samedi 30 juin 2012

BREVET DE RANDONNEUR DU MORVAN 1/3 : LE RÉCIT de Marie-Ange

À CHATEAU-CHINON (58)
FORMULE "TOURISTE" SUR 2 JOURS : 215 km - 4049 m de D+
SAMEDI 30 JUIN ET DIMANCHE 1er JUILLET 2012


Sitôt un brevet terminé, dans la série « Brevet des Collèges », un autre m'attendait. Mais cette fois-ci, c'était moi la candidate ! Pour la première fois, j'allais passer le brevet... série « cyclo-montagnarde »!... Encouragée à le tenter par notre ami Michel Cantalou, j'avais validé mon inscription dès le mois de mars. Le sujet était exceptionnellement connu d'avance et les fuites provenaient de notre autre valeureux cyclo, Daniel Pillavoine. J'avais choisi l'option « touriste », pour un parcours partagé en deux étapes : premier jour, une petite boucle au nord de Château-Chinon, deuxième jour, une boucle plus importante avec cap au sud par rapport à la ville.

Mais qui dit « examen », dit alternance de questions théoriques et d'épreuves pratiques. Je vais donc commencer par celle des mathématiques avec quelques nombres.
  • La petite boucle du samedi représentait un parcours de 88 kilomètres avec un peu moins de 1300 mètres de dénivelé ; la boucle du dimanche faisait 127 kilomètres avec 2776 m de dénivelé et passait par le Haut-Folin à 902 mètres d'altitude.

Le profil
  • Sachant que je roule habituellement à une vitesse moyenne de... (je vous laisse le soin de deviner), d'emblée, l'examen de passage s'annonçait difficile ! 
  • 930 cyclotouristes venus de toute la France s'étaient inscrits au Brevet de randonneur du Morvan, effectif plutôt encourageant pour la Ligue FFCT de Bourgogne qui organisait pour la première fois un brevet de ce type, en partenariat avec « Vélototem », le club cyclotouriste de Château-Chinon. 
  • Samedi, nous étions 815 à prendre le départ de la petite boucle (voir l'article du Journal du Centre). 
L'étang d'Ouroux-en-Morvan, aperçu sur la première boucle du circuit (étang créé vers 1353 et anciennement nommé "étang de l'abbaye")
Ce brevet portant le nom de Brevet de Randonneur du Morvan, dans « l'académie » du Massif-Central, voici donc l'épreuve suivante : celle des repères historiques et géographiques
Château-Chinon a eu un rendez-vous avec l'histoire en 1981. De quel rendez-vous s'agissait-il ? Il n'y a qu'à regarder autour de soi en faisant le tour de ville pour trouver, sans peine, la bonne réponse. Les principaux lieux portent le nom de Mitterrand qui est omniprésent, depuis le musée du septennat, l'esplanade et le lycée professionnel... Impossible d'éviter les portraits de ce président de la république, autrefois député-maire de cette commune, qui vous accueillent à chaque entrée de la bourgade. Mais sillonner les routes du parc naturel régional du Morvan, c'est également s'immerger en terres de maquis, en suivant les « chemins de mémoire » et en traversant des « villages martyrs ». Et les courageux cyclos qui ont gravi, le dimanche, les pentes à 20% du Mont Beuvray (option facultative du brevet), ont foulé le sol d'une capitale gauloise nommée Bibracte.

Cours d'histoire en plein air à Ouroux-en-Morvan : un chariot porte grumes
Mes compagnons de route venant de toutes les régions de France, j'ai dû réviser sur le pouce, ma géographie ; j'ai croisé des cyclos de Mandres-les-Roses (17 inscrits, 17 présents !), de Reims et de Sacy, de Périgueux, de Chartres, de Fleury-les-Aubrais, de l'Aisne, du Jura, etc. Et même un cyclo de l'AS Brévannaise, au départ de 10 heures le samedi matin, en la personne de notre ami JPB !


Questions « sciences de la vie et de la terre », les thèmes étaient nombreux. Le parcours du samedi nous a conduit le long du lac de Pannecière, lac vidé de ses eaux jusqu'à la fin de l'année 2012 dans le cadre de la réhabilitation du barrage, mais habituellement réserve ornithologique. Un événement exceptionnel car c'est la première fois qu'il est vide depuis sa création en 1949 ; nous avons pu ainsi voir d'anciens ponts immergés depuis plus de 60 ans.

Le fond du lac de Pannecière
Nous avons pédalé, parfois dans la fraîcheur des sous-bois, sur des routes de moyenne montagne et avons traversé des océans de forêts silencieuses, véritables havres de quiétude. Nous avons longé lacs, étangs et rivières très prisés par les pêcheurs à la mouche. La principale difficulté du jour fut l'ascension du Col des Pasquelins (672 m), qui figure dans le catalogue du Club des Cent Cols.


Dans la montée du Col des Pasquelins (672 m)
Quant à l'épreuve pratique, il a bien fallu que je « compose » avec les caprices de la météo. Pour cet examen, l'antisèche était inutile : la pluie a grandement joué son rôle !!! Le samedi, la chaleur (plus de 30°) était orageuse et la pluie a fait son apparition sur les coups de 17 heures, alors que nous avions bouclé notre circuit (une chance !).

Fâchin : le Moulin des Morvans, au bord de l'Yonne
Entre les deux épreuves, j'avais décidé de loger en-dehors du dortoir du lycée, désireuse avant tout de m'éloigner des ronflements émis par mes congénères et de bénéficier ainsi d'une nuit réparatrice. Malgré une retraite voulue, dans un moulin restauré, situé en pleine campagne, au bord de l'Yonne, je n'ai pu fermer l'œil, les éclairs traversant les rideaux de la pièce et le tonnerre n'ayant cessé de gronder durant la nuit entière. Sans oublier, le fracas de l'eau de la rivière qui s'était transformée en torrent.

L'Yonne près du Moulin des Morvans
A mon réveil, une pluie battante dégringolait et une brume enveloppait le hameau. Je n'avais qu'une envie, celle de déclarer forfait, comme le fera la moitié des inscrits (cette information nous sera communiquée à l'arrivée, dans l'après-midi, par les organisateurs). Mais, encouragée par Claude, je choisis finalement de m'adapter à la situation. J'ai donc roulé sous une pluie continue durant 5 heures, alternant bouffées de chaleur dans les montées et refroidissements dans les descentes. J'avoue que j'en ai « bavé » autant que les escargots de Bourgogne que j'ai failli écraser sur les routes détrempées de ce dimanche matin, premier jour de juillet.

Le ravitaillement de Saint-Honoré-les-Bains placé sous le signe du vélo!
La montée sur le Haut-Folin, après le plateau repas et alors que le soleil avait refait son apparition, m'a semblé interminable.

Vue panoramique au cours de la montée vers le Haut-Folin (902 m), un peu après Glux-en-Glenne (commune la plus élevée du département de la Nièvre)
Sur les 15 derniers kilomètres du parcours, pourtant effectués en descente, je me suis bien juré qu'on ne m'y reprendrait plus ! Et pourtant, à l'arrivée, je me suis payé le luxe de m'offrir (40 centimes d'euro) la carte du BCMF pour l'homologation des brevets cyclo-montagnards français et cyclotouristes des cimes françaises. Alors, rendez-vous l'an prochain, pour le 14 juillet 2013, au brevet cyclo-montagnard comptant pour les Pyrénées au départ de Limoux, dans l'Aude. Tous ensemble chez Michel Cantalou !

Et pour clore cet article, j'envoie un clin d'œil à nos amis vététistes pour qui j'ai eu une pensée en découvrant les nombreuses balises VTT du coin. Je les encourage à venir se mesurer aux circuits balisés du site VTT-FFC du Morvan qui est le plus vaste de France avec 2 300 km de parcours. Les accros du guidon peuvent faire la Grande Traversée du Morvan en VTT, qui relie Avallon à Autun. Il y en a donc pour tous les goûts et toutes les pratiques sportives !

Marie-Ange
Photos : Claude et Marie-Ange

LIENS : 

—> Présentation des BCMF sur notre site.
—> Nos participations aux BCMF sur notre site.
—> L'article de Claude : un vélo à l'ancienne sur le BCMF du Morvan.
—> Revue de presse : Marie-Ange en photo dans la revue Cyclotourisme.


Dans la descente, après le Haut-Folin: pause pour admirer et photographier le paysage…
Panorama, après le Haut-Folin


1 commentaire:

  1. Marie-Ange oublie de préciser qu'à son arrivée le samedi soir, elle en avait vraiment plein les pattes. Elle a même déclaré qu'elle ne repartirait pas le lendemain parce que c'était trop dur...
    Quant au dimanche matin, elle dit dans l'article que je l'ai encouragée à prendre le départ, mais ce n'est pas exactement comme ça que ça s'est passé! Comme je n'avais pas l'intention de renoncer, je me suis contenté de dire que j'y allais et qu'on verrait bien... Je crois que c'est l'idée de faire la course avec des escargots de Bourgogne qui a été beaucoup plus motivante que tous les encouragements que j'aurais pu prodiguer!...

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