samedi 20 juin 2009

ARDÉCHOISE 2009 : LES BOUTIÈRES, par Marie-Ange

18ème ÉDITION DE L'ARDÉCHOISE — SAINT-FÉLICIEN, ARDÈCHE
ou "MA PREMIÈRE PARTICIPATION À UNE CYCLOSPORTIVE”


Vendredi 19 juin 2009

Je suis arrivée en terre ardéchoise en tout début d'après-midi car Guy B. avait à cœur de me montrer la fin du parcours commun (Saint-Agrève / Saint-Félicien) en passant (en voiture) par les cols de Rochepaule et du Buisson. J'ai tout de suite compris ce qui m'attendait et la bonne intention de prise de repères s'est révélée être une mauvaise idée et s'est soldée par une nuit remplie de cauchemars : n'allais-je pas renoncer au 120 et me rabattre sur le 60 km?

Heureusement, Lalouvesc, village étape dans lequel nous logions, est un lieu de pèlerinage et sa basilique abrite les reliques de Saint Régis, patron des « randonneurs de Dieu », mort d'épuisement en ce lieu. J'apprends également que ce saint était né dans l'Aude, comme Michel C. et moi-même. Devais-je y voir un signe? N'allions-nous pas, Michel C. et moi, mourir d'épuisement à notre tour dans les passages « musclés » (pente à 15%) du col du Buisson? Alors, Michel C. qui n'est cependant pas un fervent adepte du vin de messe du dimanche matin, a fait une offrande à Saint Régis (on ne sait jamais, ça peut servir et le miracle de s'en sortir sans trop de souffrance est toujours possible!). Toujours à la fontaine de Saint Régis, nous avons pris bien soin, Michel C. et moi de faire couler de l'eau (bénite?) sur nos mollets et avons fait un vœu de prompt rétablissement en pensant à un ami cycliste absent et qui nous a beaucoup manqué! Qu'il faisait froid ce vendredi soir avec un Mistral qui s'était levé!

Pendant que nous étions attablés, nous avons oublié la bénédiction des cyclistes donnée à 21 heures en la basilique de Lalouvesc ; allions-nous le regretter?

Repas en commun à Lalouvesc

Samedi 20 juin 2009

Un proverbe dit : « la nuit porte conseil » ; j'avais peu et mal dormi mais au réveil j'avais pris la décision de tenir mes engagements, me lancer dans l'aventure des 120, avec ses 5 cols à 5 ou 6% de pente à franchir et ses 2122 m de dénivelé. Et puis, j'étais régulièrement et fidèlement « portée » par les SMS d'encouragements de Chantal et d'Eric F. qui avaient déjà participé à cette épreuve.

Je me suis donc retrouvée à 7 heures dans l'un des nombreux sas de départ, coincée au beau milieu d'un peloton de quelques milliers de cyclistes, avec l'impossibilité de faire demi-tour. Le départ officiel a été donné à 7H30 mais je n'ai pu « décoller » que 8 minutes après, le départ s'échelonnant sur plus d'une heure trente. Guy B. m'a accompagnée sur quelques kilomètres afin de vérifier mon comportement dans un tel peloton, puis chacun a géré sa propre cyclo d'un bout à l'autre.

Jean Ferrat a chanté les beautés de la Montagne et nul ne doute que le poète a toujours raison : le parcours était magnifique, sur les hauteurs ou dans des gorges... des vues à vous couper le souffle (et il ne fallait justement pas avoir le souffle coupé!). Les habitants de tous les villages traversés multipliaient les attentions à notre égard. Grâce aux dénivelés (les interminables montées et les longues descentes s'enchaînent), j'ai découvert des sensations inédites, d'autres dimensions et un authentique ravissement à pédaler en montagne et ce jusqu'à l'arrivée.

Sur la fin du parcours, j'ai été rattrapée et dépassée par nos « avions » : François F., Christophe, Patrick G., puis par Guy B. dans le col du Buisson qui m'a juste signifié que j'avais bien roulé ! Ils finissaient le parcours de la Volcanique, comptant 50 km, 4 cols et 1000 m de dénivelé de plus que moi!

Mes regrets : avoir pris mon temps, m'être trop souvent et trop longuement arrêtée par peur d'être prise d'un coup de fatigue, en avoir trop gardé sous la pédale de peur de m'effondrer. Mais après tout, la sagesse a payé puisque je suis venue à bout des difficultés sans problème.

Mes ennuis mécaniques : un saut de chaîne dans la dernière montée du col du Buisson d'où une arrivée à Saint Félicien avec les doigts noircis par la graisse. C'est ça aussi le vélo!

Mes soucis : le vent ; des bourrasques de vent latéral qui m'ont désagréablement surprise et déstabilisée par moment.

Mes satisfactions : retrouver l'Ardèche, terre que j'affectionne particulièrement ; atteindre sans problème l'objectif que je m'étais fixé et pour lequel je m'étais préparée consciencieusement malgré l'annulation de ma semaine d'entraînement à Laurac ; accomplir le parcours sans mettre une seule fois pied à terre, excepté aux ravitaillements.

Les plus : un bonus sous la forme d'un diplôme (pas de coupe!!!) et aucune crampe ni aucune douleur musculaire (miracle de l'eau sacrée de la fontaine de Saint Régis!).

L'ambiance : unique. Pour les mordus de vélo, il faut participer au moins une fois à cette fête du vélo et des villages ardéchois. Émouvant aussi l'instant des retrouvailles avec les « randonneurs » de Limeil (je laisse à Jean-Pierre B. le soin de nous narrer leur périple sur plusieurs jours et à Michel C. celui de nous raconter La Volcanique).
Je n'oublie pas non plus les rencontres humaines puisque j'ai fait d'agréables connaissances parmi les copains de Bernard O. et de François F.

Je dédie ce récit, cette tranche de ma vie à Guy B., Michel C., Yves B., qui m'ont permis, durant cette saison et plus encore à la veille de cette cyclo, de conserver moral et confiance en moi ; qu'ils soient remerciés pour la patience dont ils ont su faire preuve à mon égard !
Je joins un message à l'attention de Bernard O. : nous avons désormais une revanche à prendre, celle d'aller un jour ensemble en Ardèche. Relevons le défi en 2010 !

Marie-Ange




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