lundi 22 juillet 2013

LA « CLASSE CYCLE » DES TROIS COLS : CAYOLLE - CHAMPS - ALLOS

120 km — 3340 m de D+

J'ai découvert le principe de ce circuit des Trois Cols il y a trois ans, dans un article de François Fine — un ami de mon club de vélo — article qui m'avait beaucoup intéressé, comme la plupart des récits qui parlent de cols et de montagne.

En ce qui concerne la montagne en général et la Vallée de l'Ubaye en particulier, notre ami François est une référence. D'ailleurs, au cours de mon séjour dans la région, j'ai pu constater qu'il a laissé son empreinte un peu partout sous forme de flèches jaunes à ses initiales (FF)... Impossible de ne pas penser à lui, à peu près à toutes les bifurcations de la vallée…

Fléchage "FF"
Comme indiqué en titre, ce circuit fait donc 120 km (un peu plus ou un peu moins selon l'endroit de Barcelonnette où l'on prend le départ). On y enchaîne trois cols à plus de 2000 m : le Col de la Cayolle (2326 m), le Col des Champs (2095 m) et le Col d'Allos (2247 m) pour un dénivelé positif total de 3340 m.

Chaque été, depuis 37 ans, le Cyclo Club de l'Ubaye, également organisateur de la Montée de la Bonette (voir l'article), propose cette randonnée aux grimpeurs bien entraînés. Cette année, par exemple, elle a eu lieu le dimanche 4 août. Pour ma part, ne pouvant pas être sur place à la date de l'organisation, j'ai fait le parcours une quinzaine de jours plus tôt, le 22 juillet, en randonnée libre.

Ayant monté la Bonette la veille, je n'étais pas très chaud pour enchaîner aussitôt sur ce défi. Mais la météo annonçant (à tort!) une dégradation du temps pour le milieu de semaine, j'ai préféré me lancer sans attendre dans cette aventure.

Marie-Ange ne m'a pas suivi sur ce périple, préférant jouer à la Mamie gâteau avec Léo, son petit-fils. En revanche, elle m'a adjoint un garde du corps en la personne de Stéphane, le papa dudit Léo. Sur le principe, l'idée m'a semblé très sympathique... Mais après trois ou quatre kilomètres à allure modeste (pour lui!) dans le léger faux-plat montant qui débute l'ascension du Col de la Cayolle, j'étais déjà en recherche d'oxygène. Trop fort pour moi, Stéphane! Je lui ai donc proposé une autre mission, celle d'éclaireur... et je ne l'ai revu qu'à l'arrivée, qu'il a atteint environ trois heures avant moi! On n'a pas eu besoin de la photo finish pour nous départager!…

L'envol de Stéphane dès les premières rampes du Col de la Cayolle...
Le Col de la Cayolle par le versant nord se monte bien. La route, assez étroite, suit le cours du Bachelard. On passe dans des gorges, on traverse quelques hameaux. Les pentes sont très raisonnables et il n'y a jamais de forts pourcentages. Depuis Barcelonnette, il y a 29 km à parcourir pour atteindre le sommet, avec 1200 m de D+. Les huit premiers kilomètres sont quasiment plats ou à faible pente. Ensuite, pendant 13 km, la moyenne de pente par kilomètre varie entre 2 et 5,5%. C'est dans les huit derniers kilomètres que l'on trouve les pourcentages les plus élevés : entre 7,5 et 8%. Rien de terrifiant.

La route du Col de la Cayolle (versant nord), longeant le Bachelard
Visuellement, le paysage est très différent de celui de la montée de la Bonette. Au petit matin, on est longtemps à l'ombre. Pour qui craint la chaleur, c'est idéal. Sur le final, on découvre des prairies colonisées par les marmottes (je les ai entendues siffler mais je n'en ai pas vu).

Route du Col de la Cayolle (versant nord) : prairie à marmottes
Au sommet, j'ai complètement oublié que je devais poinçonner ma carte du Brevet des 7 Cols de l'Ubaye. Heureusement, Marie-Ange fera l'ascension le lendemain, en solo, et remédiera à cette étourderie. Remarque pratique pour les personnes intéressées : la borne n'est pas près de la stèle, mais sur le parking qui se trouve de l'autre côté de la route. Il fallait le savoir!

Col de la Cayolle (2326 m)
Je n'ai eu qu'à tourner la tête vers le sud (la stèle est juste derrière moi) pour bénéficier de cette vue pleine de charme... Que c'est beau, la haute montagne!

Col de la Cayolle (2326 m)
La descente par le versant sud est très belle. Quand on voit où la route va passer, tout au bas de la descente, il vaut mieux éviter de penser qu'il va falloir remonter tout ça (ou presque!) pour passer au Col des Champs…

Panorama dans la descente du Col de la Cayolle, versant sud
Après quelques kilomètres de descente, on passe à proximité de la source du Var…

Source du Var
... puis on suit un bon moment la haute vallée du Var, jusqu'à Saint-Martin-d'Entraunes (altitude: 1010 m). Après une descente de 16,7 km et plus de 1300 m de dénivelé négatif, on attaque le deuxième col de la journée : le Col des Champs.

Le Col des Champs est plus difficile que le Col de la Cayolle. Par le versant est, il nécessite 16,7 km d'ascension pour 1100 m de D+. Au cours des huit premiers kilomètres, on s'élève de 600 m, ce qui représente une pente moyenne de 7,5%. Pendant la première partie de la montée, on profite de magnifiques vues sur la haute vallée du Var.

La haute vallée du Var, vue pendant la montée vers le Col des Champs
Près de Val Pelens, on bénéficie d'un replat qui permet de récupérer. La route redescend même un petit peu. Puis on attaque une montée de 6 km environ, avec des pentes irrégulières pouvant aller jusqu'à 10% de moyenne sur l'avant dernier kilomètre. A cet endroit, on a aussi le soleil sur le dos... Il vaut mieux démarrer tôt de Barcelonnette si l'on ne veut pas faire cette ascension en plein cagnard!

Vue du Col des Champs, pendant la montée par le versant est
En arrivant au sommet, on comprend pourquoi il s'appelle le Col des Champs! A noter (j'avais oublié de le signaler) que depuis le passage au Col de la Cayolle, le parcours faisait une incursion dans les Alpes Maritimes. A partir du Col des Champs, on réintègre les Alpes de Haute Provence. Le Col domine, à l'est, la Vallée du Var, et à l'ouest celle du Verdon.

Col des Champs (2093 m)
En ce qui concerne l'altitude du Col des Champs, le doute est permis. Le panneau sur place indique 2080 m, d'anciennes photos montrent au même endroit un ancien panneau qui indiquait 2087 m. Il semblerait que le col réel soit un peu plus bas que la route, à 2045 m. Quant au Club des Cent Cols, il a choisi 2093 m qui est donc l'altitude que j'ai retenue... sous réserve!

Panorama au Col des Champs
La route côté ouest, en direction de Colmars, est très belle au niveau des paysages, mais en très mauvais état pour ce qui est du revêtement. J'ai croisé beaucoup de cyclos qui faisaient cette montée. Par rapport à l'autre versant, elle a l'avantage d'être ombragée.

Dans la descente du Col des Champs vers Colmars
Vue sur Colmars pendant la descente du Col des Champs
À l'entrée de Colmars, après 12 km de descente, on attaque tout de suite la montée vers le Col d'Allos, dont le sommet est atteint après un peu plus de 23 km d'ascension. Le début est très facile. Pendant 11 km, la pente moyenne ne dépasse jamais les 4%. Les sensations étant bonnes, j'enroule bien...

Il fait quand même un peu chaud, alors je m'arrête à Allos pour m'acheter à boire... Du frais, car mon bidon n'a que du tiède à me proposer!

Prairie près d'Allos
Ensuite, jusqu'à la station de La Foux d'Allos, ce sont 9 km entre 2 et 5,5% de moyenne. Les kilomètres défilent et je me rapproche du "but" sans me sentir fatigué.

Station de La Foux d'Allos, dans la haute vallée du Verdon
C'est après La Foux d'Allos que la difficulté s'accentue, sans atteindre toutefois des proportions terribles. Un peu moins de 7 km à 6-7%, ça se monte.

Montée du Col d'Allos
Sauf que mes cuisses commencent à me rappeler qu'elles n'ont pas encore tout à fait digéré la Bonette (de la veille), la Cayolle et les Champs... Et bien que le ciel se soit couvert, il fait encore chaud. J'éprouve le besoin de m'arrêter deux ou trois fois pour boire ou pour prendre des photos... Pour récupérer un peu, quoi!

Coup d'œil sur le chemin parcouru, pendant la montée du Col d'Allos
(la station de La Foux d'Allos est dans le creux, tout en bas)
Et puis voilà enfin le col! Je demande à un randonneur s'il veut bien me prendre en photo…

Col d'Allos (2250 m)
Cette fois, je n'oublie pas de poinçonner ma carte des "7 Cols de l'Ubaye". Et il n'y a plus qu'à me laisser redescendre... tout en restant tout de même concentré! Il ne s'agirait pas de se laisser surprendre bêtement au cours des 19 km de descente qui me séparent de mon hébergement à Barcelonnette...

Pour la petite histoire, la 15e étape du Tour de France 1975, Nice - Pra Loup, franchissait le Col des Champs et le Col d'Allos avant de se terminer avec la montée sur la station de Pra Loup. C'est le Belge Eddy Merckx qui était passé en tête au sommet de ces deux cols, avant d'être débordé dans l'ultime montée par Bernard Thévenet, qui avait remporté l'étape et du même coup endossé le maillot jaune (voir mon article).

Pour ma part, je ne monterai Pra Loup que trois jours plus tard! N'ayant jusque là jamais gravi de cols à plus de 2000 m, en avoir engrangé quatre en deux jours suffit très largement à mon bonheur! Pour l'instant! Il reste à bien récupérer car je suis décidé à valider avant la fin de la semaine les 4 cols ou montées qui me manquent pour obtenir le Brevet des 7 Cols de l'Ubaye.

Affaire à suivre, donc!

Claude
Photos personnelles

—> Tout sur notre séjour de juillet 2013 dans la vallée de l'Ubaye sur notre site.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire