dimanche 1 septembre 2013

CYCLOSPORTIVE: LES BALLONS VOSGIENS

CIRCUIT DES CRÊTES — 90 km — 1500 m de D+

Je ne suis pas un adepte du "dossard". Et pourtant, dès décembre 2012, j'avais envisagé de participer en 2013 à une cyclosportive. Non pas par défi, mais pour faire plaisir à mon copain de club, Michel Cantalou qui, l'année dernière, m'avait à plusieurs reprises invité à me lancer sur des parcours chronométrés.

C'est ainsi que lors de mon rendez-vous chez ma cardiologue, en décembre dernier, j'avais demandé un certificat médical pour la pratique du vélo en compétition! Je pensais initialement me joindre à la "bande" des cyclosportifs sur l'une des épreuves franciliennes. Mais... Méforme et temps pourri au moment de la Jacques Gouin, séjour à Rosas au moment de la Vélostar!... Puis les enchaînements de nombreux autres objectifs m'ont fait oublier ce projet de participer à une "compèt'". J'étais même convaincu que l'idée était définitivement enterrée pour cette saison... Et puis en cette fin août, une opportunité s'est présentée et très vite la décision a été prise... Marie-Ange m'ayant appris que son fils Stéphane participait à une cyclosportive non loin de chez lui, précisément ce week-end où nous nous rendions sur place, j'ai consulté le site de l'organisation (Les Ballons Vosgiens).




Un coup d'œil au parcours de 90 km, un autre coup d'œil au profil, un troisième au dénivelé positif (1500 mètres annoncés), un quatrième au règlement de l'épreuve... (je ne suis pas avare pour ce qui est des coups d'œil! ). Et je me suis inscrit en ligne (envoi du certificat médical par Internet et paiement en ligne)...

C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un dossard, ou plus exactement une plaque à installer sur mon vélo.

La plaque de cadre
Était-ce une bonne idée d'aller grimper la Planche des Belles Filles la veille? (voir l'article de Marie-Ange). Au niveau des performances pures, probablement pas. Mais au niveau du mental, ça m'a fait du bien. Ayant de bonnes sensations, je me suis présenté au départ des Ballons Vosgiens en confiance.

Le départ avait lieu à Gérardmer, non loin du superbe lac et devant le casino. Installé assez tôt dans le "sas", aux côtés de Stéphane, j'ai senti monter une petite pointe de tension. Papotage pour faire passer le temps plus vite…

Dans le sas de départ à Gérardmer (Vosges)
Évidemment, mes ambitions étaient fort modestes. Je me disais qu'une allure "Audax" (22,5 de moyenne) me permettrait de terminer en 4h, ce qui me semblait très convenable. Au pire, si j'abordais les dernières ascensions au ralenti pour cause de gros coup de mou, je pensais quand même pouvoir terminer en moins de 5h, soit au minimum un "18" de moyenne. En rigolant, je disais même que l'important c'était de finir sans être éliminé, même si je devais accrocher à ma selle la célèbre lanterne rouge!

644 cyclosportifs sur la ligne de départ, ça fait du monde!
C'est parti !

A 9h, les fauves ont été lâchés. Durant les premiers kilomètres de plat, parcourus à vive allure, j'essaye... de ne pas m'accrocher! Une meute interminable de cyclistes me double! Tant pis! Je sais que les 13 km de montée du Col de la Schlucht vont arriver très vite. Si je me mets en sur-régime dès le début, je sais que je vais le payer cash! Je démarre quand même sur un rythme qui est soutenu pour moi (28-30, à froid, je n'ai pas l'habitude), et je maintiens un bon tempo durant toute la montée, tout en restant raisonnable. Le premier col de la journée, Le Collet (1110 m), arrive finalement assez vite.

Premier col de la journée : Le Collet (1110 m), franchi en montant au Col de la Schlucht (1139 m)
Ensuite, il ne reste que 2 km de faux-plat montant pour atteindre le Col de la Schlucht (1139 m). Mon compteur indique que je roule à 26 à l'heure et ça n'a pas l'air de déranger mes cuisses. Profitons-en! Ça ne va peut-être pas durer! Au niveau du Col de la Schlucht, on prend à droite la route des Crêtes. Et ça monte encore! On arrive bientôt au point culminant de notre parcours, à 1258 m environ. Je consulte mon compteur: 20 de moyenne, alors que j'en ai terminé avec la montée la plus longue du circuit! Ça démarre plutôt bien. Et nous voilà en Alsace!

Tous derrière et moi... devant! (mais juste le temps de la photo!) 
La route des Crêtes est superbe, mais n'est pas plate. Alternance de faux-plats descendants et montants, dans lesquels il faut pédaler tout le temps. Un petit groupe de cinq-six se constitue. Je suis un peu juste quand ça descend (ça roule constamment au-dessus de 50), je repasse devant quand ça monte. Il y a même un endroit où j'ai laissé provisoirement les autres sur place, ayant continué à la même vitesse dans le faux-plat montant qui a suivi (49 à mon compteur). Mais ils reviennent très vite dès que ça redescend car je préfère récupérer un peu et me réserver pour la fin de parcours qui accumule les bosses.

Nous passons ainsi au Col du Hahnenbrunnen (1184 m), sans que je sache très bien où il se situe. Je suppose que c'est là le vrai nom du col que les organisateurs ont baptisé "Col du Markstein" dans leur présentation du circuit. Au Markstein, kilomètre 37 selon mon compteur, premier ravito. Je décide de m'arrêter brièvement, une minute ou deux, pas plus. Je bois et je mange rapidement, puis je repars.

Dans la descente, je ne comprends pas ce qui a pu se passer... La route est sèche, très roulante, large... Et pourtant je vois un gars qui est couché dans le fossé, sur la droite. Comme on s'occupe déjà de lui, je continue. Peu après, un second git également dans le fossé. Celui-là a le visage en sang. On s'occupe de lui également. Dans les minutes qui suivent, j'en verrai deux autres arrêtés, l'un assis dans l'herbe avec un motard à ses côtés, et un autre pour lequel je n'ai pas le temps d'analyser la situation. Ça descend très vite et, manifestement, il vaut mieux regarder devant soi!

Au bas de cette descente, mon compteur m'indique ma moyenne depuis le départ: 27,9 km/h, pour un peu plus de 50 km. Même si le final présente plus de bosses, j'ai pris de l'avance sur mes estimations, ce qui me dope le moral. Dopage naturel, sans produits prohibés!

Pas vraiment le temps de regarder le décor… Dommage!
Nous abordons le col de Bramont (956 m) à partir de Wildenstein (560 m). C'est parti pour 7,5 km. C'est un col très régulier avec une dénivellation d'environ 400 m et 5,3% de pente moyenne. Je double plusieurs concurrents, dont certains me repasseront dans la descente. Je remarque un gars avec un maillot blanc... Je le rattrape insensiblement. Chaque fois que j'arrive à sa hauteur, il en remet un petit coup et me reprend une vingtaine de mètres! Je le passe seulement au sommet du col. Il m'adresse un sourire, nous échangeons quelques mots. Puis je le distance dans la descente (enfin un qui descend moins vite que moi!) et je ne le reverrai plus.

Au Col de Bramont, on quitte l'Alsace et le département du Haut-Rhin (68) pour retrouver la Lorraine et le département des Vosges (88). La descente de ce col n'est pas très longue, trois ou quatre kilomètres tout au plus, puis on remonte vers le Col des Feignes sous Vologne (954 m), un col facile. Un peu plus de 5 km avec des pentes moyennes par kilomètre qui varient entre 3 et 5%. Un détail, cependant, à ne pas négliger: après le passage du col, on tourne à gauche et on monte encore pendant un bon kilomètre! Dans la montée, comme d'habitude, je roule un poil plus vite que les concurrents qui sont encore dans mes parages. Les meilleurs sont loin devant depuis longtemps! Au Col des Feignes, second ravito: je me contente d'attraper au vol un verre d'eau gazeuse... Pas le temps de s'arrêter quand on joue la gagne! (rire) Pour être franc, je viens juste de consommer un tube de gel... Pas besoin de remanger tout de suite.

Pas le temps de sourire non plus !
Nouvelle descente et, une fois de plus, je suis doublé par des concurrents que j'avais largués dans la montée. Je me dis que je les distancerai de nouveau dans les prochaines montées, ce qui ne sera pas vrai pour tous! En effet, après quelques kilomètres de descente vers La Bresse, nous prenons une route, dite "Route des Courbes", avec de petits raidillons dans lesquels j'ai une petite alerte "cuisses". Ce ne sont pas des crampes, je dirai plutôt une menace de crampe! Du terrorisme musculaire en quelque sorte. Prudent, je mets tout à gauche, et je laisse passer l'alerte!

Bientôt, nous rejoignons la route du Col de Grosse-Pierre (954 m), sixième et dernier col de notre parcours, dont le final est assez doux pour ne pas déclencher de nouvelle alerte. Il ne reste plus qu'une dernière descente puis la montée finale. Je me retrouve dans un petit groupe de quatre ou cinq. Je sens que je peux les distancer, mais je préfère laisser mes cuisses en mode "récup". Quelque chose me dit que si je ne force pas trop tôt, je n'aurai aucun mal à les devancer sur la rampe finale, la ligne d'arrivée étant en "altitude", près de la station de La Mauselaine (855 m). Et je ne me suis pas trompé. En consultant les classements, je saurai que j'ai ainsi devancé deux concurrents directs dans ma catégorie (F).

Quand je franchis la ligne, je suis surpris de ne pas apercevoir Marie-Ange qui avait promis d'être là pour prendre des photos. Mais c'est de ma faute! Je suis allé trop vite (sourire). Stéphane étant arrivé après 3h et 9 minutes de course, elle ne s'attendait pas à me voir surgir une vingtaine de minutes plus tard!

Arrivée de Stéphane: 3h09'.
Il a déclaré être un peu déçu car, au départ, il espérait faire moins de 3h!
Je n'ai donc pas de photo de mon passage sur la ligne... Seulement quelques instants plus tard, dans le sas où j'attends mon tour pour rendre ma plaque de cadre et ma puce. D'après mon compteur, j'ai mis 3h30! Mais je sais que le temps officiel ajoutera deux ou trois minutes correspondant à mon "arrêt au stand" au Markstein. Ce n'est que le soir, de retour à Créteil, que je connaîtrai mon classement et mon temps officiel: 432e sur 639 classés, 3h31'45" et 25,5 km/h de moyenne. Franchement, je ne m'attendais pas à faire aussi bien. La lanterne rouge est loin, très loin derrière moi.

Dans le sas d'arrivée
Finalement, je voulais faire un cadeau à mon copain Michel, tout en engrangeant quelques cols, et je me suis en même temps fait un cadeau à moi-même. Alors, merci "Mimi" d'avoir été une source de motivation pour m'aider à me lancer dans cette aventure.

Ce parcours dans les Vosges fut aussi l'occasion de compléter une belle année montagnarde avec des ascensions dans les cinq massifs montagneux de la métropole. Et la saison n'est pas terminée. Mon dernier gros objectif approche, avec la traversée des Alpes, de Munich à Turin, dans une quinzaine de jours! Alors à bientôt pour de nouvelles aventures!

Claude

Résultats des Ballons Vosgiens, circuit des Crêtes (90 km) — 644 partants — 639 classés

1er    MASADE Thierry — 2h28'55" — 36,26 km/h — Catégorie E.
279e BEERENS Stéphane — 3h09'00" — 28,57 km/h — 67e en catégorie D.
432e SINTES Claude — 3h31'45" — 25,5 km/h — 88e en catégorie F.
639e et dernier classé — 8h17'11"!!! — 136e et dernier en catégorie F.

Sur le 155 km, il y avait 472 partants et 455 classés.

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