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dimanche 26 septembre 2021

AU CŒUR DE LA CHÂTAIGNERAIE CANTALIENNE, AU DÉPART DE SOUSCEYRAC (LOT), par Marie-Ange

En ce 26 septembre, l'été s'en est allé... L'automne frappe à nos portes. Afin de profiter pleinement de ce changement de saison, notre président de club, Michel P., nous propose de nous retrouver pour une sortie à la journée dans la châtaigneraie cantalienne. Il est parfaitement conscient que l'automne sied à merveille à cette région.

Malgré un ciel gris et brumeux, nous ne sommes pas moins de douze Cyclo Randonneurs du Quercy à nous engager sur cette aventure castagnaire (castanhaïre). Pour ma part, je qualifierais volontiers cette balade de "Randonnée retour aux sources", une occasion de me reconnecter à la terre de mes ancêtres et à mon histoire familiale.

Sousceyrac, commune lotoise située aux portes du Cantal, est choisie comme point de départ et d'arrivée de notre boucle cycliste. En 1931, cette bourgade et plus précisément son auberge de campagne ont connu leur heure de gloire lorsque l'écrivain Pierre Benoit choisit ce lieu comme cadre de son roman "Le déjeuner de Sousceyrac".

Auberge : Le Déjeuner de Sousceyrac (photo Michel P.)

Le restaurant étoilé est toujours là et je recommande cette table, qui a inspiré un roman, ainsi que la carte des menus à notre ami Michel B., le fin gourmet du groupe ! Dans le roman, le menu est rabelaisien : foie de canard et saladier d'écrevisses, puis truites et cèpes farcis, civet de lièvre et poulet, etc.
Ne rêvons pas, nous ne nous sommes pas inscrits pour une randonnée gourmande mais bien pour une cyclo qui s'avèrera au final très sportive !

Il est un peu plus de neuf heures lorsque nous mettons le cap sur le département voisin, le Cantal et c'est devant l'école de Saint-Saury que le groupe se reforme après la première grimpette d'échauffement de la journée. Guy s'étonne d'avoir passé le Mémorial de la Résistance de la Luzette sans même s'en apercevoir. C'est ça "avoir le nez dans le guidon"! Par contre, il nous est impossible de passer à côté du Roc Rôti sans le voir. Cet ensemble mégalithique remarquable, en forme de menhir, se dresse au bord de notre route.

Le mémorial de la Luzette (photo Michel P.)

Un peu plus loin, la chapelle du Bourniou et la source miraculeuse Saint Géraud, gardées par un troupeau de vaches, des Salers, sont une halte obligée entre Saint-Saury et Roumégoux. "Bourniou", en occitan, désigne une "ruche-tronc", utilisée par les apiculteurs au temps de nos ancêtres. Une ruche façonnée dans un tronc de châtaignier évidé sur lequel on posait une pierre plate, la lauze.

La Chapelle-du-Bourniou (photo Michel P.)

Nous poursuivons notre pèlerinage vers la ville du Rouget dont le centre est animé en ce dimanche matin par le marché, précieux élément de la vie dominicale locale. Claude voudrait bien aller voir l'église Sainte-Thérèse à l'architecture moderne et aux vitraux contemporains, mais le petit groupe file déjà vers Saint-Mamet-la-Salvetat. Pas le temps de musarder ! Claude se consolera avec une photo trouvée sur Internet…

Le Rouget : Église Sainte Thérèse (photo Internet)

Saint-Mamet-la-Salvetat, site BCN-BPF de la FFVélo, est un joli bourg aux maisons en granit recouvertes par des toits de lauze. 

Saint-Mamet-la-Salvetat (photo Claude)

Nombre de mes ascendants paternels ont vécu sur le territoire de cette commune et plus précisément près du village de La Salvetat. C'est dans l'église de ce village qu'en 1768, mon ancêtre Antoine Vernier, scieur de bois fraîchement débarqué de son Aveyron natal, est venu chercher une épouse.

Au 13ème siècle, La Salvetat était une commanderie appartenant aux chevaliers-hospitaliers de l'Ordre de Malte et le lieu s'appelait "La Sauvetat". Cette commanderie était une sorte de grosse ferme qui avait une double vocation : d'une part, accueillir les pèlerins et d'autre part, servir de péage pour le bénéfice de l'évêque du Puy. Et à la sortie de Saint-Mamet, il est justement question de péage.

Les chasseurs de cols sont bien renseignés sur l'existence d'un passage entre Saint-Mamet et Vitrac. Ce passage se nomme "Pas du Péage". Ils suggèrent donc au reste du groupe une variante par rapport au trajet initialement prévu pour aller le franchir. La proposition est fort bien présentée : il n'y aura pas de montée supplémentaire! Celle-ci est donc convaincante et bien reçue par l'ensemble de l'équipe qui ne rechigne pas à les accompagner.

Au hameau d'Uzols, nous prenons la direction d'Uzolet. Aux intersections, des panneaux de direction, "Pas du Péage", nous signalent que nous progressons sur la bonne voie. 

Hameau d'Uzolet : direction "Pas du Péage" (photo Claude)

Le fameux "col", dont l'altitude avoisine les 685 m, est localisé sans problème et sans effort superflu mais, curieusement, le panneau indique : « Pas DE Péage ! »
— Pour le coup, c’est vraiment un col gratuit !, se réjouit Michel P.

Pas du Péage, alt. 685m (Photo Marie-Ange)

La descente qui s'ensuit, vers Vitrac, se fait avec les deux mains sur les cocottes de freins. Gravir le Pas du Péage dans le sens inverse de celui par lequel nous l'avons fait ne doit pas être une simple formalité.

Grange restaurée, aperçue pendant la descente vers Vitrac (Photo Claude)

À Vitrac, nous voici en plein territoire naturel de la Châtaigneraie cantalienne. Cette région doit son nom au châtaignier, "l'arbre à pain" ou encore "l'arbre nourricier" car c'est lui qui garantissait la survie de familles entières pendant les périodes de maigres récoltes, d'extrême pauvreté et de famine. La petite commune tranquille offre à nos regards un certain nombre d'œuvres en trompe l'œil.

Vitrac, maison avec décor en trompe-l'œil (photo Claude)

Le bistrot-épicerie-restaurant de la place de l'église porte lui-même le nom de "Tromp' l'Œil". Michel P. nous demande de poser pour la photo de groupe, photo-souvenir dans un havre de paix.

Entre Vitrac et Boisset, nous empruntons les belles petites routes de traverse, comme nous les aimons, éloignées des sentiers battus, dans une nature intime, discrète, en marge des circuits touristiques. Le calme règne dans les gorges de la Rance. Nous sommes peinards sur cette petite route "partagée" qui suit le cours sinueux de la rivière. Nous ne slalomons pas pour éviter les trous sur la route car il n'y en a point. Le revêtement est superbe. Nous zigzaguons pour éviter d'engager nos roues sur les boules épineuses tombées sur la route. Ici, les bogues sont de la taille XXL. Et malgré toutes ces enveloppes hérissées de piquants, malgré l'humidité ambiante, nous ne subirons aucune crevaison.

Vallée de la Rance (photo Michel P.)

Nous quittons l'agréable vélo-route qui longe la Rance pour nous hisser jusqu'à Bonnemayoux.

Bonnemayoux (photo Claude)

Nous redescendons ensuite à Boisset. Je retrouve le berceau de mes ancêtres maternels, une terre à la croisée de mes chemins de vie, un village qui m'accueille aujourd'hui, pour un instant, malgré mes longues absences. Je n'étais pas revenue ici depuis une vingtaine d'années au moins. Le camping et la piscine municipale où j'avais l'habitude, durant la saison estivale, de retrouver mes copains de vacances sont toujours là et c'est justement à cet emplacement que nous décidons de faire notre pause pique-nique. 

Boisset : pause pique-nique (photo Michel P.)

A cette époque de ma jeune vie, j'étais bien loin d'imaginer que je reviendrai un jour à vélo dans ces mêmes lieux. Le soleil s'est invité au repas. Le temps est lourd et de gros nuages noirs passent au loin. Nous avons une petite idée de ce qui nous attend après le casse-croûte, la deuxième partie du circuit concentrant plus de difficultés en terme de montée que le chemin parcouru ce matin.

Dès la sortie de Boisset, après le franchissement du pont sur le Moulègre, la route commence à monter. La tentation est grande de faire le détour par La Viguerie, lieu-dit où naquit ma grand-mère. Mais je ne peux abandonner mes compagnons de route.  A la gare de Boisset, je n'ai d'autre choix que de prendre avec eux  la direction de Cayrols. Nous  marquons un arrêt à Pradeyrols afin de reprendre notre souffle. Quelques gouttes intermittentes mais annonciatrices de précipitations, viennent contrarier notre balade. Un coup, c'est soleil, un coup, c'est nuage, un coup, c'est pluie. Du coup, nous bâchons et débâchons et rebâchons encore... Il faut rallier Cayrols à temps !

Alors que nous espérions échapper au passage pluvieux, une belle averse, entre Cayrols et Parlan, contraint une partie du groupe à trouver refuge sous l'avancée d'un toit, et l'autre partie sous un arbre.

Tous aux abris! (photo Michel P.)

Plus question de distanciation physique ni de geste barrière ! Nous attendons patiemment que la pluie cesse, étroitement surveillés par le chien de la ferme qui se demande comment il va devoir faire pour rassembler un tel troupeau, avec de drôles de brebis égarées de chaque côté de la route !  

Tous aux abris! (bis) (photo Michel P.)

Sitôt l'éclaircie en vue, nous reprenons notre périple parmi prairies et les cultures. À Parlan, Michel P. et Guy ne semblent pas d'accord sur la route à prendre. Comment parvenir jusqu'à Labastide-du-Haut-Mont ? Après quelques hésitations et retour sur nos pas, nous nous enfonçons dans les bois sur une petite route qui n'en finit pas de grimper. Une chasse est en cours. Rolande et moi nous adressons à un chasseur afin de nous rassurer. Sommes-nous sur le bon chemin qui mène au point culminant du Lot ? Il nous encourage effectivement à continuer mais en souriant lorsque nous lui demandons si cela monte encore longtemps. « Une descente jusqu'au ruisseau mais ensuite ce sera la surprise ! Je ne vous en dis pas plus ! » Nous avons compris...

Grrr ! Les surprises de Michel P. !

Nous laissons le Cantal derrière nous pour retrouver le département du Lot et son plus haut village, Labastide-du-Haut-Mont se situant à 783 m d'altitude, 788 m pour la table d'orientation. Et qui dit "table d'orientation", dit "panorama"…

Labastide-du-Haut-Mont (photo Michel P.)

La table d'orientation semble passionner nos cyclotouristes…

Labastide-du-Haut-Mont (photo Claude)

Que ça fait du bien de profiter du panorama sous le soleil!

Labastide-du-Haut-Mont (photo Claude)

Ainsi, tous les participants ont eu le temps de retrouver souffle et sourire pour la photo finale !

Labastide-du-Haut-Mont (photo Michel P.)

Au cours de cette pause, Pierre me signale que Labastide-du-Haut-Mont est un point incontournable pour celles et ceux qui s'inscrivent sur la randonnée permanente de "L'Étoile quercynoise" (label n°160). Merci à l'organisateur de bien stipuler sur la fiche d'inscription que les petits braquets sont indispensables !

Labastide-du-Haut-Mont (photo Claude)

Un coup d'œil à l'église avant de quitter Labastide-du-Haut-Mont. Après tous les efforts consentis (environ 1250 m de D+ en 75 km!), le retour à Sousceyrac par Asfaux et les petites routes rurales nous semble presque facile.

Tout au long de cette magnifique sortie, mes souvenirs se sont bousculés, tellement ils sont nombreux dans ce petit coin du Cantal qui résonne toujours aussi fort dans mon cœur.

Texte de Marie-Ange
Photos de Claude ou de Michel P., sauf mention contraire

dimanche 5 juillet 2020

DE PINSAC AU MONT SAINT-JOSEPH (LOT)

Les balades à vélo “à la journée” redémarrent très fort!

Tous les ingrédients étaient réunis ce dimanche 5 juillet 2020, à Pinsac, dans le Lot, pour une belle reprise des sorties à la journée : l'ambiance chaleureuse des retrouvailles, l'accueil de la famille Maroselli, une météo idéale, un parcours du jour haut en couleurs et en grimpettes.

Couleurs d'été sur Rocamadour (photo Michel P.)

Pour cette reprise exigeante (86 km et 1300 m de dénivelé), nous étions sept à prendre le départ à Pinsac  (lieu de départ et d'arrivée) sous le coup des 9h30 (les 3 "Michel", Pierre, Lou Bob, Claude et moi-même).

Pierre, Bob, Michel, Claude, Michel L. et Marie-Ange (photos Michel P.)

L'itinéraire a débuté par le passage d'une rive à l'autre de la Dordogne sur le pont de la Treyne.

La Dordogne vue depuis le pont de la Treyne

L'ouvrage métallique qui enjambe la Dordogne fait actuellement l'objet d'une remise en peinture.

Pont de la Treyne en travaux

Nos premiers tours de pédale (Michel P. ignore encore à ce stade de la balade qu'il va finir par perdre les siennes!) nous mènent au pied du château de Belcastel (commune de Lacave). Cet imposant monument, en surplomb sur une falaise, au confluent de la Dordogne et de l'Ouysse, a servi de décor à plusieurs scènes du film de Georges Lautner, "Quelques messieurs trop tranquilles". Une pause photo s'impose. 

Château de Belcastel

Le trio des Michel explose, l'un d'eux boudant cet arrêt pour aller vivre sa vie, cavalier seul sur sa monture à assistance électrique!
Mais dès le début de la montée en direction de Rocamadour, notre ami Bob est victime d'une crevaison. Premier contretemps de la saison une, épisode un sur trois (à suivre)!

A la fin de la montée, qui a éparpillé les troupes, le regroupement s'opère devant l'entrée du musée de la Grotte des Carbonnières et du “Préhisto Dino Parc”.

Squelette de tyrannosaure

La halte suivante a lieu au hameau de l'Hospitalet, avec une vue imprenable sur la cité religieuse de Rocamadour. C'est là que nous avons retrouvé notre Michel "échappé", lequel profitant de son avance sur le grupetto, nous attendait sagement assis à l'ombre des arbres. 

Rocamadour depuis L'Hospitalet

L'équipe reconstituée, nous avons choisi de ne point nous attarder et avons pris la direction de Gramat. Après la descente, nous traversons l'Ouysse. La remontée vers le Causse nous offre des vues différentes sur Rocamadour.

Rocamadour

Au sommet de la côte de Rocamadour, sur le bord de la route, un paparazzi nous guettait! Marie-Louis était venu à notre rencontre afin de partager la suite des réjouissances en notre compagnie. Sur le Causse, entre Rocamadour et Gramat,  nous avons pris le temps d'admirer une chapelle près du château de la Pannonie.

La Pannonie (photo Internet)

Les secondes passant, les minutes s'écoulant, les heures s'égrenant, et parfaitement conscients que nous étions en retard sur le timing, nous n'avons fait que traverser Gramat, pressés que nous étions de regagner Aynac, mais en prenant soin tout de même de  lever le nez du guidon et de tourner nos regards vers le Château de Saignes que nous laissions derrière nous.

Château de Saignes

C'est à partir d'Aynac, sur la petite route qui grimpe au Mont Saint-Joseph, que les choses ont commencé à se gâter pour moi. Il était plus de treize heures, la faim me tenaillait, la chaleur s'était invitée, la pente était très raide et mes jambes ne répondaient plus. J'ai dû mettre deux fois pied à terre avant d'atteindre le haut du rampaillou, accueillie par les sourires et la bonne humeur de Viviane et d'Henriette qui étaient venues nous rejoindre en voiture! Prévoyantes et prévenantes, elles avaient apporté le stock de boissons fraîches. Qu'elles en soient mille fois remerciées! C'est au pied de la chapelle du Mont Saint-Joseph (commune de Saint-Jean Lagineste) que nous avons reconstitué nos réserves de glycogène tout en veillant à bien respecter les consignes de distanciation physique!

Pique-nique au Mont Saint-Joseph

Claude a même profité  d'un muret à l'ombre pour faire une micro-sieste. La deuxième partie du parcours nous attendait... avec son lot de pépins! Michel P. fut le premier à subir un ennui mécanique en cassant une pédale. Pendant qu'il tentait une réparation sur son pédalier, un rhinocéros volant le surveillait!

Rhinocéros

Mais il fallut se rendre à l'évidence: la randonneuse avait besoin d'un remorquage!  La seule solution fut de prévenir Viviane, pilote de la voiture d'assistance de l'équipe, qui embarqua le cyclo contraint à l'abandon ainsi que son vélo. Je précise "de l'équipe" car comme nous allons le voir plus loin, le véhicule d'assistance allait encore servir!

Pierre me dit alors : "Jamais deux sans trois"! Et pour lui donner raison, ce fut au tour de Claude d'essuyer une crevaison au moment de l'arrêt devant l'église de Padirac où nous venions de saluer Marie-Louis qui reprenait le chemin de Gramat. En cause : une maudite punaise sur le parvis de l'église Saint-Julien dont nous venions d'admirer la magnifique charpente en bois en forme de voûte arrondie ! Incident mineur vite pris en main par Claude, avec l'aide de Bob.

Eglise de Padirac (photo Internet)

Ce fut à partir de Miers que les forces commencèrent à m'abandonner. Un jour "sans" malgré la protection de tous ces saints! Mais encouragée par mes compagnons de route, je décidais de m'accrocher coûte que coûte. Nous finîmes par retrouver la Dordogne entre Meyronne et Saint-Sozy.

La Dordogne entre Meyronne et Saint-Sozy

Mais restait encore à franchir la colline entre Saint-Sozy et Pinsac. Une montée d'environ 4 km avant de basculer sur Pinsac. Fatiguée, je décidais d'abandonner et de monter à mon tour dans le véhicule d'assistance. Michel et Viviane eurent la délicatesse de me conduire au sommet de cette ultime bosse où j'attendis avec eux l'arrivée des copains avant de replonger sur Pinsac en leur compagnie.

Pierre et Claude à leur arrivée au sommet de la dernière côte (photo Michel P.)

A notre arrivée, nos hôtes nous ont généreusement offert rafraîchissements et gourmandises, qui furent les bienvenus! Un grand merci à Marylène et à Pierre! Sans oublier nos compagnons de route de cette journée mouvementée!

Marie-Ange
Photos de Claude, sauf mention contraire (Michel P. ou Internet)

mercredi 20 mai 2020

ENTRE LOT ET CÉLÉ ou DE VERS AU COL DES LIÈVRES

Drapeau vert et ambiance estivale pour une sortie à vélo "dé-confinée"

Pour Claude et moi, la tentation d'aller découvrir de nouvelles routes dans la limite kilométrique autorisée était trop forte! Et l'envie d'aller franchir notre premier "nouveau" col d'après confinement encore plus forte!!!…

Col des Lièvres

Depuis notre lieu de résidence dans le Périgord noir, la zone maximale de sortie du confinement nous offre une palette de possibilités en nous permettant de nous rendre dans des parties de la Corrèze, du Lot, de l'Aveyron, du Tarn-et-Garonne, du Lot-et-Garonne et de la Gironde. Privés en avril de l'événement "Pâques en Quercy" à Cajarc, nous avons donc profité de notre semi-liberté du mois de mai pour nous "déporter" chez nos voisins lotois et pour parcourir une soixante de kilomètres entre deux vallées, celle du Lot et celle du Célé, plus intimiste, plus secrète. Une formule "coup de coeur", une balade à la journée, un circuit au fil de l'eau, avec appareil-photo et pique-nique embarqués. Une boucle touristique par les deux vallées incluant un col à mi-parcours et un tronçon en aller-retour entre Vers et Conduché.

Entre Vers et le Col des Lièvres

Notre parcours

Nous débutons notre randonnée aux portes du parc naturel régional des Causses du Quercy, à Vers plus précisément, un petit village lotois situé au point de confluence de deux cours d'eau, le Lot et le ruisseau du Vers. Après avoir garé la voiture sur le parking de l'église de Vers, nous enfourchons nos montures, prêts à démarrer en direction du village de Saint-Géry. Pas de chance : un panneau de travaux "Route barrée" nous freine net!

Nous hésitons mais, au même moment, nous apercevons un véhicule qui arrive en sens inverse. Nous décidons donc de nous engager prudemment sur la RD 662, prêts à rebrousser chemin si nécessaire. Nous ne rencontrerons aucune difficulté jusqu'à l'entrée de Saint-Géry où des barrières de chantier rendent la traversée du bourg impossible par la rue principale. 

Route barrée à l'entrée de St Géry

Une courte déviation contournant le village par la halte nautique nous offrira l'opportunité de rouler au plus près du Lot et l'occasion de prendre quelques clichés de la rivière, du canal parallèle et de l'écluse.

Canal parallèle au Lot à St Géry

Nous nous engageons ensuite sur la route qui serpente entre la rivière Lot et la falaise, passons à Bouziès-Bas où Claude ajoute une photo de plaque de cocher à sa collection.

Bouziès-bas : plaque de cocher

A la sortie d'un tunnel creusé dans la roche de la falaise, la pause s'impose naturellement aux abords du pont suspendu de Bouziès…

Pont suspendu de Bouziès

La pause nous permet, en nous retournant, de dénicher dans le rocher le château des Anglais ou château du défilé des Anglais.

Château des Anglais

Nous reprenons ensuite notre route sur quelques kilomètres à peine pour bifurquer à gauche en direction de Cabrerets, quittant ainsi la vallée du Lot pour entrer dans celle, plus étroite, plus sauvage, du Célé. Je suis saisie par l'impression de calme et de sérénité qui se dégage dès l'entrée dans cette petite vallée. Ce ressenti ne se dément pas au fil des kilomètres. Nous croisons quelques cyclistes qui pédalent seuls ou bien à deux. Je me dis aussi que cette bien belle rivière doit être un vrai paradis pour les pêcheurs. C'est la vallée des moulins et des ponts.

Pêcheur sur le Célé, près du moulin de Cabrerets

L'imposant château de Cabrerets domine le village et semble veiller sur le moulin situé juste en contrebas.

Château de Cabrerets

Un peu plus loin, un habitat troglodyte borde la route et le château du diable se confond avec la corniche, surveillant ainsi le nouveau pont.

Cabrerets : château du diable et nouveau pont

Malgré un trajet étonnamment plat depuis des kilomètres, nous n'éprouvons pas de lassitude et les "arrêts photos" sont nombreux depuis notre départ, comme celui-ci à la Fontaine de la Pescalerie.

Fontaine et moulin de la Pescalerie

Mais les bonnes choses ont une fin! A Sauliac-sur-Célé, nous quittons à regret la vallée pour aller tâter de la bosse! Nous souhaitons aller chercher le col des Lièvres, celui qui manque encore à notre collection des cols du Lot et qui était inscrit au programme de "Pâques en Quercy". Ce col, qui, une fois franchi, nous permettra de replonger sur la vallée du Lot. Après avoir dépassé le pont qui enjambe le Célé, je prends la précaution de passer sur le petit plateau car mon GPS, mais également mes jambes, m'indiquent que la suite ne va pas être une simple formalité!

Pont de Sauliac-sur-Célé

Je vais devoir passer très rapidement de l'altitude de 150 m au niveau de la rivière à l'altitude de 350 m au niveau du col. La route s'élève rapidement et le village de Sauliac nous apparaît en miniature dans son décor de verdure…

Sauliac-sur-Célé

Je ne tarde pas à me rendre compte des effets néfastes des deux mois de confinement sur ma capacité à gérer du dénivelé positif! Il est midi et la chaleur (entre 28 et 30° à l'abri, sans air) s'invite sur cette route étroite. Heureusement, la majeure partie de l'ascension se déroule à l'ombre.

Pas de distanciation physique pour les moutons, confinés à l'ombre!

Il ne s'agit pourtant pas d'un grand col — environ 4 ou 5 kilomètres au total et pas de pourcentages de folie — et pourtant je souffre, physiquement et mentalement! La pente n'est pas régulière, avec une descente avant de ré-attaquer le final sur un kilomètre. Je n'aime pas ça, pas ça du tout! Claude est à l'aise. Sa préparation lors de notre séjour en Espagne à l'époque d'avant Covid-19 aurait-elle encore des effets bénéfiques? Ai-je trop fait de home-trainer? Je ne comprends plus rien à l'histoire! Mes efforts sont tout de même récompensés…

Arrivée au Col des Lièvres (353 m)

Nous décidons de différer notre pique-nique car le col est en plein soleil et l'unique table à l'ombre d'un arbre est recouverte par les hautes herbes. La sage décision de redescendre tout de suite vers la vallée du Lot est adoptée à l'unanimité! La descente n'est pas immédiate et il nous faut dépasser le hameau de Nougayrac et nous arrêter au point de vue panoramique des "Granges" pour apercevoir enfin le Lot qui déroule, tout en bas, ses méandres. OUF! Le plus dur est derrière moi!

Le Lot

Nous n'avons plus qu'à nous laisser glisser jusqu'à Saint-Martin-Labouval…

Saint-Martin-Labouval

Sur la Grande Place, les majestueux platanes nous offrent ombre et fraîcheur. Plusieurs tables de pique-nique sont à notre disposition et de ce fait nous appliquons les gestes barrières, Claude installé à une table et moi à l'autre. Plus de dix mètres nous séparent. Nous ne croisons personne, il n'y a pas âme qui vive entre midi et treize heures à Saint-Martin-Labouval. J'ai l'impression très étrange de déambuler dans un village fantôme.

Grande Place de Saint-Martin-Labouval

Je ferais bien une petite sieste mais le retour nous attend et nous ne tenons pas à nous attarder. Nous traversons Tour-de-Faure, apercevons de loin, sur l'autre rive, le joli village perché de Saint-Cirq-Lapopie (BCN-BPF du Lot), sagement accroché à sa falaise.

Saint-Cirq-Lapopie (photo Marie-Ange)

A Condat (ou Conduché), Claude s'arrête sur le pont du Célé espérant apercevoir la confluence du Célé et du Lot. Hélas, celle-ci n'est pas visible depuis la route.

Le Célé, à proximité de sa confluence avec le Lot

A partir de là, nous retrouvons, dans le sens opposé, le tronçon en aller-retour de notre itinéraire, puis la petite déviation de Saint-Géry.

Route barrée à l'entrée de St Géry : le retour!

A l'entrée de Vers, à hauteur du panneau "route barrée", un automobiliste et deux cyclistes interpellent Claude afin de savoir "si ça passe"! Après tout, il suffit parfois d'oser et d'aller voir par soi-même!

En quittant Vers, nous saluerons, depuis notre voiture, deux cyclistes de Cahors Cyclotourisme —reconnaissables à leur maillot jaune et bleu— en route pour leur sortie de l'après-midi! C'est l'occasion d'adresser une pensée amicale à tous nos amis lotois, que nous espérons retrouver très vite pour de belles sorties conviviales… en peloton!

Marie-Ange
Photos de Claude, sauf mention contraire