dimanche 4 septembre 2011

30e PARIS - CAMBRAI

220 KM, 1200 m de D+


L'arrivée à Cambrai 
Il y a un an, Paris-Cambrai marquait le début des sérieux problèmes de santé de notre ami Yves Feuilloy. Un an après, symboliquement, Yves était de retour sur Paris-Cambrai! En tant qu'accompagnateur! En effet, Yves n'était pas encore prêt pour un "200", malgré des heures de home-trainer et quelques sorties sur route. Cependant, il a tenu à participer à l'épreuve à sa façon, accompagnant Yves B. et Pascal L. jusqu'à la Tour Eiffel, départ de la rando, suivant le peloton en voiture jusqu'au premier ravitaillement d'Ermenonville, pour pouvoir nous encourager régulièrement, nous retrouvant à Thiescourt pour la pause casse-croûte (ce qui lui a permis de nous délester de quelques vêtements humides devenus inutiles avec le beau temps revenu). Enfin Yves F. est venu nous accueillir et nous féliciter à notre arrivée à Cambrai, et ramener Yves B. et Pascal L. au bercail

Yves, ton enthousiasme au cours de cette journée passée à nos côtés faisait plaisir à voir!

Yves accueille Pascal à son arrivée à Cambrai
C'est l'année dernière, à l'occasion de Levallois-Honfleur, qu'Yves B. m'avait parlé de Paris-Cambrai. J'étais resté avec l'idée que ça me tenterait bien de m'y engager... En rentrant de vacances, me sentant prêt pour l'aventure, j'ai téléphoné à l'organisateur pour savoir si les inscriptions étaient encore ouvertes. Chance! Il me restait 24h pour le faire! Inscription par Internet puis courrier pour envoyer mon chèque de 13 € avec une enveloppe timbrée pour recevoir la feuille de route... Ainsi, il n'y avait aucune formalité au départ, ce qui s'est avéré bien commode. En effet, je suis arrivé sous la Tour Eiffel vers 6h30, accueilli par une petite pluie fine, alors que le jour n'avait pas encore pointé le bout de son nez... Il valait mieux ne pas avoir de démarches à accomplir dans ces conditions.

Sur la ligne de départ, j'ai retrouvé Yves B., "Monsieur longues distances", et Pascal L., notre héros du Paris-Brest-Paris 2011, avec qui j'ai donc eu l'honneur et le privilège de rouler pendant quelques kilomètres. Durant les trente premiers kilomètres, pour la traversée de Paris et du "9-3" citadin, nous étions encadrés par des motards, qui bloquaient tous les carrefours, et précédés par une fourgonnette qui ouvrait la route. Un organisateur annonçait dans un haut-parleur les changements de direction et les obstacles sur la chaussée: ilots directionnels, voitures en stationnement qui empiétaient sur la chaussée, secteurs pavés, grosses flaques d'eau, etc.

C'est un rare privilège de traverser Paris de cette façon! Tour Eiffel, Invalides, Pont Alexandre III, Grand Palais, Champs-Elysées, Place de la Concorde, Place de la Madeleine, place de l'Opéra... Moi, le chanteur, je suis même passé à l'Olympia! (enfin... "devant" l'Olympia!...)... Dommage que la pluie ne nous ait pas permis de profiter pleinement de ce "Tour of Paris" au petit matin... Mais ça restera pour moi un grand moment de cette journée de vélo.

Lorsque la voiture ouvreuse s'est écartée (je pense que c'était du côté de Mitry-Mory), les groupes ont commencé à se former et les costauds ont pris les devants... C'est ainsi que Pascal a pris son envol... Nous le retrouverons au ravitaillement d'Ermenonville, d'où il s'élancera en même temps qu'Yves et moi pour nous abandonner très vite... Et puis nous ne le reverrons qu'à l'arrivée. Je ne peux donc pas vous en dire plus sur son parcours…

Arrivée de Pascal à Cambrai... Il n'y en a pas beaucoup qui ont pu prendre sa roue!!!
En quittant le ravitaillement d'Ermenonville, nous nous retrouvons à deux, Yves B. et moi, pendant quelques kilomètres. De petits groupes nous doublent de temps en temps. En vieux briscard, Yves sait si l'allure de ces groupes nous convient ou non. Nous en laissons partir plusieurs avant d'accrocher un wagon qui s'avérera être le bon. Le groupe idéal, c'est celui qui nous permet de rouler sensiblement plus vite que si on restait seul, mais sans se fatiguer davantage. Grâce à ce groupe, que nous suivons pendant un bon moment, notre moyenne augmente régulièrement. Au passage devant le château des Humières (Oise), je me dis qu'ils doivent certainement organiser des spectacles "Son et Humières"... Le groupe poursuit sa route, sans à-coups. L'allure nous convient parfaitement... Dans les montées, personne n'accélère, le groupe reste homogène. Malheureusement, l'un d'entre eux crève et tout les copains s'arrêtent pour l'assister... Yves et moi continuons donc seuls. Nous arrivons bientôt dans la principale côte du parcours, un peu avant le ravitaillement de Thiescourt: 2800 m de montée à 6%, au milieu des arbres... Ce serait sympa s'il n'y avait les déflagrations nourries en provenance d'une aire de "ball-trap" toute proche... Parmi les tireurs, j'en ai aperçu un en tenue de camouflage, qui m'a bien fait rigoler…

Photo professionnelle
A Thiescourt, second pointage et ravitaillement "repas" avec un sandwich, une boisson et une barre de céréales. Nous mangeons en compagnie d'Yves F... Les deux Yves évoquent leurs souvenirs des éditions précédentes... Avec Yves B., nous évoquons la technique des "relais" en vélo, que nous connaissons tous les deux. Souvent, les cyclotouristes connaissent mal cette technique, pourtant simple: les relais doivent être fréquents, tous les 200 à 500 m selon les circonstances. Il ne faut pas attendre d'être fatigué pour passer le relais sinon, quand le relais est pris, celui qui vient de céder sa place en tête a du mal à suivre le rythme. De plus, ce n'est pas celui qui prend le relais qui accélère pour passer, mais celui qui quitte la tête qui s'écarte et lève le pied pour laisser passer son relayeur sans le moindre changement de rythme ni de vitesse... On va voir que cette mise au point entre Yves et moi n'aura pas été inutile...

Le temps s'est dégagé, le soleil fait de belles apparitions et le temps promet de rester clément jusqu'à l'arrivée. Alors nous nous débarrassons de nos vêtements superflus et les confions à Yves F. L'avantage d'un sandwich plutôt qu'un plateau repas, c'est qu'on s'arrête moins longtemps. On se refroidit moins et on se sent mieux pour repartir…

Qu'ils sont sérieux !
Après Thiescourt, nous allons vivre, Yves et moi, une belle partie de manivelles! Nous sommes de nouveau seuls et nous commençons à mettre en pratique notre "leçon de relais"... Grâce à un petit vent favorable, nous allons maintenir pendant une cinquantaine de kilomètres une vitesse de 30 à 32 km/h. Peu de groupes vont nous doubler pendant cette portion du parcours! A un moment donné, deux jeunes nous dépassent. Ils vont à peine plus vite que nous, mais nous n'essayons pas de les suivre, bien calés sur notre rythme. Nous les garderons en point de mire pendant des kilomètres. Légers comme ils sont, ils prennent un peu d'avance dans les côtes, mais nous revenons sur eux quand la route est plate... Après des kilomètres qui défilent ainsi, nous apercevons un groupe au loin... Sans nous concerter, avec Yves, nous avons la même idée: nous gardons notre rythme et poursuivons notre "ballet" de relais... Insensiblement, nous nous rapprochons de notre point de mire et, en arrivant à Péronne, nous finissons par rattraper quelques gars qui nous avaient doublés précédemment, notamment nos deux jeunes grimpeurs, ainsi que le groupe que nous avions longtemps suivi le matin. Je suppose qu'ils étaient repartis de Thiescourt avant nous puisque je ne les ai pas vus nous doubler. Ces cinquante bornes de relais avec Yves, bien organisés et à vive allure, resteront un grand souvenir!

Notre arrivée à Cambrai, après 220 bornes de vélo...
Au dernier ravitaillement, à Sailly-Saillisel (Somme), nous prenons le temps de nous asseoir un peu pour boire notre canette... Nous repartons encore une fois tous les deux, sans attendre nos "partenaires" du jour... L'un d'eux ayant montré des signes de grande fatigue dans les quelques bosses entre Péronne et Sailly, je suppose qu'il prend le temps de bien récupérer... Il nous rejoindront un peu plus tard pour un final très tonique, à 30 à l'heure, sur les route du Nord, département dans lequel nous entrons à partir de Ribécourt... Entre temps, Yves et moi roulons à un rythme plus raisonnable. Il faut dire que la route tournicote sans arrêt, avec tantôt du vent dans le dos, tantôt de côté, puis de face... Difficile de garder une allure constante dans ces conditions...

Sur le final, outre nos "partenaires" retrouvés, Yves aura le plaisir d'une rencontre avec deux gars de Villeneuve-le-Roi... Manifestement, ils se connaissent bien! Deux mots de l'un: éclats de rire! Deux mots de l'autre: éclats de rire... Probablement des "privées blagues" comme disent les Anglais, parce que je n'ai pas tout compris... (sourire)

Yves rayonnant dans son beau maillot de l'Euro PN... 
A notre arrivée sur la place Aristide Briand, à 16h10, Yves et moi avions au compteur 220 et quelques kilomètres, parcourus à une moyenne de 26,7 km/h, avec vent favorable, il est vrai, et avec la satisfaction d'avoir bien roulé! Le mauvais temps du matin était oublié, les vêtements, gants et chaussures étaient secs... Et nous avons eu le temps de nous restaurer, de boire un coup, de nous changer et de charger les vélos sur les voitures avant qu'un petite ondée viennent nous confirmer que nous avions bien fait d'arriver de bonne heure! Je tiens à remercier Yves B., dont l'expérience de ce genre d'épreuve est un véritable atout. A plusieurs reprises, me sentant bien en jambes, j'aurais pu être tenté, sans lui, de suivre un rythme plus élevé... Respecter sagement la cadence du "métronome" m'a permis d'arriver au but sans être allé au-delà de mes forces, et de prendre du plaisir jusqu'au bout. Donc, je me répète: « Merci Yves! »

Au bilan de cette journée, il faut ajouter la participation de Robert Marchand qui a désormais un col à son nom du côté de Lalouvesc (Ardêche), col inauguré lors de la 20e édition de l'Ardéchoise, en juin dernier. Il s'agit en fait de l'ancien "Col du Marchand" (entre Saint-Félicien et Lalouvesc), rebaptisé "Col Robert Marchand"... Pour sa 11e participation à Paris-Cambrai et à l'approche de ses 100 ans (au mois de novembre prochain), notre ami Robert a fait 100 kilomètres! Oui, vous avez bien lu: 100 ans = 100 km!!!

Pour ceux que ça intéresse, je précise que l'organisation de "Paris-Cambrai" propose la possibilité d'un départ depuis chaque point de ravitaillement. Ainsi, ceux qui partaient d'Ermenonville ont fait 170 km. Ceux qui partaient de Thiescourt (dont Robert Marchand) ont donc fait 100 km et à partir de Sally-Saillisel, 38 km. Au total, 600 participants cette année, dont 300 au départ sous la Tour Eiffel.

« Je suis le roi du... garage à vélos!... » 
A l'arrivée, spécialité locale oblige, nous avons eu droit à un petit sachet de bêtises de Cambrai. A ce propos, savez-vous pourquoi ces bonbons s'appellent des "bêtises"? Voici un lien pour connaître la réponse. En tout cas, ce n'était pas une bêtise de participer à Paris-Cambrai! Malgré quelques hésitations dues aux conditions météorologiques découvertes à mon réveil et aux craintes de voir mes genoux ne pas apprécier cette humidité ambiante (dans cette atmosphère, j'ai souvent des soucis car il arrive que mes genoux se mettent à couiner comme une chaîne mal graissée!), je ne regrette pas du tout cette expérience, bien au contraire.

A bientôt pour d'autres aventures!


Claude
Photos de Marie-Ange (sauf 2 photos de l'organisation)


Participer à Paris-Cambrai, ce n'est pas une bêtise!!! 
Place Aristide Briand à Cambrai, devant l'Hôtel-de-Ville… Quand Marie-Ange arrive sur place, les organisateurs sont en train de préparer l'accueil des participants de ce Paris-Cambrai 2011

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