dimanche 9 juin 2013

BREVET DE RANDONNEUR DU HAUT BUGEY (BRHB)

COMPTANT POUR LE BREVET CYCLO MONTAGNARD FRANÇAIS (BCMF),
MASSIF DU JURA — FORMULE "TOURISTE" — 205 km — 4100 m de D+

SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JUIN 2013

Il ne faut pas s'y tromper! La formule "Touriste" n'a de touriste que le nom! Le parcours est le même que pour ceux qui choisissent la formule "randonneur". La seule différence, c'est qu'on l'effectue sur un jour et demi. Pas DEUX jours! Non! UN ET DEMI! Autrement dit, normalement, pas de départ le samedi avant midi! Pour info, parmi les cyclos qui font le parcours complet (sans compter les formules "jeunes" et "découverte"), il y a environ 80% des participants aux BCMF qui optent pour la formule "Touriste". Sur les 500 participants au BRHB cette année, nous étions donc environ 400 à rouler dès samedi. Et parmi ceux-ci, entre autres, quelques membres du VCR Mandres-les-Roses, emmenés par leur Président, Gérard Claudon que nous avons eu le plaisir de rencontrer avant le départ puis, à plusieurs reprises sur le parcours.

Avec le VCR Mandres…
Samedi 8 juin 2013

Malgré le règlement rappelé ci-dessus, nous étions assez nombreux à être prêts à démarrer dès 10h. Il faut dire que la météo annonçait des averses, voire des orages, à partir de 15h. Comme bien d'autres, nous pensions que l'organisation nous permettrait de partir plus tôt afin d'avoir une chance d'atteindre Belley, le but de notre première étape (82 km à parcourir), avant les intempéries... Intransigeance d'abord (« Pas de tampon avant midi, et sans tampon, pas d'homologation! », suivie d'un peu plus de souplesse (« Tampon vers 11h45! »), nous finissons par prendre le départ, dûment tamponnés, vers 11h30! Ce gain d'une demi-heure aura son importance puisque nous ne prendrons que quelques gouttes sur le museau, la belle averse se déclenchant quelques minutes après que nous ayons trouvé abri dans notre chambre d'hôtel!

Ce sera cependant un faux départ pour moi car, après 600 m, je commence à me demander si j'ai bien verrouillé la voiture! (C'est pas beau de vieillir!). Je dis à Marie-Ange de continuer. Demi-tour, vérification (j'avais bien fermé !)... Il ne me reste plus qu'à rattraper Marie-Ange. Comme le parcours débute par le Col de la Berche (864 m), une pente douce mais de plusieurs kilomètres, je me dis que je vais la rejoindre dans la montée... Erreur ! Je ne la revois qu'à l'amorce du Col du Cendrier (793 m), un col tout gentil quand on l'aborde dans ce sens-là. Marie-Ange a pris les roues d'un groupe de cyclos de Dammartin-en-Goële (77). Tout en faisant connaissance, elle a roulé bon train. Au passage du Col du Cendrier, nous sommes photographiés par un photographe du journal Le Progrès. Dimanche matin, Marie-Ange achètera le quotidien... mais ce n'est pas "notre" photo qui a été retenue…

Col du Cendrier (793 m)
En arrivant à St Rambert-en-Bugey, après une longue descente, je consulte montre et compteur... Nous avons parcouru plus de 25 km dans la première heure, avec deux cols (certes modestes) dans la musette. Nous ne pensions pas démarrer aussi fort !

Avec le Col de Portes (1010 m), ce sera une autre histoire. La moyenne va baisser ! Depuis Serrières (près de St Rambert), ce sont 16,2 km de montée pour 731 m de D+, soit une pente moyenne de 4,5%, avec un maximum de 13%. Les 8 premiers kilomètres montent tranquillement (2,4% de pente moyenne). Nous longeons un petit torrent, La Caline, dont le charme ne se limite pas au nom. Je le prendrai en photo à plusieurs reprises, notamment cette jolie cascade qui m'a incité à faire un arrêt photo!

Cascade sur la Caline
Ensuite les choses se corsent. Quand la pente s'accentue, j'ai plus de mal à garder le même rythme que Marie-Ange. Tant pis, je l'attendrai au sommet. Dans la montée, on retrouve des gens rencontrés précédemment... Bernard et Jean-Pierre, des cyclos de l'Oise qui ont dormi dans le même hôtel que nous. Pour faire ce BRHB, ils sont venus de l'Oise en Vélo!!! Je papote un moment avec un cyclo de l'Isère qui porte le maillot d'un club du Var! Avec ce brevet, il aura bouclé les sept épreuves pour obtenir le BCCF (voir sur notre site). Je double Nicolas, un jeune de 21 ans qui vient de Picardie, membre du club de Saint-Quentin dans l'Aisne... Vague intuition, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu sur Paris-Cambrai. Interrogé, il me confirme qu'il y a déjà participé 5 fois! Je ne me suis donc pas trompé (on ne voit pas tant de jeunes de cet âge sur ces organisations). Mais c'est sa première cyclo-montagnarde, et ce n'est pas la même histoire! Au sommet, je repère un cyclo de Chartres au sourire rayonnant... Coïncidence amusante, nous nous reverrons le lendemain au sommet du Grand Colombier: il aura le même sourire radieux, ce qui m'amènera à lui en faire la remarque...

Bref, une des particularités de ces épreuves, c'est que la difficulté suscite des contacts qui, bien que de courte durée sont plus chaleureux qu'à l'ordinaire, et c'est bien sympathique.

Photographiés par un certain Bernard, de l'Oise...
Après ce gros morceau, les difficultés du jour ne sont pas pour autant terminées. Le parcours nous fait redescendre à 600 m d'altitude pour remonter ensuite à plus de 900 m en 4,6 km. Bien que ce ne soit pas un col, ça mériterait de l'être! Peu après nous arrivons au contrôle-ravito d'Ordonnaz. Pointage obligatoire, sinon, pas d'homologation!

Il nous reste 24 km pour atteindre Belley, essentiellement en descente (620 m de D-). Comme le temps se couvre de plus en plus, nous enfilons les coupe-vent. En fin de descente, nous recevons nos premières gouttes du week-end... Ce ne seront pas les dernières, mais celles-ci seront sans conséquence: voilà l'hôtel!

Dimanche 9 juin 2013

Au départ de Belley, nous empruntons la ViaRhôna, un projet de voie vélo, du Léman à la Méditerranée, dont une partie est déjà en service (plus d'infos sur http://www.viarhona.com/). Au petit matin, sous les premiers rayons de soleil qui luttent timidement contre la brume, les bords du Rhône, puis du Lac du Lit au Roi, ont des couleurs magiques. Je prends plusieurs photos, qu'on peut voir en cliquant sur le lien en fin d'article. En voici déjà un échantillon…

Vue du Lac du Lit au Roi au petit matin
À Culoz, premier pointage du jour et un petit coup à boire. Nous saluons plusieurs cyclos rencontrés la veille. Et puis nous démarrons, vers 9h, pour attaquer le principal défi de la journée, le Col du Grand Colombier.

Selon les organisateurs, c'est l'un des plus difficiles de France, quelle que soit la route par laquelle on l'aborde. Le diplôme remis à l'arrivée donne les principales caractéristiques de l'ascension par Culoz :
  • 18,3 km de route 
  • 1255 m de dénivelé 
  • Pente moyenne de 6,9% 
  • Passages à 14% 
Quand on sait qu'il y a des passages de plusieurs centaines de mètres où la pente est très faible, voire même en légère descente, on comprend que la moyenne de 6,9% n'est pas très significative. Il y a notamment quatre portions d'un kilomètre dont le pourcentage est supérieur à 9%, et deux autres, les plus dures, qui dépassent les 10% de moyenne.

Le profil du Col du Grand Colombier
Le Col du Grand Colombier a été escaladé pour la première fois par le Tour de France lors de l'édition 2012 (voir la présentation de cette étape sur le site letour-de-france.com). A cette occasion, il était classé en Hors Catégorie. Pendant que nous montions, il était amusant de lire les encouragements sur la route, comme par exemple: « Go Wiggo » adressés au futur vainqueur de cette grande boucle, suivis peu après de mentions comme « Cry Cadel » (Pleure Cadel! adressé naturellement à Evans). Le fair-play britannique n'est plus ce qu'il était!

Dans l'ascension, en suivant mon rythme, j'ai eu tendance à aller plus vite que la moyenne des cyclos dans les parties pentues (j'en ai doublé pas mal) et à mouliner tranquille dans les "replats" (quelques-uns m'ont doublé). Ces temps de récup' avaient pour but de ménager le bonhomme (je n'oublie pas que dans trois jours je serai sur l'Ardéchoise!). Mais c'était aussi pour ne pas prendre trop d'avance sur Marie-Ange. Pas envie de me refroidir trop longtemps au sommet.

Col du Grand Colombier (1501 m) 
Marie-Ange arrivera environ 25 minutes après moi, très fière d'y être montée sans poser le pied, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde. Bien qu'elle ait eu l'élégance de sourire pour la photo, elle avait quand même une mine fatiguée en arrivant là-haut.

Marie-Ange arrive au sommet du Col du Grand Colombier
Quand on bascule de l'autre côté, la vue est impressionnante et la descente l'est tout autant.

Panorama depuis le Col du Grand Colombier
Au cours de la descente, nous franchissons un col, nommé "La Selle" (1175 m). Abordé depuis le Col du Grand Colombier, il ne nous aura demandé aucun coup de pédale. A la fin des 13 km de descente, nous arrivons à Lochieu pour un nouveau contrôle-ravitaillement. Pas de plateau repas, mais des sandwichs, des fruits, du riz au caramel, bref, de quoi recharger les batteries sans trop s'attarder. Un salut à des cyclos d'Aurillac, qui nous ont dit qu'en 2014, ce sont eux qui organiseront le BCMF du Massif Central, un autre salut à nos amis de Mandres et nous repartons.

Sandwich au menu
Suite à un débardage qui a laissé des dégâts sur la chaussée, la suite du parcours est légèrement modifiée. A la place de la montée jusqu'à la corniche de Valromey (altitude maximum: 1143 m), nous nous contentons d'une montée partielle sur la route du Col de Richemont (passage le plus élevé avant de redescendre vers Hotonnes: 965 m, ce qui fait quand même 365 m de D+ depuis Lochieu).

Ce fut un réel plaisir de voir Hotonnes au printemps, et de plaisanter gentiment! (avec quelques photos à l'appui).

Comment peut-on imaginer… qu'Hotonnes vient d'arriver?…
On a bien fait d'en profiter car, sur la route du Col de Bérentin (1144 m), le ciel s'obscurcit rapidement. Les premières gouttes du jour font leur apparition. Très vite, les gouttes deviennent des grêlons, de plus en plus gros à mesure que le temps passe. Cela claque sur les casques, cela craque sous les roues! Ça pique quand ça tape sur les cuisses! Bientôt, la route blanchit, jonchée de grêlons. Des cyclos qui se sont abrités sous un auvent accolé à une ferme, nous invitent à les rejoindre.

Violent orage, non loin du Col de Bérentin
Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de s'arrêter. On va se refroidir et se sera encore plus dur de repartir. Mais je ne suis pas certain non plus que ce soit une bonne idée de repartir tout de suite. Il y a des éclairs, du tonnerre. Il fait presque nuit à trois heures de l'après-midi! Ça tombe vraiment fort. A chaque accalmie, des cyclos repartent. Le temps d"hésiter quelques secondes et l'orage redouble! Les éclairs zèbrent le ciel. D'autres cyclos arrivent et prennent la place de ceux qui sont partis. Autour de nous, les discussions vont bon train. On essaye de se situer sur une carte, on tente d'estimer ce qu'il reste à parcourir, on joue au jeu des pronostics sur une potentielle interruption du déluge. Certains plaisantent, après chaque éclair: « Voilà le bouquet final! », puis quelques instants plus tard: « Voilà le deuxième bouquet final! »... Tandis que les "bouquets finals" s'enchaînent sans faiblir, un membre de l'organisation arrive et nous dit qu'il ne faut pas attendre une amélioration. Il propose d'emmener quelques personnes dans son break mais n'a que peu de places à proposer. Sur ces entrefaites, le propriétaire de l'auvent rapplique et se met à nous agresser verbalement... Oui, c'est vrai monsieur, vous avez raison: nous nous sommes permis de squatter votre propriété privée... L'un des cyclos, malheureusement, hausse le ton et parle d'hospitalité... Je pense que ce n'est pas une bonne idée! Je dis à Marie-Ange: « On arrête de réfléchir et on y va. On n'a plus le choix! »

Les 30 derniers kilomètres seront parcourus sous une pluie battante. On a du mal à ouvrir les yeux sous le déluge... Heureusement, il n'y a plus ni éclairs, ni tonnerre, ni grêle. Autrement dit, c'est "moins pire"! Je ne peux pas trop vous raconter ce qu'il y avait sur le final, je n'ai pas vu grand chose! Si ! Quand même! Nous avons franchi un col qui nous a fait rire: le Col de la Cheminée (925 m).

Col de la Cheminée (925 m) 
Malgré les conditions épouvantables, Marie-Ange et moi sommes du même avis: on ne va pas se priver de la photo! D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à faire preuve d'auto-dérision. D'autres cyclos qui étaient avec nous sous l'auvent font la même chose. Tout le monde plaisante, mais pas trop longtemps quand même car il ne fait guère chaud près de cette cheminée!!!

Encore 18 km et nous arrivons. On nous propose une boisson chaude, mais pour nous, l'urgence, c'est de nous sécher et de nous changer. Une fois que c'est fait, nous allons faire homologuer notre brevet! Une homologation bien méritée! Nous profitons ensuite de la petite collation, agrémentée d'un demi-verre de vin blanc du Bugey (avec modération car nous prenons la route peu après...)

L'année dernière, sur le Brevet du Morvan (lire ou relire le récit de Marie-Ange), nous avions eu la pluie le dimanche matin pendant quatre heures, cette année c'est "déluge" le dimanche après-midi pendant deux heures... Pour le prochain brevet, s'il vous plaît, sans vous commander, messieurs les organisateurs, si on pouvait faire "sec" sur les deux jours...

En tout cas, une chose est sûre, les BCMF, ce n'est pas pour les poules mouillées!!!

Claude
Photos personnelles

LIENS :

➜ Le site des organisateurs.
➜ La page BCMF sur notre site.➜ Voir toutes mes photos.

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