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mardi 16 juin 2015

PARIS-BAYONNE 2015 : VIEUX RÊVES ET PYRÉNÉES

L'aventure "Paris-Bayonne" est terminée. Le moment est venu de dresser un premier bilan de cette expérience.

Ce qui domine, à cette heure, c'est la profonde satisfaction d'avoir réalisé quelques vieux rêves. Le plus vieux d'entre eux remonte à mon enfance, à l'époque où je me rendais en Espagne en famille. Nous traversions les Pyrénées — en voiture! — en passant par Oloron-Sainte-Marie puis le Col du Somport ou le Col du Pourtalet. J'avais une dizaine d'années et j'étais émerveillé par la beauté des paysages. Déjà, j'avais envie de faire du vélo dans ce décor magnifique, de grimper des cols dans les Pyrénées. Ce que je n'ai pas eu l'occasion de faire avant ce mois de juin 2015!

Col d'Aubisque : beauté du décor!

A l'époque, quand je suivais le Tour de France à la télé, les étapes des Pyrénées me séduisaient toujours davantage que celles des Alpes, montagnes que je ne connaissais pas en vrai. Et pour moi, les Pyrénées mythiques, c'était le Tourmalet bien sûr, mais aussi l'Aubisque, Soulor, Aspin, Peyresourde... et le Col de Menté!

Au Col du Tourmalet : col mythique et sommet de ce Paris-Bayonne

Le Col de Menté, c'est par lui que nous avons abordé la haute montagne sur ce Paris-Bayonne 2015, au cours de l'étape Auch - Bagnères-de-Luchon (176 km à l'arrivée). Tout un symbole car c'est un col qui, dans ma mémoire, est associé à une très vive émotion. C'était le 12 juillet 1971, au cours de la 14e étape du Tour de France, Revel - Luchon. Ce jour-là, Luis Ocaña chuta dans la descente détrempée du Col de Menté et fut contraint à l'abandon alors qu'il portait le maillot jaune.

Ocaña à terre dans la descente du Col de Menté, le 12/07/1971 (photo Internet)
Fervent supporter d'Ocaña, j'en ai pleuré devant ma télé! J'avais 16 ans et, 44 ans plus tard, comme par un fait exprès, je me suis retrouvé dans ce col sous un violent orage de grêle.

Orage sur Ger-de-Boutx, dans la montée du Col de Menté

Les grêlons qui claquent sur le casque, les grêlons qui craquent sous les roues, les grêlons qui font mal quand ils tombent sur les avant-bras... Avec éclairs et tonnerre par dessus le marché! Impressionnant!

Je me suis abrité quelques minutes sous un arbre, suivant l'exemple d'Alain, de Robert et de Babeth. A ce moment-là, j'ai senti monter en moi une détermination inattendue. Pas question de rester là plus longtemps et de me refroidir, pas question de monter dans un véhicule... Et pas question de demander l'avis de mes compagnons d'infortune. « Moi, je repars! », ai-je dit. Ce que j'ai fait aussitôt, imité peu après par mes trois camarades. La grêle avait cessé, mais nous avons fini la montée sous le déluge. Au sommet, plus de pluie mais la température n'était que de 7°.

Arrivée au Col de Menté
En attaquant la descente, celle-là même où Luis Ocaña était tombé, je me suis auto-convaincu, sans que ce soit réellement réfléchi : « Moi, je ne tomberai pas! » Un parfum de revanche? Allez savoir! Peu importe, du moment que ça mobilise énergie et vigilance.

Au sommet, Jean-Marc (membre de l'encadrement) nous a mis en garde : « La descente est très dangereuse. Il y a des coulées de boue et beaucoup de feuilles sur la route. Faites attention! »
Par endroits, même s'il ne pleuvait plus, des petits ruisseaux traversaient la chaussée. Ces conditions ont incité certains cyclos à une prudence extrême qui les faisait descendre au ralenti. Avec Alain, sans avoir l'impression de prendre des risques, nous en avons doublé pas mal. Pour ma part, tout en contrôlant ma vitesse et mes trajectoires, je n'avais pas envie de m'éterniser outre mesure dans cette longue descente de 10 km.

En arrivant en bas, à Saint-Béat, j'ai cru que mes jambes ne pourraient plus recommencer à tourner. Mes genoux semblaient congelés. Il a fallu les remettre en service tout doucement, non sans qu'il m'en reste quelques séquelles sous forme de douleurs intempestives les jours suivants. Mes genoux n'aiment pas du tout le froid!

Ça m'a servi de leçon. Dans les longues descentes des étapes suivantes, même sous la pluie battante (notamment Aspin, puis Tourmalet), même quand il fallait freiner en permanence, j'ai toujours pensé à faire tourner les jambes, ou à les solliciter d'une manière ou d'une autre, parfois en pédalant à l'envers, parfois en me dressant sur les pédales. J'ai aussi couvert mes genoux pour les maintenir un peu plus au chaud. Et ça a fonctionné.

Col d'Aspin : j'ai pensé à couvrir mes genoux...

Au final, j'ai grimpé la plupart des grands cols pyrénéens du Tour de France. A ceux précédemment cités, j'ajouterai le Port de Balès, un costaud comme son nom le suggère (beaucoup s'en sont fait la remarque dans le peloton!) ou encore Marie Blanque, enfin un col gravi sous le soleil.

Marie Blanque sous le soleil

Bien sûr, lors de cette suite d'étapes pyrénéennes, j'aurais préféré n'avoir que du beau temps. Mais bizarrement, les mauvaises conditions météo, je les ai prises comme une opportunité de vivre, à ma modeste échelle, un tout petit bout de la légende du Tour de France. L'expérience n'en fut que plus forte.

Mon arrivée au Col d'Aspin (photo Alain G.)

Le cadeau inattendu de ce Paris-Bayonne a aussi un rapport avec le Tour de France, ainsi qu'avec la montagne et les Pyrénées en particulier. J'ai eu la joie, un peu enfantine certes, c'est-à-dire profonde et sans réserve, de côtoyer un ancien cycliste professionnel, Raymond Martin. Dix Tours de France à son actif, 3e et premier français en 1980. Également meilleur grimpeur du Tour cette année-là, et vainqueur de la superbe étape Pau - Luchon (avec au menu Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde!).

Podium du Tour de France 1980 : Joop Zoetemelk (vainqueur), Hennie Kuiper (2e) et Raymond Martin, avec le maillot à pois (photo Internet)

Raymond Martin fait partie de ces champions qui m'ont fait rêver dans ma jeunesse. Rouler à ses côtés, ce fut comme un complément énergétique naturel! Merci Raymond!

Claude
Photos : collection personnelle, sauf mention contraire. (Merci à ceux qui ont bien voulu effectuer les prises de vue des photos où j'apparais)

Avec Raymond Martin, au départ de l'étape Auch - Bagnères-de-Luchon.

vendredi 12 juin 2015

PARIS-BAYONNE 2015, 10e ÉTAPE : LAROIN (PAU) - BAYONNE

➜ Etape précédente : Argelès-Gazost-Laroin

Les données de l'étape

Distance : 126 km annoncés, 134 km au compteur.
Horaires de passage calculés sur une moyenne basse de 23,3 km/h.
Ma moyenne : 24,6 km/h.
D+ : 1870 (selon Openrunner), 1639 m selon GPS
Tracé officiel sur Openrunner : 4243590
Départements traversés : Pyrénées Atlantiques (64)
Temps couvert mais sans pluie. Eclaircies sur Bayonne.
Température moyenne : 17,3° 

Parcours de la 10e étape

Profil de la 10e étape

Le récit

Pour rejoindre Laroin, lieu du départ officiel, nous avions 8 km à parcourir depuis notre hébergement. Certains, logés plus loin, avait environ 12 km à faire. Bel échauffement, avant d'attaquer une étape non montagneuse, sans "cols", mais vallonnée à souhait!

Etape vallonnée (Photo Sylvain, AAOC)

A 7h30, le temps était couvert sur Pau et ses environs, mais pas de pluie. Jusqu'à Navarrenx, lieu de la pause café, nous avons enchaîné quelques belles bosses sous la grisaille, en compagnie d'un petit groupe dont l'allure nous convenait.

Navarrenx, pont sur le Gave d'Oloron

Sur les 20 km précédant Hasparren, j'ai eu un gros coup de mou. L'enchaînement de bosses casse-pattes, sans doute, mais aussi la fatigue accumulée depuis 10 jours qui m'est tombée dessus. Je me suis dit qu'il était temps que ça se termine!…

En arrivant à Hasparren, point de ravitaillement "plateau repas", Alain et moi avions parcouru depuis l'hôtel une distance de 98 km, avec environ 1300 m de dénivelé positif, à une moyenne de 24 km/h. La moyenne la plus basse prévue par l'organisation pour aujourd'hui étant de 23,3 km/h, nous étions dans les délais.

Hasparren : rassemblement avant dernier tronçon en commun

Nous étions attendus à Bayonne pour des festivités à partir de 14h30. La fin de l'étape, après le repas, s'est déroulée à allure régulée, à savoir entre 28 et 30 km/h (!), ce qui était une allure réellement modérée pour tous les costauds du peloton! Mes jambes étaient meilleures qu'en fin de matinée et j'ai pu tenir le rythme. Au moment de la neutralisation, destinée à organiser une entrée dans Bayonne bien encadrée par les véhicules et les motos, Alain et moi en avons profité pour trinquer ensemble.

Neutralisation, à l'entrée de Bayonne

A l'arrivée à Bayonne, l'heure était venue des remerciements et des récompenses. Pour ma part, je tiens à remercier toute l'équipe de l'organisation, qui nous a vraiment gâtés. Plus particulièrement, j'adresse un grand merci à Guy qui m'a d'abord donné l'envie de me lancer dans cette épreuve, puis qui m'a vivement encouragé à relever le défi.

Avec Guy, à l'arrivée à Bayonne

A l'issue d'une cérémonie protocolaire qui a su mettre à l'honneur tous ceux qui le méritaient, sans oublier personne, nous avons dégusté une sangria pour fêter tous ensemble le succès de cette aventure.

Défi réussi!

Pour moi, cela représente 1535 km en dix jours, avec un peu plus de 20 000 m de dénivelé et 14 nouveaux cols dans ma collection, dont un col à plus de 2000 m : le Tourmalet. Un bilan chiffré plus que satisfaisant.

Claude
Photos personnelles, sauf mention contraire

LIENS :
liens morts, cibles supprimées

➜ La présentation du Paris-Bayonne 2015 sur le site “Claude et Marie-Ange font du vélo”.
➜ Présentation sur le site de l'AAOC.
➜ Les photos de Sylvain : 10e étape.
➜ Les photos de l'AAOC (Franck et autres) : 10e étape.

jeudi 11 juin 2015

PARIS-BAYONNE 2015, 9e ÉTAPE : ARGELÈS-GAZOST - LAROIN (PAU)

➜ Etape précédente :  Arreau-Argelès-Gazost — Etape suivante : Laroin-Bayonne

Les données de l'étape

Distance : 140 km annoncés, 153 km au compteur.
Horaires de passage calculés sur une moyenne basse de 19 km/h.
Ma moyenne : 19,8 km/h (18 km/h au moment du repas).
D+ : 2830 m (selon Openrunner), 3341 m selon GPS
Tracé officiel sur Openrunner : 4242895
Principales ascensions : Col du Soulor (1474 m) + Col d'Aubisque (1709 m), Col du Porteigt (875 m) + Col de Marie Blanque (1035 m).
Autres cols franchis : Col de Labareille (1571 m), Col de Hourat (355 m).
Départements traversés : Hautes-Pyrénées (65), Pyrénées Atlantiques (64)
BCN-BPF : Col d’Aubisque (dépt. 64)
Temps couvert au départ, se dégageant progressivement, très beau à partir de Laruns, pluie sur les derniers kilomètres.
Température moyenne : 19,8°

Parcours de la 9e étape
Profil de la 9e étape

Le récit

Temps bien couvert au départ du casino d'Argelès-Gazost.

Argelès-Gazost

Nous allons commencer "à froid" par l'enchaînement "Col de Soulor - Col d'Aubisque"…

Caractéristiques du Col de Soulor + Aubisque

• Pente moyenne: 4.1 %
• Distance: 30.1 km
• Altitude départ: 463 m
• Altitude top: 1710 m
• Dénivelée: 1247 m
• Pente maximum: 9 %

Profil de l'ascension Soulor + Aubisque

Le temps est toujours couvert dans la montée du Col du Soulor. Les passages à 8% - 9% dès le démarrage ne me réussissent guère.

A la peine dans le Soulor (Photo Sylvain, AAOC)

J'effectue cette montée en grande partie en compagnie de Jean-Yves, du VCR Mandres-les-Roses.

Montée du Col du Soulor

Une petite photo à l'arrivée au Col du Soulor…

Col du Soulor (1474 m)

Entre Soulor et Aubisque, la route commence par redescendre un peu. Nous avons de la compagnie…

Entre Soulor et Aubisque

La route est superbe, malgré le temps toujours gris.

Route du Col d'Aubisque

Nous arrivons au Col d'Aubisque sans avoir eu une goutte de pluie, dans des conditions qui permettent enfin de retrouver le plaisir de pédaler en haute montagne et d'apprécier les paysages. Mes sensations commencent à s'améliorer.

Arrivée d'Alain au Col d'Aubisque

Une photo souvenir s'impose au Col d'Aubisque, mon 400e col dans le cadre du Club des Cent Cols, mais aussi l'un des sites BCN-BPF des Pyrénées Atlantiques.

Col d'Aubisque (1709 m), site BCN-BPF

Dans la descente vers Gourette, le ciel se dégage de plus en plus. Au passage, nous franchissons sans le savoir un col, que je ne repèrerai qu'une fois rentré à la maison : le Col de Labareille (1571 m).

À partir de Laruns : super beau temps! Cela nous permet d'apprécier pleinement le décor dans la vallée d'Ossau.

Gave d'Ossau

Nous abordons le Col de Marie Blanque par son côté le moins difficile. La première partie, qui est en fait l'ascension du Col du Porteigt (875 m), propose tout de même plus de 5 km avec une pente moyenne supérieure à 8%.

Début du Col de Marie Blanque

Caractéristiques du Col de Marie Blanque, par le Col du Porteigt
• Pente moyenne: 4.1 %
• Distance: 15 km
• Altitude départ: 420 m
• Altitude top: 1035 m
• Dénivelée: 615 m
• Pente maximum: 10 %

Profil de l'ascension Porteigt + Marie-Blanque

Mais la pente ne nous empêche pas d'apprécier le panorama!

Vallée d'Ossau, depuis la route de Marie Blanque

Sous le soleil, cette route est pleine de charme.

Chapelle de Houndas

Nous arrivons enfin au Col du Porteigt, qui n'est indiqué que sur un poteau de randonnée pédestre.

Col du Porteigt (875 m)

Le plateau de Roland nous offre un peu de répit sous forme d'un long replat avant la montée finale, au profil moins sévère.

Plateau de Roland

Sur ce secteur de l'ascension, on trouve à la fois des kilomètres à 0% de pente moyenne et des passages à 14%-15%, autrement dit une montée très irrégulière. Alain me prend en photo à mon arrivée au Col de Marie Blanque.

Col de Marie Blanque (1035 m)

Dans la descente de Marie Blanque, on peut se lâcher. La pente est forte, mais la route est belle, sèche, et peu sinueuse. J'en profite pour battre mon record de vitesse à vélo : 84,3 km/h.

Vitesse max.!

A 13h, nous sommes content d'arriver à Eysus, pour le plateau repas. Nous pensons alors que les 50 km de "plaine" qu'il nous reste à parcourir entre Eysus et Laroin ne seront qu'une formalité. Une succession de petites côtes très casse-pattes nous fera changer d'avis!…

En arrivant à l'hôtel, avec 153 km au compteur, je me dis : « Voilà une bonne chose de faite! Il ne reste plus qu'une étape et c'est dans la poche! »

Claude

LIENS :
liens morts, cibles supprimées.

➜ La présentation du Paris-Bayonne 2015 sur le site “Claude et Marie-Ange font du vélo”.
➜ Présentation sur le site de l'AAOC.
➜ Les photos de Sylvain : 9e étape.
➜ Les photos de l'AAOC (Franck et autres) : 9e étape.

mercredi 10 juin 2015

PARIS-BAYONNE 2015, 8e ÉTAPE : ARREAU - ARGELÈS-GAZOST

➜ Etape précédente : Bagnères-de-Luchon-Arreau — Etape suivante : Argelès-Gazost-Laroin

Les données de l'étape, option sans Hautacam

Distance : 80 km annoncés, 81 km au compteur.
Horaires de passage calculés sur une moyenne basse de 14,5 km/h.
Ma moyenne : 15,8 km/h.
D+ : 2173 m (selon Openrunner), 2283 m selon GPS
Tracé officiel sur Openrunner : 4242715
Principales ascensions : Col d'Aspin (1489 m), Col du Tourmalet (2115 m)
Départements traversés : Hautes-Pyrénées (65)
BCN-BPF : Col du Tourmalet (dépt. 65)
Temps très couvert et pluie
Température moyenne : 10° (7° en haut du Tourmalet, 6° au plus froid de la descente)

8e étape, parcours complet

Profil de l'étape, sans la montée à Hautacam

Le récit

Une petite pluie fine nous a accueillis ce matin, à 7h30, sur la ligne de départ, devant la mairie d'Arreau. Comme chaque matin depuis quelques jours, je vais faire soigner ma main gauche auprès des bénévoles de la Croix Rouge! Ils ont de la pommade magique! J'en profite pour les remercier de leur disponibilité.

Mairie d'Arreau, à quelques minutes du départ

La pluie était annoncée pour toute la journée, mais pas en continu. En fait, elle s'est calmée très vite et nous a épargnés durant toute la montée du Col d'Aspin, que l'on attaquait d'emblée, à froid.

Alain dans le Col d'Aspin (photo Sylvain, AAOC)

Caractéristiques du Col d'Aspin

• Pente moyenne: 6.5 %
• Distance: 12 km
• Altitude départ: 710 m
• Altitude top: 1489 m
• Dénivelée: 779 m
• Pente maximum: 10 %

Profil du Col d'Aspin, depuis Arreau

Je n'ai pas vu grand chose durant la montée, juste une trouée sur la fin pour apercevoir le col, entre une couche de nuages bas et un ciel bien gris…

Col d'Aspin

Après un peu plus d'une heure de pédalage, le sommet était en vue, toujours bien embrumé.

Fin de la montée du Col d'Aspin

J'ai juste eu le temps de prendre une photo souvenir avec le maillot du club, et la pluie s'est de nouveau invitée.

Col d'Aspin, 1490 m

Imperméables rapidement enfilés, nous avons  plongé dans la descente sous une averse qui nous a tenu compagnie jusqu'en bas, à Sainte-Marie-de-Campan, lieu de la pause café.

Sainte-Marie-de-Campan : pause café!

Là, compte tenu des conditions météorologiques, Alain exprime ses doutes, qu'on peut traduire ainsi : « Pas chaud pour le Tourmalet. Parfois, il faut savoir raison garder! Et puis peu importe si je suis petit joueur! »
Il faut dire que le Tourmalet, Alain l'a déjà grimpé à plusieurs reprises, ce qui n'est pas mon cas. Alain, qui avait envisagé à l'avance cette éventualité, a repéré sur la carte un itinéraire bis. Il a ainsi contourné la difficulté en passant par Bagnères-de-Bigorre puis Lourdes. Il m'a raconté à l'arrivée : « J'ai fait 75 km en tout. Je suis arrivé à 11h30 à l'hôtel à Argelès-Gazost. Impossible de récupérer le dénivelé car mon Garmin a planté! Il ne doit pas supporter l'humidité! »
Sa variante ne passant pas par Luz-Saint-Sauveur, lieu du repas officiel, Alain a dû de nouveau se contenter d'un petit resto.

Bonne route Alain!

Pour ma part, à Sainte-Marie-de-Campan, je n'ai pour l'heure qu'une seule petite inquiétude : et si l'organisateur décidait d'annuler le passage par le Tourmalet à cause de la météo? Je n'ai pas envie d'avoir fait tout ce chemin pour rien! Mais il n'en est rien! Ouf!

L'ami Guy M., qui a renoncé à poursuivre sur son vélo, constate que je n'ai que des gants courts. Il me prête une paire de gants longs aux couleurs de l'AAOC. Et je repars. Je fais à peine quelques mètres et tombe sur ce monument dressé en hommage à Eugène Christophe. Une phrase du champion reproduite sur le piédestal  me galvanise : « On n'abandonne jamais un travail que l'on a commencé. »


Sainte-Marie-de-Campan : monument à la mémoire d'Eugène Christophe

Et c'est parti pour l'ascension du Tourmalet : 16,9 km. A l'allure à laquelle je monte, il faut compter environ deux heures.

Tourmalet : les données du problème! (photo AAOC)

Caractéristiques du Col du Tourmalet

• Pente moyenne: 7.4 %
• Distance: 17.2 km
• Altitude départ: 847 m
• Altitude top: 2115 m
• Dénivelée: 1268 m
• Pente maximum: 10 %


Profil du Col du Tourmalet, depuis Sainte-Marie-de-Campan

Ça s'annonce très brumeux, mais il ne pleut plus. Je me sens confiant. Et avec les gants de Guy, il ne peut rien m'arriver! Je souris intérieurement!

Début du Tourmalet

On dirait même que le soleil essaye de sortir… Ça laisse entrevoir un paysage qui doit être magnifique… par beau temps!

Vue partielle et estompée d'un lac mystérieux

De temps en temps, des cyclos de l'organisation me doublent, parfois c'est moi qui les double. Nous échangeons quelques mots d'encouragements mutuels au passage. Dans les parages de La Mongie, la pente se maintient longtemps autour des 10%. Il ne faut pas trop y penser et garder le rythme.

Nous sommes quelques-uns à arriver à peu près ensemble au sommet, toujours sans pluie. Jean-Guy est là, avec le camion des boissons… fraîches! Mais il propose aussi du chaud. Bonne idée. Ce n'est pas inutile car il fait 7° en haut du Tourmalet! Le même Jean-Guy joue aussi les techniciens de prise de vue… car chacun souhaite conserver un précieux souvenir de cet instant! Merci pour la photo Jean-Guy!

Col du Tourmalet (2115 m) : Vincent, Babeth, Robert, moi et Alain n° 75.

Imperméable enfilé, je m'élance vers la descente… Deux contrariétés surgissent aussitôt : tout d'abord, il se remet à pleuvoir, et ça va s'accentuer au cours de la descente.  La pluie sur les lunettes, c'est déjà limite pour la visibilité. Mais en arrivant du côté de Barèges, il faudra y ajouter le brouillard… Dur-dur de voir la route et le fléchage!

Deuxième problème et pas des moindres : je constate dès le début de la descente que mon frein arrière, même serré à bloc, n'a aucun effet sur la rotation de la roue! Les patins sont déjà usés alors qu'ils étaient neufs au départ du Paris-Bayonne. Je vais devoir faire la descente avec le seul frein avant… Ma mission sera double : ne pas prendre trop de vitesse à cause de la route mouillée, mais ne pas trop freiner non plus pour ne pas bouffer les seuls patins qui me restent avant la fin de la descente.

Avantage de la situation : je n'ai pas le temps de penser qu'il fait froid : 6° dans la descente!

Je suis arrivé à Luz-Saint-Sauveur à 12h30. Je ne ressentais pas encore le froid en prenant mon plateau repas. C'est en mangeant que je me suis senti complètement frigorifié et que je me suis mis à grelotter. Je n'étais pas le seul de ce cas! N'est-ce pas, Martine…

Luz-Saint-Sauveur : Martine

Un rayon de soleil est apparu pendant que je mangeais. Mais quand je suis ressorti, il pleuvait à nouveau. Comme de nombreux cyclistes (plus de la moitié du peloton selon mes infos, non officielles), j'ai pris la décision de rentrer à l'hôtel et de zapper la montée sur Hautacam. Je suis rentré à Argelès-Gazost sous la flotte et en claquant des dents.

J'ai un très léger regret de ne pas avoir fait la montée à la station d'Hautacam. Mais outre le froid, je redoutais qu'après la descente du Tourmalet sous la pluie, les gommes “avant” ne rendissent l'âme à leur tour avant la fin de la descente d'Hautacam. C'était plus raisonnable de rentrer plus tôt à l'hôtel, de changer les patins usagés et de faire une petite sieste pour reprendre des forces en vue de la dure étape du lendemain (Soulor, Aubisque, Marie Blanque, etc.).

81 km et 2283 m de D+, en montant Aspin et Tourmalet, et en effectuant les deux descentes sous le déluge, on dira que ce n'était déjà pas si mal!

Claude
Photos personnelles, sauf mention contraire (AAOC)

LIENS :
Liens morts, cibles supprimées

➜ La présentation du Paris-Bayonne 2015 sur le site “Claude et Marie-Ange font du vélo”.
➜ Présentation sur le site de l'AAOC.
➜ Les photos de Sylvain : 8e étape.
➜ Les photos de l'AAOC (Franck et autres) : 8e étape.