de Gignac
La matinée s'est conclue par un pique-nique façon “auberge espagnole”, où chacun a dégusté ce qu'il avait apporté, mais aussi partagé boissons et victuailles…

Pique-nique
 La concentration n'était pas seulement “cyclotouristique”. Manifestement, elle se lit aussi sur les visages…

Pique-nique gastronomique
Notre accordéoniste était un peu à l'écart, mais rien à voir avec l'exclusion d'un barde gaulois bien connu. Il voulait juste étrenner une superbe couverture de pique-nique… Je l'ai testée : elle est top!

Pique-nique
Pendant le repas, certains en ont profité pour s'instruire. Ils ont ainsi appris qu'après avoir été longtemps abandonné, le moulin a été complètement restauré au cours de l'hiver 2016-2017.  Une anecdote concernant ce moulin mérite d'être relatée : en 1920, deux hommes s'en prétendaient propriétaires. L'un des deux a tué l'autre mais quelques mois plus tard, la cour d'assises de Gourdon l'a acquitté! La notice explicative présente sur les lieux ne dit pas pourquoi.

Un moulin récemment restauré
Pour conclure, il me reste à remercier Michel, Viviane et les Cyclos Randonneurs du Quercy pour cette excellente initiative. Super tartines, excellent rosé pamplemousse bien frais, avec la convivialité et le beau temps en prime. Tout le monde était ravi d'être venu à ce rendez-vous!

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Claude
Photos personnelles (sauf mention contraire)

LIENS :

☛ Toutes nos photos sur le compte ECBP de Google photos
☛ La trace sur Openrunner : 8431440
☛ Le site des Cyclos Randonneurs du Quercy
☛ Le récit de Michel Ponchet
☛ Le récit de Daniel A. du club de Cahors