dimanche 12 juin 2011

PENTECÔTE 2011 : EXCURSION EN ALSACE...

AU COURS DU WEEK-END CLUB À BITCHE (MOSELLE)
DU 11 AU 13 JUIN 2011


Quand j'ai su que le week-end "club" de Pentecôte se déroulerait à Bitche, en Moselle, j'ai tout de suite eu l'eau à la bouche ! C'était l'occasion rêvée d'aller pédaler dans les Vosges du Nord, ce qui me démangeait depuis longtemps. Mon intérêt pour cette région a d'abord été généalogique puisque j'ai une arrière-grand-mère d'origine alsacienne. Ses parents étaient nés à Mothern, dans le Bas-Rhin, et en poursuivant mes recherches, j'avais retrouvé des ancêtres ayant vécu à Altenstadt, près de Wissembourg, de la fin du XVIIe siècle au début du XIXe.

Il y a quelques années, j'étais venu passé trois jours, à la recherche de mes racines alsaciennes, dans cette superbe contrée du Nord de l'Alsace que l'on nomme l'Outre-Forêt. Ce fut pour moi l'occasion d'une excursion dans ces Vosges du Nord, toutes proches, à la visite de villages très pittoresques, comme Lembach ou Climbach, et surtout du très impressionnant château de Fleckenstein... Cette découverte en voiture m'avait laissé des souvenirs forts et un profond désir d'y revenir, mais cette fois pour y faire du vélo !

Aperçu du château de Fleckenstein
Quand Maryan, notre président, m'a donné les parcours le vendredi soir, j'ai tout de suite repéré le circuit n° 6, intitulé « Incursion en Alsace » ! Malgré les 103 km et le qualificatif de “difficile”, je ne pouvais pas manquer cette occasion... Cependant, je ne voulais pas escamoter le côté touristique de cette “incursion-excursion”... Pas question de faire ce parcours le nez dans le guidon ! Compte tenu des horaires de repas imposés par le VVF, la seule solution était de partir pour la journée, comme nous l'avions fait en 2010 à Vic-sur-Cère, avec un petit groupe parti à l'assaut du col du Lioran, du Pas-de-Peyrol, du col du Perthus (et j'en passe)...

Avant le départ, j'ai étudié le parcours sur ma carte IGN (achetée lors de mon précédent séjour). J'ai ainsi constaté qu'on passait à 2 ou 3 km du château de Fleckenstein, ce qui rendait le détour presque incontournable ! (le compteur dira en réalité 8 km aller-retour, mais quand on aime, on ne “compte” pas!!!).

La citadelle de Bitche
Marie-Ange et moi partons vers 8h30, et nous voilà bientôt devant la citadelle de Bitche. Puis nous traversons le camp militaire et suivons la route de Sturzelbronn. En ce dimanche matin, la circulation est rare... Quelques motards nous doublent... Nous en verrons tout au long de la journée, par moments groupés par essaims comme des volées de sauterelles, y compris sur des petites routes forestières... Nous avons vu tant de motards au cours de la journée que nous nous sommes demandé s'il ne s'agissait pas d'une concentration quelconque, d'une manifestation exceptionnelle pour la Pentecôte... Renseignements pris, il semble que non. Ce serait comme ça tous les week-ends... J'avoue qu'à la longue, les moteurs vrombissants commencèrent à m'agacer un peu, mais le décor superbe m'a vite fait oublier ce désagrément finalement négligeable.

Quelques kilomètres après Sturzelbronn, des panneaux nous l'indiquent, nous entrons en Alsace et plus précisément dans le Bas-Rhin. La route de Wissembourg, par Obersteinbach et Niedersteinbach est très agréable. Souvent ombragée, elle ne présente pas de difficulté particulière. On a l'impression de descendre plus souvent qu'on ne monte sur cette première partie du parcours... Les villages sont très propres, bien fleuris, avec de nombreuses fontaines en forme d'abreuvoirs... De part et d'autre, les collines verdoyantes laissent augurer de nombreuses possibilités pour la pratique du VTT vallonné !

Après une trentaine de kilomètres, nous apercevons sur notre gauche l'imposant château de Fleckenstein, construit sur la roche, en haut d'une falaise. Une montée intéressante d'environ 3 km nous conduit jusqu'à l'aire d'accueil…

Le château de Fleckenstein
Coup d'œil aux imposantes murailles, photos, ravitaillement, brefs échanges avec des Strasbourgeois venus faire de l'escalade sur un rocher apparemment très prisé des grimpeurs... Puis nous reprenons la route de Lembach. Petit arrêt devant la mairie pour jeter un coup d'œil à une statue dédiée aux enfants de Lembach morts à la guerre. C'est là que notre attention est attirée par un étrange monument en bois, implanté à quelques mètres... Après lecture des inscriptions visibles sur ce qui s'avère une représentation symbolique d'une fusée américaine (ce doit être une fusée préhistorique, vu le matériau utilisé), nous constatons qu'il a été érigé en l'honneur de Russel Schweickart, astronaute de la Nasa, équipier de Apollo 9... et petit-fils de Jacques, un natif de Lembach ayant quitté les lieux en 1892 pour le « Nouveau Monde » !

Lembach : en l'honneur de Russel Schweickart…
À la sortie de Lembach, compte tenu de l'heure et de notre ascension “hors itinéraire”, nous décidons de zapper le col du Pfaffenschlick. Nous ferons quand même un petit aller-retour jusqu'au “Four à Chaux”, pour voir l'entrée de cet ouvrage appartenant à la ligne Maginot…

Le Four à Chaux (ligne Maginot) 
Puis retour sur la D27 pour retrouver la route de Wœrth... La bonne surprise, c'est une très agréable piste cyclable, en site propre, de 9 km qui nous mène jusqu'au cœur de ce superbe bourg alsacien. Comme mon ventre me dit qu'il est temps de chercher pitance, nous faisons un petit tour du centre ville. Tout a l'air fermé, sauf un bar où l'on ne sert à manger que des flammekueches (traditionnelles, gratinées, aux champignons, au Munster, etc.). Ça tombe bien, je voulais justement une flammekueche!!!

Comme je ressens quelques maux de tête, je demande au serveur s'il n'aurait pas un comprimé de quelque “médication ad hoc” à me proposer... Malheureusement, il n'en a pas, mais un client attablé non loin de là a suivi l'échange et me propose de se rendre chez lui pour aller me chercher un “Aspro”! Cela ravive mes souvenirs... Lors de mon précédent séjour en Alsace, j'avais déjà été frappé par la gentillesse des gens... Soit j'ai de la chance, soit les Alsaciens sont des gens sympas ! Je suis un peu gêné, mais j'accepte cependant... À son retour, notre nouvel “ami” nous laisse déjeuner tranquillement nos flammekueches (nous partageons une “traditionnelle” et une “Munster”)... Puis nous lui offrons un petit verre de blanc et la conversation s'engage... Il nous parlera pêle-mêle de la guerre de Trente Ans, de la nappe phréatique, de l'impact du temps sec sur les cultures, des méfaits de l'argent dans le football, du musée local sur la bataille de 1870, etc. (je ne suis pas sûr de l'ordre...) Sa conversation est bien agréable, mais il est temps de repartir... Il nous reste une petite cinquantaine de kilomètres et notre “bienfaiteur” alsacien nous confirme que la route par laquelle notre circuit se poursuit sera plus vallonnée que la portion déjà faite…

Maison à Wœrth
Avant de quitter Wœrth, nous faisons un petit tour de village : lavoir, maisons traditionnelles, château…

Le château de Wœrth
Puis il est temps d'attaquer la montée vers Frœshwiller... Dure dure cette grimpette à l'heure de la sieste et après ce long arrêt... Il nous faudra quelques kilomètres pour retrouver un coup de pédale satisfaisant. Après Reichshoffen et Niederbronn-les-Bains, nous attaquons une sévère montée de deux bons kilomètres avant de redescendre sur Jaegerthal... Très joli village qui me donne envie d'une nouvelle halte avec photos, mais comme nous venons à peine de retrouver nos jambes, nous préférons poursuivre... L'arrêt sera cependant obligatoire au village suivant, Dambach, pour remplir les bidons... À Neunhoffen, nous sommes confrontés à un problème d'orientation. La feuille de route nous indique seulement “Etang de Hanau”, mais nous n'avons vu aucun panneau indiquant ce site... Sur ma carte IGN, aucune route directe... Il nous faut choisir notre itinéraire... Nous choisissons l'option nord-ouest en direction de Sturzelbronn, quittons l'Alsace sans nous en apercevoir, et après quelques hésitations et un détour superflu, nous finissons par trouver une petite route forestière qui nous permet de rallier l'étang en question... À Waldeck, je m'oriente facilement car j'y suis déjà passé le samedi... Après le lieu-dit “La Petite Suisse”, nous arrivons rapidement à Eguelshardt. Nouvelle consultation de la carte (j'ai bien fait de l'emmener !) pour savoir où se trouve le col du Hochkopf, que la feuille de route nous annonce mais que rien n'indique sur le terrain... À Stockbronn, nous sommes même obligés de chercher un peu car il n'y a toujours pas de panneau pour nous renseigner. Nous rebroussons chemin avant de trouver enfin la petite route forestière, très agréable, qui monte vers le Hochkopf sur 1,6 km. Pour le final, nous ne tenons pas compte de la feuille de route qui voulait nous faire repasser par Bitche et regagnons le village vacances par le plus court chemin, ce qui, compte tenu des variantes de notre propre circuit, nous fera tout de même un peu plus que les 103 km annoncés.

Cette journée, déjà fertile en images, en sensations et en rencontres, déjà nourrie du plaisir de l'effort vélocipédique que j'apprécie tant, se terminera par un de ces moments improbables... Un partage de fous rires au cours d'une promenade digestive autour de l'étang de Hasselfurth, que je laisse à notre ami Marc le soin de nous raconter... Ce sera la cerise sur le kougelhopf!

Claude
Photos personnelles

Cabane de charbonniers, près du château de Fleckenstein

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